
La charte est publiée dans ce chapitre du site en plusieurs parties.
Introduction
Faire face à l’offensive libérale
Contrer l’offensive libérale
Construire une alternative
1 – Sécuriser l’emploi et augmenter le niveau de vie
2 – Installer un socle de droits individuels et collectifs
3 – Réaliser l’égalité entre les hommes et les femmes
4 – Reconquérir les services publics et élargir l’appropriation sociale
5 – Refonder les politiques publiques et dégager les moyens d’une alternative
6 – Assurer un renouveau démocratique
7 – Initier un nouveau type de développement
8 – Construire une autre Europe dans un autre Monde
Le débat stratégique n’est pas entièrement tranché !
Avec l’adoption dimanche du texte "ambition/stratégie/candidatures" il est dit que le débat stratégique est derrière nous.
Je ne le crois pas !
J’interviens en quelque sorte avec un temps de retard, d’abord parce-qu’il est difficile dans le cadre d’une "AG" à plusieurs centaines d’affiner les positions et que par ailleurs je n’en est pas eu le loisir.
Je comprends et j’approuve le souci du collectif national du respect d’indispensables équilibres afin que l’unité prévale et en même temps nous avons besoin d’interventions qui visent aussi à faire bouger les lignes.
L’adoption du texte politique dimanche est indicatif de la puissance de la volonté unitaire et anti-libérale de la grande masse des collectifs locaux et globalement c’est un bon texte, mais il ne lève pas contrairement à ce que certains affirment toute ambiguïté politique.
Et de ce point de vue je considère que le débat n’est pas achevé et derrière nous et qu’il va fatalement ressurgir, notamment à l’occasion des législatives et de leur préparation !
Pourquoi ?
Et PAS d’abord principalement parce-qu’il est particulièrement difficile dans la diversité de nos identités et de nos histoires de se mettre d’accord sur le le nom qui figurera sur le bulletin de vote de la présidentielle !
Mais parce qu’au-delà de l’approbation d’un texte les ambiguïtés persistent autorisant des pratiques et des décisions politiques concrétes qui se trouveront en contradiction avec le coeur du PROJET politique que nous voulons mettre en oeuvre.
Le texte lève effectivement toute ambiguïté sur une resucée de la gauche plurielle AU NIVEAU GOUVERNEMENTAL, mais il est muet sur le niveau parlementaire, alors que la traduction du rassemblement politique à ce niveau est aussi décisive pour une véritable sortie de l’alternance et des politques social-libérales !
Etre muet sur ce plan c’est laisser la porte ouverte aux manoeuvres d’un PS habile à monnayer sur le territoire législatif son aval électoral contre au final l’assujetissement à ses orientations social-libérales par des organisations et des élus satellisés.
L’objectif clairement affirmé de gagner l’hégémonie à gauche contre le social-libéralisme comporte DONC des exigences en matière d’alliance ET au niveau gouvernemental ET au niveau parlementaire.
Gagner l’hégémonie à gauche c’est donc aussi émerger dans les législatives comme une force politique AUTONOME, entièrement maîtresse de ses orientations, la question des compromis possibles avec le PS ne se posant qu’à partir de cette franche et nette démarcation !
Par ailleurs, lorsque la question du rapport au PS, à ses militants et à son électorat est posée comme le choix entre une attitude étriquée et sectaire rejetant globalement le PS et une attitude ouverte visant à ce que la campagne s’adresse à toute la gauche, c’est là une fausse dichotomie et une fausse alternative qui masque le véritable enjeu et le véritable choix.
Car nous avons effectivement l’ambition de nous adresser résolument, disons à l’ensemble du peuple de gauche, donc électorat du PS, militants compris, MAIS à partir d’une démarche QUI NE PASSE PAS par la direction du PS pour des raisons essentielles qui tiennent à la place du PS lui-même dans le système de l’alternance qui lui confère une place privilégiée à laquelle il tient, et pour ses choix stratégiques et programmatiques qui sont dans la droite ligne de son OUI au TCE !
Comme l’a très bien dit récement Raoul-Marc JENNAR :" Il faut choisir entre le confort des habitudes et l’audace du changement. Il y a ceux qui pensent, au sein de certains partis, que pour bénéficier des voix socialistes, il faut s’allier avec ce parti par des accords d’appareil au prix de l’abandon des convictions et des engagements. Ce choix des appareils tuera l’espérance du 29 mai comme il a réduit à ce qu’ils sont devenus les partis qui y ont cru. "
Je concluerais en précisant que je ne partage pas du tout les choix de la LCR qui s’est mis à côté du mouvement sans désespérer qu’elle le rejoigne, mais je ne confonds pas non plus le fonds des questions et le type de réponse qui peut leur être apporté, en ayant en tête, qu’au surplus la recherche passionnée de l’unité ne peut s’accomoder du masquage des questions politiques majeures qui de toute manière ressurgiront !
Un impératif concret donc à partir de cette réflexion, d’ailleurs souligné par de nombreux intervenants dimanche : LIER la préparation et la bataille des présidentielles avec celle des législatives.
Gilbert Rodriguez du Collectif de l’Université Paris X Nanterre à titre personnel