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	<title>Collectif du 29 mai</title>
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		<title>Appel unitaire du collectif &quot;Pour une autre Europe&quot; </title>
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		<dc:subject>Page d'accueil</dc:subject>

		<description>Les politiques de l'Union europ&#233;enne prennent une part d&#233;terminante dans la vie quotidienne de nos concitoyen-nes. &lt;br /&gt;Trait&#233;s, politiques communes et jurisprudences europ&#233;ennes sont aujourd'hui caract&#233;ris&#233;s, pour l'essentiel, par la mise en concurrence des syst&#232;mes sociaux et fiscaux, la d&#233;r&#233;glementation des services publics, une politique mon&#233;taire sans aucun contr&#244;le d&#233;mocratique, une politique budg&#233;taire restrictive, une politique agricole sacrifiant l'agriculture paysanne, des politiques s&#233;curitaires (...)


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les politiques de l'Union europ&#233;enne prennent une part d&#233;terminante dans la vie quotidienne de nos concitoyen-nes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Trait&#233;s, politiques communes et jurisprudences europ&#233;ennes sont aujourd'hui caract&#233;ris&#233;s, pour l'essentiel, par la mise en concurrence des syst&#232;mes sociaux et fiscaux, la d&#233;r&#233;glementation des services publics, une politique mon&#233;taire sans aucun contr&#244;le d&#233;mocratique, une politique budg&#233;taire restrictive, une politique agricole sacrifiant l'agriculture paysanne, des politiques s&#233;curitaires notamment vis-&#224;-vis de l'immigration, des trait&#233;s bilat&#233;raux de libre-&#233;change aggravant l'exploitation des pays du Sud, notamment en mati&#232;re agricole, une politique ext&#233;rieure et militaire align&#233;e sur celle de l'OTAN et plus g&#233;n&#233;ralement un d&#233;ficit d&#233;mocratique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La &#171; concurrence libre et non fauss&#233;e &#187; joue contre l'emploi, le niveau de vie et les services publics, l'environnement et les ressources naturelles.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Face &#224; ces attaques sans pr&#233;c&#233;dent, il s'agit de mettre en avant la primaut&#233; des droits pour toutes et tous, notamment sociaux, face &#224; la concurrence. Il s'agit de nous opposer et de construire des alternatives sociales, &#233;cologiques, f&#233;ministes et d&#233;mocratiques qui rompent avec les politiques n&#233;olib&#233;rales actuelles.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nous appelons &#224; construire ensemble un cadre de d&#233;bats et de mobilisations, qui permette la construction de convergences entre des associations, syndicats, organisations politiques et r&#233;seaux qui partagent ces pr&#233;occupations et souhaitent travailler ensemble dans le respect de l'ind&#233;pendance et de la place sp&#233;cifique de chacun.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La pr&#233;sidence fran&#231;aise de l'Union europ&#233;enne pendant le deuxi&#232;me semestre 2008 sera une occasion de porter ces exigences et des propositions alternatives. L'ensemble de ces r&#233;flexions et ces actions devra &#224; la fois concerner la politique fran&#231;aise dans l'Union Europ&#233;enne et s'inscrire pleinement dans un cadre europ&#233;en, notamment en lien avec le Forum social europ&#233;en de Malm&#246; en septembre 2008 et les r&#233;seaux qui y sont li&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les signataires ci-dessous appellent &#224; agir dans cet esprit, et tout d'abord pendant la Pr&#233;sidence fran&#231;aise de l'Union europ&#233;enne, durant laquelle ils mettront des propositions concr&#232;tes en d&#233;bat. Ils sont disponibles pour tout ce qui permettra, dans la longue dur&#233;e, la convergence de celles et ceux qui consid&#232;rent qu'une autre Europe est possible.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;AlterEkolo, Attac, CGT-Finances, Conf&#233;d&#233;ration paysanne, Coordination des collectifs unitaires, Fondation Copernic, Forces Militantes, FSU, La Gauche Cactus, LCR , Les Alternatifs, Les Marches europ&#233;ennes contre le ch&#244;mage, MARS-Gauche R&#233;publicaine, MRAP, PCOF, Pour la R&#233;publique Sociale, R&#233;seau F&#233;ministe &#171; Ruptures &#187;, UFAL, UGFF-CGT, Union syndicale Solidaires.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;NB Il est fortement regrettable que le PCF quitte, soudainement, cette structure unitaire et ne soit pas signataire de ce texte r&#233;unissant l'essentiel de la &quot;gauche de gauche&quot;.
Le PCF a fait le choix de signer un texte, concernant la pr&#233;sidence fran&#231;aise de l'Union europ&#233;enne, fait de vagues d&#233;clarations g&#233;n&#233;rales n'engageant &#224; rien, avec le MRC, le PS et le PRG. Pourtant, ces deux derniers partis ont jou&#233; un r&#244;le d&#233;terminant dans l'adoption, par voie parlementaire, du trait&#233; de Lisbonne, fr&#232;re jumeau du trait&#233; constitutionnel que les &#233;lectrices et &#233;lecteurs ont massivement rejet&#233; le 29 mai 2005.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;--------------------------------------------------------------------------------&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>LE MOUVEMENT ALTERMONDIALISTE ET LA CRISE DE LA MONDIALISATION</title>
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		<description>Par Gustave Massiah Pr&#233;sident du CRID 24 novembre 2008 &lt;br /&gt;Le Forum Social Mondial (FSM) de B&#233;l&#232;m, ouvre un nouveau cycle du mouvement altermondialiste. Le FSM aura lieu en Amazonie au c&#339;ur des limites de l'&#233;cosyst&#232;me plan&#233;taire et devra se poser la question majeure des contradictions entre la crise &#233;cologique et la crise sociale. Il sera marqu&#233; par le nouveau mouvement social et citoyen en Am&#233;rique Latine, l'alliance des peuples indig&#232;nes, des femmes, des ouvriers, des paysans et des sans-terre, de (...)


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Par Gustave Massiah
Pr&#233;sident du CRID
24 novembre 2008&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le Forum Social Mondial (FSM) de B&#233;l&#232;m, ouvre un nouveau cycle du mouvement altermondialiste. Le FSM aura lieu en Amazonie au c&#339;ur des limites de l'&#233;cosyst&#232;me plan&#233;taire et devra se poser la question majeure des contradictions entre la crise &#233;cologique et la crise sociale. Il sera marqu&#233; par le nouveau mouvement social et citoyen en Am&#233;rique Latine, l'alliance des peuples indig&#232;nes, des femmes, des ouvriers, des paysans et des sans-terre, de l'&#233;conomie sociale et solidaire. Ce mouvement civique a construit des nouveaux rapports entre le social et le politique qui ont d&#233;bouch&#233; sur de nouveaux r&#233;gimes et ont renouvel&#233; la compr&#233;hension de l'imp&#233;ratif d&#233;mocratique. Il a infl&#233;chi l'&#233;volution du continent montrant ainsi l'importance des grandes r&#233;gions dans la mondialisation et face &#224; la crise de l'h&#233;g&#233;monie des Etats-Unis. Le mouvement altermondialiste devra aussi r&#233;pondre &#224; la nouvelle situation mondiale n&#233;e de la crise ouverte de la phase n&#233;olib&#233;rale de la mondialisation capitaliste.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Un mouvement des mouvements&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le mouvement altermondialiste dans ses diff&#233;rentes significations est porteur d'un nouvel espoir n&#233; du refus de la fatalit&#233; ; c'est le sens de l'affirmation &#171; un autre monde est possible &#187;. Nous ne vivons pas &#171; La Fin de l'Histoire &#187; ni &#171; Le Choc des civilisations &#187;. La strat&#233;gie du mouvement altermondialiste s'organise autour de la convergence des mouvements sociaux et citoyens qui mettent en avant la solidarit&#233;, les libert&#233;s et la paix. Dans l'espace du FSM, ils confrontent leurs luttes, leurs pratiques, leurs r&#233;flexions et leurs propositions. Ils construisent aussi une nouvelle culture politique fond&#233;e sur la diversit&#233;, les activit&#233;s autog&#233;r&#233;es, la mutualisation, &#171; l'horizontalit&#233; &#187; pr&#233;f&#233;r&#233;e &#224; la hi&#233;rarchie.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;A travers les forums, une orientation strat&#233;gique s'est d&#233;gag&#233;e, celle de l'acc&#232;s pour tous aux droits fondamentaux. C'est la construction d'une alternative &#224; la logique dominante, &#224; l'ajustement de chaque soci&#233;t&#233; au march&#233; mondial &#224; travers la r&#233;gulation par le march&#233; mondial des capitaux. A l'&#233;vidence impos&#233;e qui pr&#233;tend que la seule mani&#232;re acceptable pour organiser une soci&#233;t&#233; c'est la r&#233;gulation par le march&#233;, nous pouvons opposer la proposition d'organiser les soci&#233;t&#233;s et le monde &#224; partir de l'acc&#232;s pour tous aux droits fondamentaux. Cette orientation commune donne son sens &#224; la convergence des mouvements et se traduit par une nouvelle culture de la transformation qui se lit dans l'&#233;volution de chacun des mouvements.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les d&#233;bats en cours dans le mouvement mettent en avant la question strat&#233;gique. Elle soul&#232;ve la question du pouvoir qui renvoie au d&#233;bat sur l'Etat et recoupe celle des partis, et la question du mod&#232;le de transformation sociale et de la nature du d&#233;veloppement.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le mouvement altermondialiste ne se r&#233;sume pas aux Forums Sociaux, mais le processus des forums y occupe une place particuli&#232;re. Le mouvement altermondialiste ne cesse de s'&#233;largir et de s'approfondir. Elargissement g&#233;ographique, social, th&#233;matique, il a connu une mont&#233;e en puissance consid&#233;rable en moins de dix ans. Pour autant, il n'a pas gagn&#233;, m&#234;me si la crise par bien des aspects valide nombre de ses analyses et justifie son appel aux r&#233;sistances. Le mouvement altermondialiste est un mouvement historique qui s'inscrit dans la dur&#233;e. Il prolonge et renouvelle les trois mouvements historiques pr&#233;c&#233;dents. Le mouvement historique de la d&#233;colonisation ; et de ce point de vue l'altermondialisme a modifi&#233; en profondeur les repr&#233;sentations Nord-Sud au profit d'un projet mondial commun. Le mouvement historique des luttes ouvri&#232;res ; et de ce point de vue, est engag&#233;e la mutation vers un mouvement social et citoyen mondial. Le mouvement des luttes pour la d&#233;mocratie &#224; partir des ann&#233;es 1960-70 ; et de ce point de vue le renouvellement de l'imp&#233;ratif d&#233;mocratique apr&#232;s l'implosion du sovi&#233;tisme en 1989 et les r&#233;gressions port&#233;es par les id&#233;ologies s&#233;curitaires. La d&#233;colonisation, les luttes sociales, l'imp&#233;ratif d&#233;mocratique et les libert&#233;s constituent la culture de r&#233;f&#233;rence historique du mouvement altermondialiste.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La crise de la mondialisation&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le mouvement altermondialiste est confront&#233; &#224; la crise de la mondialisation que l'on peut caract&#233;riser comme une crise de la mondialisation capitaliste dans sa phase n&#233;o-lib&#233;rale. Cette crise n'est pas une surprise pour le mouvement ; elle &#233;tait pr&#233;vue et annonc&#233;e depuis longtemps. Trois grandes questions d&#233;terminent l'&#233;volution de la situation &#224; l'&#233;chelle mondiale et marquent les diff&#233;rents niveaux de la transformation sociale (mondiale, par grande r&#233;gion, nationale et locale). Le syst&#232;me dominant est confront&#233; &#224; une triple crise : la crise &#233;cologique mondiale qui est devenue patente ; la crise du n&#233;olib&#233;ralisme ; la crise g&#233;opolitique avec la fin de l'h&#233;g&#233;monie des Etats-Unis. La crise de l'h&#233;g&#233;monie &#233;tats-unienne s'approfondit rapidement. L'&#233;volution des grandes r&#233;gions se diff&#233;rencie, d'autant que les r&#233;ponses de chaque r&#233;gion &#224; la crise de l'h&#233;g&#233;monie am&#233;ricaine sont diff&#233;rentes. La lutte contre la pr&#233;tendue guerre des civilisations et la tr&#232;s r&#233;elle guerre sans fin constituent une des priorit&#233;s du mouvement altermondialiste.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La phase n&#233;olib&#233;rale semble &#224; bout de souffle. La nouvelle crise financi&#232;re est d'une particuli&#232;re gravit&#233;. Ce n'est pas la premi&#232;re crise financi&#232;re de cette p&#233;riode (Mexique, Br&#233;sil, Inde, Argentine, etc.) et elle ne suffit pas &#224; elle seule &#224; caract&#233;riser l'essoufflement du n&#233;olib&#233;ralisme. La d&#233;clinaison des diff&#233;rentes crises est plus singuli&#232;re. La crise mon&#233;taire accro&#238;t les incertitudes sur les r&#233;am&#233;nagements des monnaies. La crise immobili&#232;re aux Etats-Unis r&#233;v&#232;le le r&#244;le que joue le surendettement, et ses limites, en tant que moteur de la croissance. La crise &#233;nerg&#233;tique et la crise climatique r&#233;v&#232;lent les limites de l'&#233;cosyst&#232;me plan&#233;taire. La crise alimentaire d'une exceptionnelle gravit&#233; peut remettre en cause des &#233;quilibres plus fondamentaux. L'approfondissement des in&#233;galit&#233;s et des discriminations, dans chaque soci&#233;t&#233; et entre les pays, atteint un niveau critique et se r&#233;percute sur l'intensification des conflits et des guerres et sur la crise des valeurs. Les institutions responsables de la r&#233;gulation du syst&#232;me &#233;conomique international (FMI, Banque Mondiale, OMC) n'ont plus de l&#233;gitimit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le G8 s'est r&#233;uni pour r&#233;soudre les probl&#232;mes de la plan&#232;te. M&#234;me repl&#226;tr&#233; en G20, avec quelques gros pays de plus, il n'a aucune l&#233;gitimit&#233; pour le faire. Seules les Nations Unies et leur Assembl&#233;e G&#233;n&#233;rale, quelques soient leurs limites, peuvent parler au nom de tous. D'autant que ce sont les m&#234;mes qui ont la plus grande part de responsabilit&#233; dans la crise actuelle. Le G20 n'a pas de solution parce qu'il est le probl&#232;me. C'est aux peuples et aux soci&#233;t&#233;s de se faire entendre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'incertitude demeure sur les temps et les horizons de la crise. Il est probable qu'un nouveau cycle caract&#233;risera les 25 &#224; 40 prochaines ann&#233;es. La crise du n&#233;olib&#233;ralisme, du point de vue id&#233;ologique, est fortement li&#233;e &#224; la mont&#233;e en puissance de l'altermondialisme qui a aiguis&#233; les contradictions internes au syst&#232;me. Pour autant, la crise du n&#233;olib&#233;ralisme ne signifie pas sa disparition in&#233;luctable. De plus, le mouvement altermondialiste n'est pas le seul mouvement antisyst&#233;mique par rapport &#224; la logique dominante du syst&#232;me. D'autres mouvements int&#233;gristes divers peuvent aussi contester le cours dominant. Plusieurs sc&#233;narios sont possibles &#224; moyen terme, avec plusieurs variantes : un n&#233;olib&#233;ralisme confort&#233;, une dominante n&#233;oconservatrice, une variante n&#233;okeyn&#233;sienne. Une issue altermondialiste est tr&#232;s peu probable &#224; court terme, les conditions politiques n'&#233;tant pas encore remplies ; mais le renforcement du mouvement altermondialiste p&#232;sera sur les issues possibles.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est dans les cinq &#224; dix ans que se formalisera la nouvelle rationalit&#233; &#233;conomique, comme le n&#233;olib&#233;ralisme s'est impos&#233;, &#224; partir de tendances existantes, entre 1979 et 1985. Il reste une discussion sur la suite de ce cycle &#224; venir. Immanuel Wallerstein fait l'hypoth&#232;se d'un retournement du cycle s&#233;culaire, voire m&#234;me multis&#233;culaire, posant pour les trente ou quarante prochaines ann&#233;es, la question historique d'un d&#233;passement du capitalisme et donnant ainsi une port&#233;e nouvelle &#224; l'altermondialisme.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les opportunit&#233;s ouvertes par la crise de la mondialisation&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#21361;&#26426;
L'id&#233;ogramme chinois qui repr&#233;sente la crise, fort ancien et v&#233;n&#233;rable, associe deux signes, contradictoires comme il se doit pour toute bonne dialectique, celui des dangers et celui des opportunit&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le premier danger concerne la pauvret&#233;. La sortie de crise recherch&#233;e consiste &#224; faire payer la crise aux pauvres, et d'abord aux discrimin&#233;s et aux colonis&#233;s. Il s'agit aussi de raboter les couches moyennes. Et m&#234;me, si &#231;a ne suffit pas, de faire payer certaines cat&#233;gories de riches ; ce qui laisse pr&#233;figurer de fortes contradictions.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour faire passer de telles politiques, il faudra beaucoup de r&#233;pression, de criminalisation des mouvements sociaux, de p&#233;nalisation de la solidarit&#233;, d'instrumentalisation du terrorisme, d'id&#233;ologie s&#233;curitaire, d'agitation raciste, islamophobe et nationaliste, d'exploitation des boucs &#233;missaires, des migrants et des rroms. Cette &#233;volution ira dans certaines r&#233;gions vers des r&#233;gimes autoritaires et r&#233;pressifs et m&#234;me vers des fascismes et des populismes fascisants.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Une autre sortie de crise cible des pays qui seront marginalis&#233;s et ruin&#233;s. Les risques de guerre sont aussi une issue classique des grandes crises. N'oublions pas que le monde est d&#233;j&#224; en guerre et que pr&#232;s de un milliard de personnes vivent dans des r&#233;gions en guerre. Les conflits sont permanents et la d&#233;stabilisation syst&#233;matique. Les formes de guerre ont chang&#233; avec la militarisation des soci&#233;t&#233;s, l'apartheid global, la guerre des forts contre les faibles, la banalisation de la torture.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On peut lutter contre ces dangers par des r&#233;sistances, des alliances et des coalitions pour les libert&#233;s, la d&#233;mocratie et la paix.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les dangers sont connus, les opportunit&#233;s ouvertes le sont moins. Quatre opportunit&#233;s sont ouvertes par la crise. D'abord, la d&#233;faite id&#233;ologique du n&#233;olib&#233;ralisme favorise la mont&#233;e en puissance de la r&#233;gulation publique. Ensuite, la redistribution des richesses redonne une possibilit&#233; de retour du march&#233; int&#233;rieur, de stabilisation du salariat et de garantie des revenus et de la protection sociale, de red&#233;ploiement des services publics. De plus, le r&#233;&#233;quilibrage ente le Nord et le Sud ouvre une nouvelle phase de la d&#233;colonisation et une nouvelle g&#233;opolitique du monde. Il s'accompagne d'une nouvelle urbanisation et des migrations qui sont les nouvelles formes du peuplement de la plan&#232;te. Enfin, la crise du mod&#232;le politique de repr&#233;sentation rend incontournable la d&#233;mocratie sociale et le renforcement de la d&#233;mocratie repr&#233;sentative par la d&#233;mocratie participative.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Un r&#233;&#233;quilibrage possible entre le Nord et le Sud ouvre une nouvelle phase de la d&#233;colonisation. Elle suit la phase qui va de 1979 &#224; 2008, de reprise en main par la gestion de la crise de la dette, le contr&#244;le des mati&#232;res premi&#232;res et les interventions militaires. Entre trente et cinquante pays &#233;mergents, dont les trois les plus dynamiques Br&#233;sil, Inde, Chine, peuvent d&#233;fendre leur point de vue et leurs int&#233;r&#234;ts. Il ne s'agit pas d'un monde multipolaire mais d'un nouveau syst&#232;me g&#233;opolitique international. Les cons&#233;quences pourraient &#234;tre consid&#233;rables, notamment pour les termes de l'&#233;change international et pour la nature des migrations.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il y a deux conditions &#224; cette &#233;volution qui ne se fera pas sans bouleversements. La premi&#232;re condition est que les pays &#233;mergents soient capables de changer leur mod&#232;le de croissance en privil&#233;giant le march&#233; int&#233;rieur et la consommation des couches populaires et moyennes par rapport aux exportations. Cette d&#233;connexion est possible. La deuxi&#232;me condition est que les pays &#233;mergents construisent des formes d'unit&#233; entre les pays du Sud. La premi&#232;re phase de la d&#233;colonisation avait &#233;chou&#233; en grande partie quand les pays p&#233;troliers, apr&#232;s le choc de 1977, avaient laiss&#233; la division s'installer entre les pays du Sud, permettant au G7, appuy&#233; sur le FMI et la Banque Mondiale, d'imposer l'ajustement structurel.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La redistribution des richesses, n&#233;cessaire par rapport &#224; la logique du n&#233;olib&#233;ralisme et par ses exc&#232;s, ouvre une tentation n&#233;o-keyn&#233;sienne. Elle conforte la tendance &#224; r&#233;habiliter le march&#233; int&#233;rieur, plut&#244;t &#224; l'&#233;chelle des grandes r&#233;gions qu'&#224; l'&#233;chelle nationale. Elle pourrait se traduire par la r&#233;habilitation des syst&#232;mes de protection sociale et d'une relative stabilit&#233; salariale. Les planchers des revenus et leur progression retrouveraient un r&#244;le en tant que moteur de croissance par rapport au surendettement qui a d&#233;clench&#233; la crise des &#171; subprimes &#187;. L'acc&#232;s aux droits pour tous, dont les Objectifs du Mill&#233;naire pour le D&#233;veloppement (OMD) sont un p&#226;le succ&#233;dan&#233; retrouveraient droit de cit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il y a deux conditions &#224; cette hypoth&#232;se qui ne se confond pas avec l'id&#233;e d'un simple retour au mod&#232;le keyn&#233;sien d'avant le n&#233;olib&#233;ralisme. La premi&#232;re condition est la n&#233;cessit&#233; de r&#233;pondre aux limites &#233;cologiques qui rendent dangereux un prolongement du productivisme. La contradiction entre l'&#233;cologique et le social est devenue d&#233;terminante, son d&#233;passement est primordial. La deuxi&#232;me condition est la n&#233;cessit&#233; d'une r&#233;gulation ouverte &#224; l'&#233;chelle mondiale par rapport &#224; la r&#233;gulation nationale compl&#233;t&#233;e par le syst&#232;me de Bretton Woods des ann&#233;es soixante.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La mont&#233;e en puissance de la r&#233;gulation publique ach&#232;vera la d&#233;faite id&#233;ologique du n&#233;o-lib&#233;ralisme. Le n&#233;olib&#233;ralisme est toujours dominant mais l'id&#233;ologie n&#233;o-lib&#233;rale a subi une d&#233;faite cuisante, il lui sera difficile de s'en relever. Les nationalisations dites temporaires, le temps de sortir de la crise, seront difficiles &#224; renvoyer au cabinet des d&#233;barras. Les fonds souverains avaient d&#233;j&#224; ouvert la voie &#224; des interventions inattendues des Etats au niveau de la mondialisation. L'&#233;valuation des privatisations, jusque l&#224; demand&#233;es sans succ&#232;s, r&#233;servera certainement des surprises. La nouvelle rationalit&#233; pourra difficilement continuer &#224; subordonner compl&#232;tement la r&#233;gulation aux march&#233;s et &#224; confondre le priv&#233; avec les capitaux et leurs march&#233;s. De m&#234;me l'associatif pourrait ne pas &#234;tre consid&#233;r&#233; comme une sous-cat&#233;gorie non viable des entreprises. Le retour de la r&#233;gulation publique pourrait prendre d'autre forme que l'&#233;tatisation classique et combiner socialisation et contr&#244;le d&#233;mocratique. Les diff&#233;rentes forme de propri&#233;t&#233; sociale et collective pourraient trouver une nouvelle l&#233;gitimit&#233;. Les nationalisations pourraient s'adapter &#224; la construction des grandes r&#233;gions.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le renouvellement des mod&#232;les de pouvoir et de repr&#233;sentation devrait &#234;tre au centre des recompositions &#233;conomiques et sociales. Il est probable que la reconstruction du lien social trouvera de nouvelles opportunit&#233;s par rapport aux formes juridiques de la d&#233;mocratie impos&#233;es par le haut. Les in&#233;galit&#233;s de revenus et la relation entre le revenu minimum et le revenu maximum seraient bien plus sensibles. La d&#233;mocratie resterait une r&#233;f&#233;rence mais les d&#233;terminants pourraient changer. Les syst&#232;mes institutionnels et &#233;lectoraux pourraient plus difficilement &#234;tre consid&#233;r&#233;s comme ind&#233;pendants des situations sociales. Les revendications devraient mettre plus en &#233;vidence les libert&#233;s individuelles et collectives et leurs garanties. L'acc&#232;s aux droits individuels et collectifs pour tous devrait fonder une d&#233;mocratie sociale sans laquelle la d&#233;mocratie politique perdrait beaucoup de son attractivit&#233;. Les formes d'articulation entre la d&#233;mocratie participative et la d&#233;mocratie repr&#233;sentative, et leur liaison primordiale avec la d&#233;mocratie sociale, devraient progresser et se diversifier.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;D'autres &#233;volutions, d&#233;j&#224; entam&#233;es devraient prendre plus d'importance. Les collectivit&#233;s locales &#233;largiront leur r&#244;le de pouvoirs locaux et d'institutions locales. L'alliance strat&#233;gique entre les collectivit&#233;s locales et les mouvements associatifs seront au fondement des territoires et de la citoyennet&#233; de r&#233;sidence.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En mettant en &#233;vidence le potentiel port&#233; par les r&#233;sistances et les pratiques actuelles, l'altermondialisme donne une perspective &#224; la sortie de la crise actuelle dans ses diff&#233;rentes configurations. Il permet de fonder, contre les conservatismes autoritaires et r&#233;pressifs, les coalitions pour les libert&#233;s et la d&#233;mocratie. Il permet de lutter contre l'alliance possible entre les n&#233;olib&#233;raux et les n&#233;okeyn&#233;siens en poussant les r&#233;sistances et les revendications pour la modernisation sociale. Il permet de pousser le n&#233;okeyn&#233;siannisme radical dans ses limites. Il permet d'esquisser les alternatives qui caract&#233;riseront un autre monde possible.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais il faut aller plus loin. Apr&#232;s tout, si le capitalisme n'est pas &#233;ternel, la question de son d&#233;passement peut &#234;tre d'actualit&#233;. Et nous pourrions commencer d&#232;s maintenant &#224; revendiquer et &#224; construire un autre monde possible.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>



	<item>
		<title>Robert Hue, en d&#233;saccord, s'&#233;loigne du PCF (AFP)</title>
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		<description>Robert Hue quitte le Conseil national du PCF &lt;br /&gt;Vendredi 28 novembre, 20h31 &lt;br /&gt;L'ancien leader du Parti communiste fran&#231;ais Robert Hue a annonc&#233; dans une lettre &#224; la secr&#233;taire nationale du PCF, Marie-George Buffet, qu'il quittait le Conseil national (parlement) du parti, et entendait prendre prochainement une &quot;initiative&quot;. &lt;br /&gt;Photos/Vid&#233;os li&#233;es Dans cette lettre adress&#233;e mercredi &#224; Mme Buffet et publi&#233;e dans le Parisien-Aujourd'hui en France &#224; para&#238;tre samedi, le s&#233;nateur du Val d'Oise annonce sa (...)


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Robert Hue quitte le Conseil national du PCF&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Vendredi 28 novembre, 20h31&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'ancien leader du Parti communiste fran&#231;ais Robert Hue a annonc&#233; dans une lettre &#224; la secr&#233;taire nationale du PCF, Marie-George Buffet, qu'il quittait le Conseil national (parlement) du parti, et entendait prendre prochainement une &quot;initiative&quot;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Photos/Vid&#233;os li&#233;es Dans cette lettre adress&#233;e mercredi &#224; Mme Buffet et publi&#233;e dans le Parisien-Aujourd'hui en France &#224; para&#238;tre samedi, le s&#233;nateur du Val d'Oise annonce sa d&#233;cision de quitter le conseil national du parti, une &quot;d&#233;cision m&#251;rement r&#233;fl&#233;chie&quot; qui intervient &#224; deux semaines du 34e congr&#232;s du PCF.
Ne souhaitant pas se contenter d'une &quot;position d'observateur&quot;, M. Hue, 62 ans pr&#233;cise qu'il annoncera &quot;dans peu de temps&quot; une &quot;initiative&quot; qui lui donnera la &quot;possibilit&#233; de poursuivre autrement et reprendre plus activement (s)on combat pour un monde plus juste et plus humain&quot;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans une interview au Parisien, il explique qu'il sera &quot;d&#233;sormais communiste autrement&quot;. &quot;Je ne me retrouve pas dans les orientations strat&#233;giques de ces derni&#232;res ann&#233;es&quot; mais &quot;je n'abandonne ni mes convitions ni mes valeurs qui fonde mon engagement&quot;, souligne-t-il.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'ancien num&#233;ro un du PCF n'a pas dit qu'il rendait sa carte du PCF mais a expliqu&#233; &#224; l'AFP que son geste &#233;tait une &quot;rupture&quot; avec un parti &quot;qui n'est plus r&#233;formable&quot;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;M. Hue avait quitt&#233; en 2003 la direction du parti un an apr&#232;s son &#233;chec &#224; la pr&#233;sidentielle de 2002 o&#249; il n'avait obtenu que 3,37% des voix. Depuis, il n'avait &quot;pas souhait&#233; intervenir sur les choix strat&#233;giques du parti, leur mise en oeuvre, les r&#233;sultats qui en ont d&#233;coul&#233;&quot;, indique-t-il au Parisien.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'ancien leader communiste explique dans sa lettre que d&#232;s son arriv&#233;e &#224; la direction du parti, &quot;&#224; peine 5 ans apr&#232;s l'effondrement du sovi&#233;tisme&quot; en 1994, il avait &quot;propos&#233; aux communistes fran&#231;ais d'engager un immense effort de mutation&quot;. &quot;Cette mutation a &#233;chou&#233;&quot; mais a permis la &quot;reconnaissance des sensibilit&#233;s, des courants&quot;, explique-t-il.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les partisans de Robert Hue n'ont pas vot&#233; la motion pr&#233;sent&#233;e par Marie-George Buffet en pr&#233;vision du Congr&#232;s pr&#233;vu du 11 au 14 d&#233;cembre en r&#233;gion parisienne.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Envoyer&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>



	<item>
		<title>&quot;Sarkozy : un actif toxique&quot; par Michel Husson</title>
		<link>http://www.collectifdu29mai.org/Sarkozy-un-actif-toxique-par.html</link>
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<category domain="http://www.collectifdu29mai.org/-Documentation-.html">Documentation</category>


		<description>Michel Husson, Politis n&#176;1028, 27 novembre 2008 &lt;br /&gt;Face &#224; la r&#233;cession, les r&#233;ponses du gouvernement sont hallucinantes : travail le dimanche et/ou jusqu'&#224; 70 ans, distribution de stock options aux salari&#233;s, etc. Et il y a m&#234;me eu un imb&#233;cile nomm&#233; Accoyer pour proposer l'amnistie aux exil&#233;s fiscaux. Comment expliquer alors que le gouvernement ne soit pas pleinement d&#233;consid&#233;r&#233; ? Il y a d'abord un effet de sid&#233;ration devant la crise : on est au bord du pr&#233;cipice, on ne comprend pas bien ce qui nous tombe (...)


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Michel Husson, Politis n&#176;1028, 27 novembre 2008&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Face &#224; la r&#233;cession, les r&#233;ponses du gouvernement sont hallucinantes : travail le dimanche et/ou jusqu'&#224; 70
ans, distribution de stock options aux salari&#233;s, etc. Et il y a m&#234;me eu un imb&#233;cile nomm&#233; Accoyer pour
proposer l'amnistie aux exil&#233;s fiscaux. Comment expliquer alors que le gouvernement ne soit pas pleinement
d&#233;consid&#233;r&#233; ? Il y a d'abord un effet de sid&#233;ration devant la crise : on est au bord du pr&#233;cipice, on ne
comprend pas bien ce qui nous tombe dessus et tous ces milliards brusquement surgis de nulle part pour
sauver les banques donnent le tournis. Il y a ensuite la tactique de Sarkozy consistant &#224; d&#233;placer son activisme
habituel au niveau europ&#233;en, voire mondial.
Tout cela n'aura qu'un temps et le nuage de fum&#233;e va vite s'estomper. On va s'apercevoir que les grands
discours sur la r&#233;gulation, la transparence, la coop&#233;ration - ou la lutte contre les paradis fiscaux - ne sont que
des postures permettant de se dispenser de mesures concr&#232;tes &#224; l'encontre des financiers. Chaque Etat, y
compris au sein de l'Union europ&#233;enne, est en train de faire sienne la forte devise d'Angela Merkel : &#171; &#224;
chacun sa merde &#187;. Certes, l'ampleur de la crise les a contraint &#224; un minimum de concertation, mais le refus
farouche de tout plan de relance concert&#233;e montre que chacun r&#233;fl&#233;chit &#224; sa propre voie de sortie, le cas
&#233;ch&#233;ant sur le dos des &#171; partenaires &#187;. La seule chose que l'Europe n&#233;olib&#233;rale est con&#231;ue pour coordonner,
c'est l'offensive contre les acquis sociaux.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Quand on aura compris que Sarkozy n'est pas le sauveur de la plan&#232;te et du &#171; bon &#187; capitalisme, tout le
monde va redescendre sur terre et faire deux ou trois constats. Le premier, ravageur, est dans toutes les t&#234;tes :
de l'argent, il y en a pour les banquiers, mais pas pour les salaires, les retraites, les h&#244;pitaux, etc. On va voir
ensuite &#233;merger une l&#233;g&#232;re contradiction entre les rodomontades sur la relance europ&#233;enne, et la rigueur
surr&#233;aliste du projet de budget fran&#231;ais. On n'y trouve aucune des mesures qui permettraient d'amortir la
crise, par exemple la revalorisation des minima sociaux, une v&#233;ritable s&#233;curit&#233; sociale professionnelle, un
programme d'investissements publics, la taxation des revenus financiers, etc. Rien de tout cela mais une
baisse de la taxe professionnelle, des aides aux PME, et un appel assez path&#233;tique aux pr&#233;fets pour qu'ils
veillent &#224; la bonne distribution des cr&#233;dits. Seuls les contrats aid&#233;s r&#233;duiront un peu la casse, mais ils sont
surtout un aveu d'impuissance ou plut&#244;t de refus de prendre des mesures plus consistantes.
Constat suivant : toutes les mesures prises depuis l'&#233;lection de Sarkozy vont accentuer les effets de la crise.
Stefano Scarpetta, sp&#233;cialiste en flexibilit&#233; &#224; l'OCDE, fait ce pronostic : &#171; Les pressions seront tr&#232;s fortes sur
les plus de 55 ans pour qu'ils acceptent de partir en retraite anticip&#233;e. Quant aux moins de 25 ans, pas ou peu
dipl&#244;m&#233;s, les portes des entreprises leur resteront ferm&#233;es &#187; (*). Seulement voil&#224; : en France, on va supprimer
les dispenses de recherche d'emploi pour les salari&#233;s &#226;g&#233;s, et il n'y a pas de minimum social pour les moins de
25 ans.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Autre exemple : les heures suppl&#233;mentaires. Leur progression provient surtout de la d&#233;claration d'heures d&#233;j&#224;
faites. Mais les exon&#233;rations vont inciter les entreprises &#224; y recourir plut&#244;t que d'embaucher. C'est d&#233;j&#224; ce qui
est en train de se passer, comme semble l'indiquer la chute r&#233;cente de l'int&#233;rim. La nouvelle loi vot&#233;e cet &#233;t&#233;
va encore faciliter l'allongement de la dur&#233;e du travail, y compris pour les cadres au forfait-jours. Et le
gouvernement envisage de faciliter le recours aux CDD dans les PME. M&#234;me Pierre Cahuc, fervent partisan
d'un contrat de travail light, trouve que &#171; ce n'est pas parce que l'&#233;conomie est en r&#233;cession qu'il faut
bouleverser le code du travail &#187; (*). Et le doute &#233;treint l'expert de l'OCDE cit&#233; plus haut : toutes ces r&#233;formes
devraient &#171; permettre un meilleur fonctionnement des march&#233;s du travail &#187; mais &#171; qu'est-ce que cela va
donner en p&#233;riode de r&#233;cession ? Les demandeurs d'emploi auront beau &#234;tre motiv&#233;s, si les offres se tarissent,
que se passera-t-il ? &#187;. Bonne question.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Bref, au moment o&#249; le ch&#244;mage repart &#224; la hausse, toutes les &#171; r&#233;formes &#187; vont fonctionner comme des
amplificateurs de crise et aggraver la situation de l'emploi. Cette conjoncture est finalement in&#233;dite : un
d&#233;sastre social s'annonce mais le pouvoir s'obstine &#224; mener une politique qui va en redoubler les effets. La
majorit&#233; de la population est aujourd'hui litt&#233;ralement encercl&#233;e par les offensives gouvernementales :
emploi, pouvoir d'achat, s&#233;cu, services publics, retraites, tout, absolument tout y passe. Toutes les conditions
d'une explosion sociale sont ainsi r&#233;unies, et il n'est pas s&#251;r que la p&#233;trification du PS suffira &#224; la d&#233;samorcer.
(*) Le Monde du 4 novembre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	<item>
		<title>Improbable Die Linke &#224; la fran&#231;aise (Le Monde)</title>
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<category domain="http://www.collectifdu29mai.org/-2007-en-debat-.html">LA GAUCHE EN DEBAT</category>


		<description>Point de vue Improbable Die Linke &#224; la fran&#231;aise, par J&#233;r&#244;me Fourquet &lt;br /&gt;LE MONDE ; 28.11.08 ; 13h59 &#8226; Mis &#224; jour le 28.11.08 ; 13h59 &lt;br /&gt;Apr&#232;s avoir quitt&#233; le Parti socialiste, Jean-Luc M&#233;lenchon et Marc Dolez ont annonc&#233; la cr&#233;ation du Parti de gauche, qui se veut une r&#233;plique fran&#231;aise de Die Linke. Quand on observe la sc&#232;ne politique allemande, on comprend bien pourquoi ce mod&#232;le est attractif et peut constituer une source d'inspiration pour nos socialistes en rupture de ban. &lt;br /&gt;Die Linke, formation (...)


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Point de vue&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Improbable Die Linke &#224; la fran&#231;aise, par J&#233;r&#244;me Fourquet&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;LE MONDE | 28.11.08 | 13h59 &#8226; Mis &#224; jour le 28.11.08 | 13h59&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Apr&#232;s avoir quitt&#233; le Parti socialiste, Jean-Luc M&#233;lenchon et Marc Dolez ont annonc&#233; la cr&#233;ation du Parti de gauche, qui se veut une r&#233;plique fran&#231;aise de Die Linke. Quand on observe la sc&#232;ne politique allemande, on comprend bien pourquoi ce mod&#232;le est attractif et peut constituer une source d'inspiration pour nos socialistes en rupture de ban.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Die Linke, formation cr&#233;&#233;e par l'union de dissidents du SPD et le PDS (les communistes est-allemands), s'est bien enracin&#233;e dans la vie politique outre-Rhin. Ce nouveau parti est pr&#233;sent dans les Parlements des six L&#228;nder de l'Est et parfois m&#234;me dans leur gouvernement en coalition avec le SPD.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il a &#233;galement r&#233;ussi une perc&#233;e &#224; l'ouest o&#249; il a franchi la barre des 5 % (commandant l'acc&#232;s aux Parlements r&#233;gionaux) dans plusieurs L&#228;nder (Hesse, Hambourg, Basse-Saxe), ratant de peu r&#233;cemment ces 5 % dans la tr&#232;s conservatrice Bavi&#232;re. Au plan national, les sondages cr&#233;ditent cette formation de bons scores (entre 10 % et 12 %).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais le contexte politique et les forces en pr&#233;sence &#224; gauche diff&#232;rent sensiblement de part et d'autre du Rhin, et la configuration appara&#238;t moins favorable en France. Die Linke est aujourd'hui dirig&#233;e par Oskar Lafontaine, personnalit&#233; politique tr&#232;s connue en Allemagne : il a &#233;t&#233; pendant de longues ann&#233;es ministre-pr&#233;sident de la Sarre, et a jou&#233; un r&#244;le de premier plan en animant l'aile gauche du SPD national. En d&#233;pit de leur mandat, le poids politique de Marc Dolez et Jean-Luc M&#233;lenchon n'est donc pas comparable avec celui de Lafontaine, qui sert de locomotive m&#233;diatique &#224; ce parti.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Par ailleurs, le PDS - importante puissance &#233;lectorale &#224; l'est de l'Allemagne - a fourni les gros bataillons militants et &#233;lectoraux de Die Linke. A cette force &#233;lectorale, il faut ajouter des militants en rupture du SPD &#224; l'ouest ainsi que de nombreux syndicalistes. Les forces sur lesquelles peuvent s'appuyer aujourd'hui Dolez et M&#233;lenchon sont beaucoup plus limit&#233;es. Certes, la motion Hamon qu'ils soutenaient a recueilli pr&#232;s de 19 % des voix lors du vote interne au PS, mais tous ces militants ne suivront pas les d&#233;missionnaires.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;ESPACE PLUS RESTREINT&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Lorsqu'il pr&#233;senta une motion (&quot;Forces militantes&quot;) au congr&#232;s du Mans en 2005, Dolez, bien que premier f&#233;d&#233;ral de la puissante f&#233;d&#233;ration du Nord, n'obtint que 4,5 %. Et si PRS, l'organisation de M&#233;lenchon, fut tr&#232;s active et visible lors du r&#233;f&#233;rendum sur la Constitution europ&#233;enne, elle ne compterait qu'assez peu d'adh&#233;rents.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour pallier ces difficult&#233;s, M&#233;lenchon et Dolez ont annonc&#233; une alliance avec le PC en vue des europ&#233;ennes. On rappellera que ce parti a connu de nombreux revers &#233;lectoraux, qu'il est aujourd'hui profond&#233;ment divis&#233; et qu'il perd des adh&#233;rents. Son influence &#233;lectorale ne peut &#234;tre compar&#233;e &#224; celle de son parti fr&#232;re allemand.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En transposant en France l'influence du PDS dans les r&#233;gions d&#233;sh&#233;rit&#233;es et industrieuses de l'ancienne RDA, cela &#233;quivaudrait &#224; un PCF obtenant entre 25 % et 30 % dans un ensemble regroupant Nord - Pas-de-Calais, Picardie, Haute-Normandie et Champagne-Ardennes... En d&#233;pit de cet affaiblissement, &#233;tant donn&#233; le poids compar&#233; du PC et du Parti de gauche en termes de militants et d'&#233;lus, il y a fort &#224; parier que les dissidents socialistes ne joueront pas les premiers r&#244;les dans ce &quot;front commun&quot;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Enfin, si Die Linke conna&#238;t aujourd'hui des succ&#232;s en Allemagne, cela ne tient pas uniquement &#224; la personnalit&#233; de ses leaders ou &#224; la puissance militante des organisations qui l'ont cofond&#233;e. Le contexte politique y est diff&#233;rent du n&#244;tre : l'extr&#234;me gauche y est inexistante &#233;lectoralement, contrairement &#224; la France o&#249; Olivier Besancenot exerce une forte concurrence. En outre, en Allemagne, la critique d&#233;non&#231;ant un recentrage des socialistes porte davantage, notamment parce que le SPD est engag&#233; dans une grande coalition avec la CDU et m&#232;ne une politique de r&#233;formes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce virage social-lib&#233;ral fut pris il y a un certain nombre d'ann&#233;es maintenant. Durant l'&#232;re Schr&#246;der, le SPD, &#224; la t&#234;te d'une coalition avec les Verts, r&#233;forma profond&#233;ment le mod&#232;le social et les bases de l'Etat-providence, notamment avec les r&#233;formes Hartz aujourd'hui fortement d&#233;cri&#233;es &#224; gauche et par les syndicats. Si le lib&#233;ral-socialisme est aussi d&#233;nonc&#233; en France, il n'en demeure pas moins que le PS reste aujourd'hui - et notamment avec le gauchissement des discours &#224; la suite de la crise financi&#232;re - id&#233;ologiquement plus &#224; gauche que le SPD.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Concurrenc&#233;e par une extr&#234;me gauche conqu&#233;rante et un PS &#224; la direction &quot;gauchis&#233;e&quot;, la d&#233;clinaison fran&#231;aise de Die Linke jouira donc d'un espace politique plus restreint que sa consoeur germanique. M&#234;me si son discours peut rencontrer un certain &#233;cho aupr&#232;s d'&#233;lecteurs de gauche d&#233;moralis&#233;s par la crise du PS et radicalis&#233;s par la poursuite des r&#233;formes sarkozystes.&lt;/p&gt; &lt;hr class=&quot;spip&quot; /&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;J&#233;r&#244;me Fourquet est directeur adjoint du d&#233;partement opinion et strat&#233;gies d'entreprise de l'IFOP.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Article paru dans l'&#233;dition du 29.11.08&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Du &quot;Collectif national du 29 mai&quot; &#224; celui &quot; POUR UNE AUTRE EUROPE&quot;</title>
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		<dc:subject>Page d'accueil</dc:subject>

		<description>En rejetant le &#171; trait&#233; constitutionnel europ&#233;en &#187;, le 29 mai 2005, la majorit&#233; des citoyens a clairement exprim&#233; son refus des politiques lib&#233;rales en France comme en Europe. &lt;br /&gt;Organisations politiques, syndicales, associatives, mouvements sociaux, citoyennes et citoyens, constitu&#233;s en centaines de collectifs unitaires ont massivement contribu&#233; &#224; la victoire du &#171; non &#187;. &lt;br /&gt;Principal animateur de la campagne, le Collectif national pour un Non de gauche, issu de l'Appel des 200, s'est &#233;largi &#224; de nouvelles (...)


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En rejetant le &#171; trait&#233; constitutionnel europ&#233;en &#187;, le 29 mai 2005, la majorit&#233; des citoyens a clairement exprim&#233; son refus des politiques lib&#233;rales en France comme en Europe.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Organisations politiques, syndicales, associatives, mouvements sociaux, citoyennes et citoyens, constitu&#233;s en centaines de collectifs unitaires ont massivement contribu&#233; &#224; la victoire du &#171; non &#187;.
&lt;br /&gt;Principal animateur de la campagne, &lt;a href=&quot;http://www.collectifdu29mai.org/Pour-construire-l-Europe-dire-non.html&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;le Collectif national pour un Non de gauche&lt;/a&gt;, issu de l'Appel des 200, s'est &#233;largi &#224; de nouvelles composantes. Il a d&#233;cid&#233; de s'appeler &#171; Collectif National du 29 mai &#187; pour poursuivre l'action et construire, ensemble, une alternative au lib&#233;ralisme.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans les mois qui suivirent la victoire du &#171; non &#187;, plusieurs &lt;a href=&quot;http://www.appeldes200.net/article.php3?id_article=990&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;r&#233;unions nationales des collectifs&lt;/a&gt;, projetaient pour 2006, des &#171; Rencontres nationales pour une alternative antilib&#233;rale &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ces r&#233;unions nationales ont enfant&#233;, apr&#232;s d'intenses travaux pr&#233;paratoires, d'importants documents qui sont d&#233;sormais des r&#233;f&#233;rences pour toutes celles et tous ceux qui se reconnaissent dans la gauche antilib&#233;rale.
&lt;br /&gt;C'est le cas pour la &lt;a href=&quot;http://www.collectifdu29mai.org/CHARTE-ANTILIBERALE-VERSION.html&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;Charte pour une alternative au lib&#233;ralisme&lt;/a&gt; adopt&#233;e le 13 mai 2006 et, davantage encore, pour le document programmatique intitul&#233; &lt;a href=&quot;http://www.collectifdu29mai.org/CE-QUE-NOUS-VOULONS,1042.html&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;&#171; Ce que nous voulons &#187;&lt;/a&gt;, tel qu'il ressort des travaux de plusieurs rencontres unitaires nationales.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce site conserve ses priorit&#233;s initiales : la lutte pour une autre Europe, contre la lib&#233;ralisation et la d&#233;r&#233;glementation des services publics d'o&#249; les passerelles avec les luttes altermondialistes alliant le local au global.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si Sarkozy, avec la complicit&#233; de la majorit&#233; des parlementaires du PS, a fait ratifier le &quot;trait&#233; de Lisbonne&quot;, clone de la Constitution europ&#233;enne, notre combat unitaire pour une Europe sociale et &#233;cologique demeure.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Certes, l'&#233;chec de doter &quot;la gauche du non&quot; de candidatures unitaires pour la pr&#233;sidentielle et les L&#233;gislatives de 2007 a &#233;t&#233; une meurtrissure.
Cet &#233;pisode laisse la gauche de gauche, atomis&#233;e, dispers&#233;e. Notre volont&#233; unitaire, avec la perspective des &#233;lections europ&#233;ennes de 2009, reste n&#233;anmoins intacte.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Aussi, nos pages restent-elles ouvertes &#224; toutes les propositions, contributions, documentations en donnant toute leur place aux initiatives du &quot;Collectif National du 29 mai&quot; dont l'action se perp&#233;tue sous la nouvelle appellation de COLLECTIF NATIONAL POUR UNE AUTRE EUROPE.
Prochaine d&#233;claration &#224; suivre....&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;a href=&quot;http://www.collectifdu29mai.org/Pour-construire-l-Europe-dire-non.html&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;Appel des 200&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;a href=&quot;http://www.collectifdu29mai.org/Declaration-finale-Rencontre.html&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;D&#233;claration des 3 &amp; 4 d&#233;cembre&lt;br /&gt;(r&#233;unions nationales des collectifs)&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;a href=&quot;http://www.collectifdu29mai.org/CHARTE-ANTILIBERALE-VERSION.html&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;Charte pour une alternative antilb&#233;rale&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;a href=&quot;http://www.collectifdu29mai.org/CE-QUE-NOUS-VOULONS,1042.html&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;Le programme &#171; Ce que nous voulons &#187;&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		
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	<item>
		<title>&#8220; Ecologie &quot; et conditions physiques de la reproduction sociale </title>
		<link>http://www.collectifdu29mai.org/Ecologie-et-conditions-physiques.html</link>
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<category domain="http://www.collectifdu29mai.org/-Documentation-.html">Documentation</category>


		<description>Par Fran&#231;ois Chesnais et Claude Serfati &lt;br /&gt;Introduction &lt;br /&gt;L'id&#233;e centrale qui domine la r&#233;flexion pr&#233;sent&#233;e dans ce chapitre est la suivante. Ce dont il est question aujourd'hui, derri&#232;re les mots &#8220; &#233;cologie &#8221; et &#8220; environnement &#8221;, ou encore les expressions &#8220; questions &#233;cologiques&#8221; et &#8220; probl&#232;mes environnementaux &#8221;, n'est rien moins que la p&#233;rennit&#233; des conditions de reproduction sociale de certaines classes, de certains peuples, voire de certains pays. Comme ceux-ci sont situ&#233;s le plus souvent, soit dans ce qu'on (...)


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Par Fran&#231;ois Chesnais et Claude Serfati&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Introduction&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'id&#233;e centrale qui domine la r&#233;flexion pr&#233;sent&#233;e dans ce chapitre est la suivante. Ce dont il est question aujourd'hui, derri&#232;re les mots &#8220; &#233;cologie &#8221; et &#8220; environnement &#8221;, ou encore les expressions &#8220; questions &#233;cologiques&#8221; et &#8220; probl&#232;mes environnementaux &#8221;, n'est rien moins que la p&#233;rennit&#233; des conditions de reproduction sociale de certaines classes, de certains peuples, voire de certains pays. Comme ceux-ci sont situ&#233;s le plus souvent, soit dans ce qu'on nomme aujourd'hui &#8220; le Sud &#8221;, soit dans l'ancien &#8220; Est &#8221;, la menace semble lointaine et donc abstraite dans les pays du centre du syst&#232;me capitaliste mondial.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le temps de gestation tr&#232;s long des pleins effets de m&#233;canismes pr&#233;sents dans le capitalisme d&#232;s ses origines, a &#233;t&#233; et reste plus que jamais un puissant facteur d'inertie sociale dans les pays capitalistes avanc&#233;s . Les groupes industriels et les gouvernements des pays de l'OCDE tirent largement parti de ce fait pour diffuser l'id&#233;e que la d&#233;gradation des conditions physiques de la vie sociale ferait partie des maux &#8220; naturels &#8221; que certains peuples seraient appel&#233;s &#224; subir. Ce serait pour eux un &#8220; malheur &#8221; de plus. Dans la pr&#233;sentation dominante, les d&#233;gradations environnementales plan&#233;taires exigeraient donc des pays avanc&#233;s, tout au plus des changements marginaux dans leurs choix technologiques et leur mode de vie quotidienne. De m&#234;me, le seul &#8220; mod&#232;le de d&#233;veloppement &#8221; propos&#233; aux pays &#8220; retardataires &#8221; continue &#224; &#234;tre celui projet&#233; &#224; partir des centres du capitalisme mondial, il est fond&#233; sur les marchandises et les formes de vie sociale produites par les grands groupes industriels et financiers. Les mots &#8220; &#233;cologie &#8221; et &#8220; environnement &#8221; maintiennent un degr&#233; &#233;lev&#233; de neutralit&#233; face &#224; cette r&#233;alit&#233;. Ils sont devenus impropres, dangereusement inad&#233;quats, et il faudrait leur en substituer d'autres plus appropri&#233;s. Dans cette introduction et dans le premier chapitre, nous expliquons pourquoi ce travail ne pourra se faire que dans le cadre d'une critique renouvel&#233;e du capitalisme, qui lierait de fa&#231;on indissociable, exploitation des domin&#233;s par les poss&#233;dants et destruction de la nature et de la biosph&#232;re. Le deuxi&#232;me chapitre souligne que cette liaison longtemps ignor&#233;e trouvera ses fondements th&#233;oriques dans l'analyse faite par Marx et Engels du mode de production capitaliste. Notre contribution , qui expose les fils conducteurs marxiens ou marxistes, s'adresse &#224; tous ceux qui se pr&#233;occupent du renouvellement d'une critique radicale du capitalisme et qui cherchent donc &#224; se r&#233;approprier la pens&#233;e des courants fondateurs de cette critique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Revenir aux fondements des rapports sociaux capitalistes
Si nous sommes entr&#233;s (le nous &#233;tant ici la civilisation humaine) dans une phase de l'histoire du capitalisme o&#249; les cons&#233;quences environnementales de l'accumulation dans le cadre de la domination mondiale du capital financier, sont en train de se mat&#233;rialiser sous des formes tr&#232;s graves et &#224; un rythme qui s'acc&#233;l&#232;re, les m&#233;canismes qui ont conduit &#224; cette situation &#233;taient pr&#233;sents d&#232;s l'origine dans le fonctionnement du capitalisme. Pour comprendre les relations du capitalisme avec ses conditions de production &#8220; ext&#233;rieures &#8221;, il faut revenir sur les origines et les fondements sociaux de ce mode de production et de domination sociale. C'est l'objet du troisi&#232;me chapitre. La guerre men&#233;e par le capital pour arracher la paysannerie &#224; la terre et pour soumettre l'activit&#233; agricole enti&#232;rement et exclusivement au profit, dont nous vivons de nouveaux et terribles &#233;pisodes aujourd'hui, a &#233;t&#233; une guerre fondatrice du nouveau mode de production et des formes de domination sociales qui lui sont propres. Elle a permis la constitution d'une vaste population ouvri&#232;re, fr&#233;quemment en surnombre et dont l'horreur des conditions d'existence a &#233;t&#233; largement d&#233;peinte par les historiens et les &#233;crivains. Les m&#233;canismes de pr&#233;dation capitalistes, dont on peut analyser le jeu et les effets les plus r&#233;cents sous nos yeux, remontent &#224; la premi&#232;re phase d'expansion du capitalisme. Ils ont pour fondement la propri&#233;t&#233; priv&#233;e de la terre et des ressources du sous-sol dont l'appropriation priv&#233;e permet la perception de rentes. Ces droits de propri&#233;t&#233; du capital ont incit&#233; &#224; une immense dilapidation des ressources naturelles. Celle-ci &#233;tait d'ailleurs encourag&#233;e par l'&#233;conomie politique (ce qu'on nomme aujourd'hui la &#8220; science &#233;conomique &#8221;) qui affirmait que les &#233;l&#233;ments du monde naturel autres que la terre et le sous-sol, trop abondants au d&#233;part pour &#234;tre facilement soumis comme aujourd'hui &#224; un m&#233;canisme d'appropriation ou d'exploitation priv&#233;e &#8211; l'eau et l'air et par extension la biosph&#232;re &#8211; seraient in&#233;puisables et donc gratuits pour le capital. Les fondements sociaux du capitalisme fournissent &#233;galement la clef des m&#233;canismes bien pr&#233;cis de s&#233;lection sociales des techniques que ce mode de production et de domination sociale a cr&#233;&#233;s, dont la civilisation de l'automobile et les OGM sont l'expression contemporaine. Tous ces m&#233;canismes et les tendances qu'ils suscitaient, &#233;taient inscrits dans les fondements m&#234;mes du mode de production, tout comme dans les modes de domination de classe - national et international (imp&#233;rialiste) - du capitalisme.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Au cours des trois d&#233;cennies de tr&#232;s forte croissance de l'apr&#232;s-guerre, il y a eu une acc&#233;l&#233;ration consid&#233;rable du jeu de m&#233;canismes cumulatifs destructeurs des &#233;quilibres &#233;cologiques sous l'effet des formes de production et de consommation du &#8220; fordisme &#8221;, comme de celles de l'&#233;conomie &#8220; planifi&#233;e &#8221; stalinienne. La crise &#233;cologique plan&#233;taire a ses origines dans les fondements et les principes de fonctionnement du capitalisme, elle a &#233;t&#233; aggrav&#233;e par les cons&#233;quences de l'organisation politique et &#233;conomique des Etats bureaucratiques, Chine comprise. Mais puisque ces m&#233;canismes &#233;taient associ&#233;s &#224; une &#233;l&#233;vation importante du niveau de vie, quoique pour l'essentiel dans les pays d&#233;velopp&#233;s, des r&#233;flexes de c&#233;cit&#233; collective ont pr&#233;valu. Gouvernements, entreprises et partis et syndicats ouvriers se sont entendus tacitement pour faire silence sur les questions &#233;cologiques, ou pour en minimiser la port&#233;e. Aujourd'hui, la gravit&#233; des atteintes &#224; la biosph&#232;re est connue. Les travaux de la commission scientifique cr&#233;&#233;e par les Nations Unies pour &#233;tudier les changements climatiques , ont &#233;tabli que dans certains domaines, tels que les ressources non renouvelables et sans doute la biodiversit&#233;, les d&#233;gradations ont atteint des seuils d'irr&#233;versibilit&#233;, ou en tout cas en sont proches. Les gouvernements des pays capitalistes d&#233;velopp&#233;s et les institutions internationales ne s'engagent pas moins dans la voie d'une aggravation de la situation par l'&#233;largissement de &#8220; droits &#224; polluer &#8221;, qui syst&#233;matisent le caract&#232;re intangible de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e ainsi que le droit du capital au pillage de la nature. Du c&#244;t&#233; de ceux d&#233;sign&#233;s aujourd'hui sous le terme &#8220; anti-mondialistes &#8221;, on constate simultan&#233;ment une conscience assez forte de l'existence d'un lien entre ces d&#233;gradations et la lib&#233;ralisation et la d&#233;r&#233;glementation qui mettent le pouvoir &#233;conomique effectif entre les mains des &#8220; march&#233;s &#8221;, mais une forte r&#233;ticence &#224; mettre en cause le capitalisme ainsi que les formes dominantes de la propri&#233;t&#233; des moyens de production, de communication et d'&#233;change. Aujourd'hui, &#8220; notre esp&#232;ce violente le mouvement global de la nature &#8221; : elle le fait dans le cadre d'un mode de production tr&#232;s pr&#233;cis. Les traits contemporains en acc&#233;l&#232;rent le rythme, ne laissant &#224; chaque individu ou &#224; chaque ensemble micro-social, une tr&#232;s faible marge de man&#339;uvre par rapport &#224; sa participation ou non &#224; ce processus. Dans beaucoup de cas, les r&#233;ponses sont mondiales et se situent au niveau du mode de production et de domination pris comme tel. Notre contribution vise &#224; donner &#224; des questions qui touchent aux conditions physiques de la reproduction de la vie en soci&#233;t&#233; (dans l'imm&#233;diat celle de soci&#233;t&#233;s d&#233;termin&#233;es), le statut de questions th&#233;oriques et politiques de premier plan.
L'id&#233;e qui est explor&#233;e dans le troisi&#232;me chapitre, est que la situation qui s'est cr&#233;&#233;e constitue une crise pour l'humanit&#233;, une crise de la civilisation humaine, mais qu'en ce qui concerne le capitalisme les choses ne peuvent pas &#234;tre d&#233;clin&#233;es aussi simplement. La ou les crise(s) &#233;cologique(s) qui frappent la plan&#232;te, dont les effets sont r&#233;partis de fa&#231;on tr&#232;s in&#233;gale, sont les produits du capitalisme, mais ils ne sont pas pour autant des facteurs centraux de crise pour le capitalisme. Aujourd'hui elle(s) se d&#233;veloppe(nt) de fa&#231;on acc&#233;l&#233;r&#233;e, sous l'effet de la recherche par le capital de &#8220; solutions &#8221; &#224; ses contradictions profondes (taux et masse de la plus-value, taux de profit, suraccumulation end&#233;mique, etc.) dans une fuite en avant d&#233;brid&#233;e rendue possible par la lib&#233;ralisation, la d&#233;r&#233;glementation et la mondialisation. Prise sous cet angle, la crise &#233;cologique plan&#233;taire est donc une &#8220; crise capitaliste &#8221;. Mais elle voit la pleine r&#233;affirmation de la volont&#233; et de la capacit&#233; r&#233;currente du capital &#224; reporter sur son milieu &#8220; externe &#8221;, g&#233;opolitique et environnemental (la biosph&#232;re) les cons&#233;quences de contradictions qui sont exclusivement les siennes, au sens o&#249; elles surgissent des rapports de production et de propri&#233;t&#233; qui le fondent.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On aura compris que nous (ici les auteurs de cet article) ne partageons pas l'id&#233;e que par le biais de la destruction ou du grave endommagement de l'environnement naturel, le capitalisme mettrait en danger, et m&#234;me d&#233;truirait, ses propres conditions de reproduction et de fonctionnement en tant que mode de production Nous n'adh&#233;rons pas &#224; la th&#232;se de la &#8220; seconde contradiction &#8221;. C'est au c&#339;ur des m&#233;canismes de cr&#233;ation et d'appropriation de la plus value que gisent les contradictions qui font que &#8220; la v&#233;ritable barri&#232;re de la production capitaliste, c'est le capital lui-m&#234;me &#8221;. Dans la sph&#232;re de l'environnement naturel, le capital repr&#233;sente une barri&#232;re, ou plus exactement une menace pressante pour l'humanit&#233; &#8211; et dans l'imm&#233;diat pour certaines parties pr&#233;cises de celle-ci &#8211; mais non pour la domination du capital. Sur le plan &#233;conomique, le capitalisme transforme les pollutions industrielles, ainsi que la rar&#233;faction et/ou la d&#233;gradation de ressources comme l'eau, voire de l'air, en &#8220; march&#233;s &#8221;, c'est-&#224;-dire en champs d'accumulation nouveaux. Dans des domaines comme celui des retomb&#233;es du d&#233;cryptage du g&#233;nome ou celui des OGM, on voit la mise en &#339;uvre de strat&#233;gies de domination &#233;conomique et politique sans pr&#233;c&#233;dent dans leur forme et leur vis&#233;e , doubl&#233;es de &#8220; paris &#8221; technologiques aveugles d'une irresponsabilit&#233; sociale totale. Souvent le moteur en est la satisfaction de la &#8220; valeur actionnariale &#8221; r&#233;clam&#233;e par les investisseurs institutionnels et les march&#233;s boursiers. Sur le plan politique, le capitalisme est pleinement capable de reporter le poids des d&#233;gradations sur les pays et les classes les plus faibles et de diriger toute la puissance militaire des imp&#233;rialismes dominants vers des taches de &#8220; maintien de l'ordre &#8221;, partout o&#249; la d&#233;gradation des conditions d'existence de peuples sous l'effet des destructions environnementales pourraient provoquer des soul&#232;vements. C'est l'objet de l'analyse du quatri&#232;me chapitre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Qu'est-ce un mode de production ?
Ce qui est en cause au plan th&#233;orique est le contenu qu'il faut donner &#224; la notion de &#8220; mode de production &#8221;. Nous pensons qu'une relecture attentive de Marx montrera que pour lui le terme d&#233;signe un mode de domination sociale, autant qu'une forme d'organisation de la production mat&#233;rielle. Il nous para&#238;t &#233;galement profond&#233;ment erron&#233; de r&#233;duire la reproduction du capital &#224; ses seules dimensions &#233;conomiques . A cet &#233;gard, le travail th&#233;orique sur la mondialisation contemporaine du capital et sur l'imp&#233;rialisme dans ses formes les plus actuelles (celles de la guerre du Kosovo et de &#8220; l'apr&#232;s 11 septembre &#8221;) est d'une grande utilit&#233; . Il est &#233;vident qu'on se trouve en pr&#233;sence de m&#233;canismes et de politiques conscientes de reproduction d'une domination sociale mondialis&#233;e. Au niveau atteint par la polarisation de la richesse, cette domination est celle, &#224; l'&#233;chelle globale, d'une petite, voire d'une toute petite fraction de l'humanit&#233;, fraction elle-m&#234;me concentr&#233;e majoritairement dans les pays capitalistes avanc&#233;s. La domination repose sur des bases o&#249; &#8220; l'&#233;conomique &#8221; et le &#8220; politique &#8221; sont inextricablement m&#234;l&#233;s. Il est impossible de dissocier les destructions environnementales et &#233;cologiques des agressions port&#233;es contre les conditions de vie des prol&#233;taires urbains et ruraux et de leurs familles, notamment ceux des pays dits du Sud, sous domination imp&#233;rialiste. Il est tout aussi impossible de ce fait de dissocier les formes &#233;conomiques de la domination et de la violence de leurs formes politiques et militaires . Pris ensemble, les destructions environnementales et &#233;cologiques et les agressions port&#233;es contre les conditions de vie des prol&#233;taires sont le r&#233;sultat des effets cumul&#233;s de m&#233;canismes s&#233;cr&#233;t&#233;s par le fonctionnement du mode de production capitaliste depuis des d&#233;cennies et de la domination contemporaine, renouvel&#233;e et presque sans bornes, du capital financier. L'essence renti&#232;re de la finance et ses liens &#233;troits avec l'appropriation priv&#233;e du sol et des productions du sous-sol, sont des facteurs particuli&#232;rement critiques dans les blocages des solutions m&#234;me tr&#232;s partielles et insuffisantes propos&#233;es &#224; diff&#233;rents aspects de la crise &#233;cologique. Le capital entend faire de la &#8220; r&#233;paration &#8221; des d&#233;gradations &#233;cologiques un march&#233;, et loin d'affecter sa reproduction comme capital, celles-ci deviendront une immense source de profits et de soutien des cours boursiers. Parall&#232;lement, les gouvernements des pays riches &#8211; ou au moins de certains d'entre eux (ceux qui ont la &#8220; fibre &#233;cologique &#8221; au sens banal et finalement assez r&#233;actionnaire du terme) &#8211; veilleront &#224; ce que les cons&#233;quences de la &#8220; crise &#233;cologique &#8221; affectent le moins, et le plus tard possible, les conditions de reproduction du mode de vie des propri&#233;taires du capital, de leurs d&#233;pendants et des couches sociales qui font cause commune avec eux. De ce point de vue, en affirmant l'intangibilit&#233; du mode d'existence mat&#233;rielle des Am&#233;ricains, seul fondement possible de leur niveau de vie, Georges W. Bush exprime tout haut une position partag&#233;e par les principaux groupes industriels et financiers mondiaux (et pas seulement am&#233;ricains), comme par de nombreux gouvernements qui ne sont pas f&#226;ch&#233;s qu'il ait pris sur lui de torpiller l'accord ad minima de Kyoto. La situation qui est r&#233;serv&#233;e aux &quot;pays du Sud&quot; t&#233;moigne de la p&#233;rennit&#233; des rapports de domination imp&#233;rialiste, mais dans un contexte o&#249; les populations de ces pays peuvent &#234;tre laiss&#233;es sous le contr&#244;le des &quot;lois naturelles&quot; propos&#233;es par Malthus &#224; l'aube du dix-neuvi&#232;me si&#232;cle.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;1. quelques fils conducteurs marxistes
Avant d'approfondir un peu l'&#233;nonc&#233; de ces deux grands th&#232;mes qui commandent notre r&#233;flexion dans ce chapitre, nous voulons faire quelques remarques liminaires. Il s'agit pour nous d'une obligation personnelle, en m&#234;me temps qu'une tentative de lire Marx et Engels &#224; la lumi&#232;re des temps pr&#233;sents.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;1.1. Un immense retard th&#233;orique et politique &#224; combler
Le retard est celui que nous (les auteurs de ce texte) reconnaissons &#224; titre personnel, du point de vue de notre travail sur la critique du capitalisme. Mais ce retard est aussi, nous semble-t-il, celui plus g&#233;n&#233;ralement de la tr&#232;s grande majorit&#233; de ceux qui se r&#233;clament du marxisme. L'analyse et la discussion des questions relatives &#224; l'environnement et aux menaces &#233;cologiques de plus en plus pressantes qui p&#232;sent sur les conditions physiques et sociales de la reproduction dans des parties d&#233;termin&#233;es du globe, se sont faites, nous semble-t-il, et continuent pour l'instant de l'&#234;tre, tr&#232;s largement en dehors d'une r&#233;f&#233;rence forte &#224; une probl&#233;matique marxienne et/ou marxiste . La responsabilit&#233; de ces carences et de ces retards incombent aux marxistes, autant, et en ce qui nous concerne, plus qu'aux &#233;cologistes. Il est &#233;videmment ind&#233;niable que dans leur grande majorit&#233;, les &#233;cologistes ont cru pouvoir, ou ont m&#234;me d&#233;lib&#233;r&#233;ment voulu &#233;viter de fonder leurs propositions sur une critique du capitalisme de type marxien ou marxiste. Ils ont att&#233;nu&#233;, sinon gomm&#233; l'importance des rapports entre la logique du profit et ce qu'ils nomment le &quot;productivisme&quot;, de m&#234;me qu'ils ont fait et continuent &#224; faire silence sur le r&#244;le central de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e dans la crise &#233;cologique. Cela contribue fortement &#224; expliquer que leur combat ait &#233;t&#233; vou&#233; &#224; l'&#233;chec, ou pire encore, &#224; la r&#233;cup&#233;ration par le syst&#232;me. L'absence d'une posture anticapitaliste a conduit la plupart des partis Verts europ&#233;ens &#224; devenir des simples partenaires &quot;&#233;co-reformistes&quot; de la gestion social-lib&#233;rale du capitalisme par les gouvernements dirig&#233;s par des partis sociaux-d&#233;mocrates ou staliniens repentis. Mais la mont&#233;e de la pens&#233;e &#233;cologiste et des formations politiques qui l'ont port&#233;e, n'aurait pas &#233;t&#233; possible sans le terrible vide th&#233;orique et politique qui s'est form&#233; du c&#244;t&#233; des marxistes et qui a dur&#233; au moins jusqu'au d&#233;but des ann&#233;es quatre-vingt-dix . Le retard tr&#232;s important de l'analyse marxiste est le r&#233;sultat conjugu&#233; de nombreux facteurs. Il plonge ses racines dans la lecture unilat&#233;ralement &quot;productiviste&quot; du travail de Marx et d'Engels qui a &#233;t&#233; faite pendant des d&#233;cennies. Dans la conception qui a pr&#233;valu, &#8220; l'enveloppe &#8221; institutionnelle et organisationnelle dans laquelle s'effectue le d&#233;veloppement des forces productives, y compris celui de la science, est reconnue comme &#233;tant capitaliste de part en part, mais sans que cela n'affecte autrement que de fa&#231;on tout &#224; fait superficielle l'orientation et les r&#233;sultats de ce d&#233;veloppement. La science, la technologie et les &#8220; formes de cultiver et de fabriquer &#8221;, autrement dit les formes de relations avec la &#8220; nature &#8221;, seraient pour le socialisme &#224; la fois un &#8220; h&#233;ritage &#8221; et un &#8220; tremplin &#8221;. Elles constitueraient d'abord un &#8220; h&#233;ritage &#8221;, que le socialisme pourrait accepter : certes, apr&#232;s inventaire, mais un inventaire quand m&#234;me assez sommaire. Elles seraient ensuite un &#8220; tremplin &#8221; &#224; partir duquel l'humanit&#233; pourrait avancer sans n'avoir &#224; op&#233;rer plus que des infl&#233;chissements et sans avoir &#224; g&#233;rer d'immenses d&#233;g&#226;ts en tentant d'en renverser une partie au moins des cons&#233;quences. C'est ainsi que la notion de &quot;r&#233;volution scientifique et technique&quot; &#233;labor&#233;e par Richta au d&#233;but des ann&#233;es soixante a servi de base th&#233;orique &#224; tout le courant dominant du marxisme. C'est sur ce socle que le mouvement ouvrier traditionnel - les syndicats et les partis sociaux-d&#233;mocrates aussi bien que communistes - ont pu construire les positions qui en ont fait les d&#233;fenseurs de l'&#233;nergie nucl&#233;aire, dont la fonction militaire de maintien de l'&quot;ordre mondial&quot; a pourtant &#233;t&#233; central, mais aussi les partisans r&#233;solus de l'industrie automobile. Pour les PC occidentaux et les syndicats li&#233;s &#224; la F&#233;d&#233;ration syndicale mondiale (la FSM), il s'agissait aussi de d&#233;fendre l'exp&#233;rience, d&#233;sastreuse du point de vue &#233;cologique comme sur tous les autres plans, du &quot;socialisme r&#233;el&quot; et de la domination sociale de la bureaucratie stalinienne .
Les changements dans les rapports de force entre le capital et la travail n&#233;s de la &#8220; contre-r&#233;volution conservatrice &#8221; et de la lib&#233;ralisation et d&#233;r&#233;glementation impos&#233;es aux classes ouvri&#232;res et aux salari&#233;s de tous les pays, n'ont fait qu'aggraver les choses. La &#8220; sauvegarde de l'emploi &#8221; est devenue le but prioritaire, sinon unique, de l'action du mouvement ouvrier, devenant l'un des arguments majeurs qui est oppos&#233; &#224; toute proposition s&#233;rieuse de limitation de l'usage de l'automobile, comme &#224; l'application m&#234;me des textes de loi bien limit&#233;s en mati&#232;re de contr&#244;le de certaines pollutions, par exemple dans les industries chimiques. La &#8220; d&#233;fense de l'emploi &#8221; est mobilis&#233;e pour que l'agriculture productiviste et polluante, ainsi que les tr&#232;s puissants int&#233;r&#234;ts agro-alimentaires qui lui sont li&#233;s, gravement mis en cause par la &#8220; maladie de la vache folle &#8221;, soient touch&#233;s de fa&#231;on aussi limit&#233;e que possible, sinon pas du tout.
En ce qui concerne le courant trotskiste dont nous sommes issus, la r&#233;p&#233;tition des positions des principaux dirigeants et th&#233;oriciens du parti bolchevique datant des ann&#233;es vingt est venue conforter des positions largement conformes &#224; celles des appareils de la CGT et de FO. La position des dirigeants du Parti bolchevique qui a conduit au retard th&#233;orique et politique de ceux qui ont par ailleurs maintenu la critique du capitalisme et l'ont &#233;tendu de fa&#231;on syst&#233;matique, par exemple au militarisme, doit &#233;videmment &#234;tre situ&#233;e dans le contexte pr&#233;cis o&#249; elle s'est d&#233;velopp&#233;e. La victoire de la premi&#232;re r&#233;volution prol&#233;tarienne dans un pays peu industrialis&#233; et &#224; faible d&#233;veloppement des capacit&#233;s de recherche scientifique et technique a tr&#232;s fortement accentu&#233; l'approche fond&#233;e sur &#8220; la ma&#238;trise des lois naturelles &#8221; et la &#8220; domination de la nature &#8221;. Elle explique l'&#233;loge du taylorisme par L&#233;nine, les discours sur la science et la technique de Trotski de cette &#233;poque et les positions sur la science et la technique de Boukharine, fortement teint&#233;es de positivisme .&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;1.2. Lire Marx et Engels et s'en servir dans le contexte historique pr&#233;sent
Il faut donc revenir &#224; Marx et Engels pour les relire, retravailler la critique du capitalisme dont ils ont jet&#233; les fondements. De m&#234;me qu'il faut d&#233;cliner aussi, de fa&#231;on autrement plus ferme que cela n'a &#233;t&#233; fait jusqu'&#224; pr&#233;sent, la critique &#8220; &#233;cologiste &#8221; des formes mat&#233;rielles de la civilisation du capital financier monopoliste. Revenir &#224; Marx ne veut pas dire tenter de soutenir que celui-ci, tout comme Engels avec lui et apr&#232;s lui, n'auraient pas &#233;crit des choses contradictoires, d&#233;fendu des positions dont la r&#233;conciliation n'est pas toujours &#233;vidente. A c&#244;t&#233; de tr&#232;s importants &#233;l&#233;ments critiques, qui ont &#233;t&#233; longtemps presque compl&#232;tement n&#233;glig&#233;s par les th&#233;oriciens marxistes apr&#232;s Marx, il existe bel et bien dans leur travail de nombreux textes dont ont pu, et dont peuvent toujours se r&#233;clamer, les tenants de la &#8220; science comme facteur de progr&#232;s &#8221; en toute circonstance, ou presque, &#8212; des textes qui font le pan&#233;gyrique du capitalisme sur le plan de la science et de la technologie. Ces textes &#224; la gloire de la science, tout comme ceux qui font le pan&#233;gyrique de l'&#339;uvre accomplie par le capitalisme et la bourgeoisie, doivent &#234;tre replac&#233;s dans leur contexte, celui des premi&#232;res grandes expositions universelles qui ont frapp&#233; tous ceux qui les ont vues. Si Marx et Engels n'y avaient pas &#233;t&#233; sensibles, on peut &#234;tre certain que ceux qui leur font un proc&#232;s en positivisme et en scientisme les accuseraient d'avoir v&#233;cu hors de leur temps ou absolument en marge de celui-ci ! Ces textes doivent aussi et surtout &#234;tre situ&#233;s dans la perspective historique et les d&#233;lais de la transformation sociale qui sont ceux de Marx, comme de tous les th&#233;oriciens r&#233;volutionnaires au moins jusqu'&#224; la Seconde guerre mondiale. Dans l'esprit de Marx, en tant que syst&#232;me marqu&#233; par des crises &#233;conomiques graves &#224; r&#233;p&#233;tition qui repr&#233;sentent autant d'appels r&#233;guliers &#224; l'action de la classe ouvri&#232;re, le capitalisme est appel&#233; &#224; dispara&#238;tre assez vite. L'humanit&#233; pourra s'en d&#233;faire par l'entremise de la r&#233;volution d&#232;s qu'auront &#233;t&#233; r&#233;unies les conditions objectives et subjectives de son d&#233;passement : les nouveaux moyens de production et de transport maritime et terrestre et les premiers moyens de communication et une classe ouvri&#232;re concentr&#233;e, pr&#234;te &#224; &#234;tre organis&#233;e sur le plan syndical comme sur le plan politique dans une perspective de renversement du capitalisme.
Cependant il est assez bien connu que les textes sur le caract&#232;re progressiste du capitalisme sur le plan de la cr&#233;ation scientifique et technologique sont constamment qualifi&#233;s sous l'angle de leurs cons&#233;quences tr&#232;s n&#233;gatives pour les travailleurs . Ce qui a &#233;t&#233; dit moins souvent, c'est que certains de ces textes , le sont &#233;galement sous l'angle de leurs cons&#233;quences n&#233;fastes pour la &#8220; terre &#8221;, terme qu'il faut consid&#233;rer comme un raccourci servant &#224; d&#233;signer de fa&#231;on beaucoup plus large les conditions naturelles et physiques de la production et de la reproduction. L'un des passages o&#249; Marx est le plus explicite par rapport aux cons&#233;quences &#8220; &#233;cologiques &#8221; du capitalisme est celui qui cl&#244;t la longue quatri&#232;me section du livre I du Capital sur la production de la plus value relative. Il y traite de l'exploitation (le &#8220; martyrologe &#8221;) des ouvriers agricoles et industriels dans le cadre de d&#233;veloppements plus large sur les rapports entre l'agriculture et la grande industrie. Une lecture tant soit peu attentive de ses r&#233;flexions indique &#224; quel point, pour Marx, l'id&#233;e de progr&#232;s sous l'&#233;gide du capitalisme industriel est subordonn&#233;e &#224; celle de r&#233;volution : &#8220; Avec la pr&#233;pond&#233;rance toujours croissante de la population des villes qu'elle agglom&#232;re dans de grands centres, la production capitaliste, d'une part accumule la force motrice historique de la soci&#233;t&#233; ; d'autre part, elle d&#233;truit non seulement la sant&#233; physique des ouvriers urbains et la vie intellectuelle des travailleurs rustiques, mais elle trouble encore la circulation mat&#233;rielle entre l'homme et la terre (etc) &#8221; . Aujourd'hui comme hier, dans des conditions historiques diff&#233;rentes, l'enjeu est l&#224; : dans la capacit&#233; d'auto-organisation de cette population, majoritairement urbaine, de vendeurs de leur force de travail (de salari&#233;s et de ch&#244;meurs qui sont des &#8220; prol&#233;taires &#8221; m&#234;me s'ils ne sont plus majoritairement ouvriers) jusqu'&#224; &#234;tre capables de jouer ce r&#244;le de &#8220; force motrice de l'histoire &#8221;, c'est-&#224;-dire de sujet politique d&#233;cid&#233; &#224; en finir avec la capitalisme. En l'absence ou dans une situation de paralysie de ce sujet politique, ce qui l'emporte est la consolidation et l'accentuation d'un processus o&#249; &#8220; chaque progr&#232;s de l'agriculture capitaliste est un progr&#232;s non seulement dans l'art d'exploiter le travailler, mais encore dans l'art de d&#233;pouiller le sol ; chaque progr&#232;s de l'art d'accro&#238;tre la fertilit&#233; pour un temps, un progr&#232;s dans la ruine de ses sources durables de fertilit&#233;. Plus un pays, les Etats-Unis par exemple, se d&#233;veloppe sur la base de la grande industrie, plus ce proc&#232;s de destruction s'accomplit rapidement &#8221;. Et Marx de terminer par cette phrase : &#8220; La production capitaliste ne d&#233;veloppe donc la technique (&#8230;) qu'en &#233;puisant les deux sources d'o&#249; jaillit toute richesse, la terre et le travailleur &#8221; . Il semble difficile dans ces conditions d'affirmer, comme le fait T. Benton , que la vison &quot;&#233;conomiciste&quot; de Marx l'a emp&#234;ch&#233; de voir les cons&#233;quences &#233;cologiques catastrophiques de la domination du capital.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;2. Capitalisme rentier et &quot;&#233;puisement de la terre et du travailleur&quot; Les r&#233;volutions du 20&#176; si&#232;cle ont &#233;t&#233; d&#233;faites - de l'int&#233;rieur autant et m&#234;me plus que de l'ext&#233;rieur. Il n'y a pas eu de passage du capitalisme vers une forme d'organisation sociale dans laquelle l'humanit&#233; aurait ma&#238;tris&#233; ses conditions mat&#233;rielles de sa reproduction, y compris, ou plus exactement d'abord et surtout, de son environnement naturel plan&#233;taire, la biosph&#232;re comprise. C'est donc dans le cadre de l'hypoth&#232;se pessimiste o&#249; &#8220; le proc&#232;s de destruction s'accomplit rapidement &#8221; que l'on est contraint de se situer. Marx pensait certainement qu'il s'agissait pour lui de l'indiquer &#8220; pour m&#233;moire &#8221; pour ainsi dire. Faisant le pari de l'extension de la r&#233;volution, notamment en Allemagne, les bolcheviques pouvaient encore penser emprunter au capitalisme ses technologies comme tremplin vers une situation o&#249; ils lib&#233;reraient la science et la technique de son enveloppe capitaliste. Aujourd'hui nous sommes oblig&#233;s de proc&#233;der bien diff&#233;remment. Il es n&#233;cessaire de refuser l'&#233;conomicisme ambiant. Rien ne serait plus urgent que de modifier le terrain et les termes actuels du dialogue des marxistes avec les courants de pens&#233;e dominants, m&#234;me &#8220; h&#233;t&#233;rodoxes &#8221;, afin de se r&#233;approprier une critique authentiquement radicale du capitalisme comme de la domination bourgeoise. Etre fid&#232;le &#224; Marx aujourd'hui, c'est commencer par le relire d'un &#339;il nouveau. Il faut rechercher avec lui (et pas juste dans son propre travail), tous les traits pr&#233;dateurs et parasitaires et toutes les tendances &#224; la transformation des forces initialement ou potentiellement productives en forces destructives, qui &#233;taient inscrits dans les fondements du capitalisme d&#232;s le d&#233;part, mais dont le temps de gestation et de maturation a &#233;t&#233; tr&#232;s long. Il y a toujours eu chez Marx une incitation &#224; la critique la plus radicale, elle &#233;tait fond&#233;e sur une vision &#8220; pessimiste &#8221; de l'avenir de l'humanit&#233; si la domination du capital devait se poursuivre. Il faut donc chercher &#224; pousser plus loin des remarques du type de celle qu'on trouve dans l'Id&#233;ologie Allemande, quand Marx observe que &#8220; dans le d&#233;veloppement des forces productives, il arrive un stade o&#249; naissent des forces productives et des moyens de circulation qui ne peuvent plus &#234;tre que n&#233;fastes dans le cadre des rapports existants ; elles ne sont plus des forces productives, mais des forces destructrices (le machinisme et l'argent) &#8221;. Dans L'Id&#233;ologie Allemande, Marx ne d&#233;veloppe pas l'id&#233;e au del&#224; de ce constat. Il n'est pas s&#251;r non plus qu'en parlant de ces deux m&#233;canismes destructifs, Marx pense &#224; la destruction de &#8220; la nature &#8221;. Ici comme dans les &#233;crits philosophiques ant&#233;rieurs et comme dans Le Capital ensuite, Marx se r&#233;f&#232;re surtout au sort des prol&#233;taires et de leurs familles, ainsi qu'&#224; celui des couches non-prol&#233;taris&#233;es les plus exploit&#233;es. Rappelons en quels termes Marx &#233;nonce dans le livre I du Capital, la mani&#232;re dont &#8220; la loi qui met l'homme social &#224; m&#234;me de produire davantage avec moins de labeur, se tourne en milieu capitaliste &#8211; o&#249; ce ne sont pas les moyens de production qui sont au service des travailleurs, mais le travailleur qui est au service des moyens de production &#8211; en loi contraire, c'est-&#224;-dire que plus le travail gagne en ressources et en puissance, plus il y a pression des travailleurs sur leurs moyens d'emploi, plus la condition d'existence du salari&#233;, la vente de sa force de travail, devient pr&#233;caire &#8221; .
Aujourd'hui, Marx &#233;noncerait une &#8220; loi &#8221; (c'est-&#224;-dire un processus macro-social produisant des effets de grande ampleur et qui repose sur les rapports de propri&#233;t&#233; et les finalit&#233;s r&#233;sultant de la mise en valeur du capital) compl&#233;mentaire, relative &#224; la destruction par le capitalisme de l'environnement naturel, des ressources naturelles et de la biosph&#232;re. Le terme compl&#233;mentaire est indispensable, car c'est dans le processus de constitution initiale, c'est-&#224;-dire d'expropriation de leurs conditions de travail ant&#233;rieures, des hommes et des femmes qui formeront le &#8220; prol&#233;tariat &#8221; (ceux qui ne doivent vivre de la vente de leur force de travail), puis de leur exploitation et de leur domination par le capital, que gisent certains des plus importants m&#233;canismes de destruction de cet environnement.
En se pla&#231;ant dans une perspective de gestation longue, ce chapitre va donc porter sur les plus importants m&#233;canismes &#233;conomiques et sociaux qui fondent les tendances longtemps ignor&#233;es du capitalisme &#224; la pr&#233;dation et au parasitisme, et partant &#224; la transformation de forces initialement ou potentiellement productives en forces destructives de l'environnement naturel et de la biosph&#232;re. Bien que ces tendances coexistent avec les tendances &#8220; progressistes &#8221; sur lesquelles l'accent a longtemps surtout &#233;t&#233; mis par la majorit&#233; des commentateurs de Marx, elles caract&#233;risent d&#232;s le d&#233;part les relations que le capitalisme &#233;tablit avec les conditions ext&#233;rieures de production qu'il trouve au moment de son &#233;mergence et dans le cadre desquelles il se meut. La derni&#232;re section cherchera &#224; d&#233;cliner tr&#232;s bri&#232;vement les cons&#233;quences de la centralisation et de la concentration du capital et la formation de certains des oligopoles les plus puissants autour d'activit&#233;s, d'industries et de formes de vie quotidiennes ayant les plus forts effets destructeurs des conditions naturelles de reproduction de la vie.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;2.1 Le long combat du capital pour contr&#244;ler la reproduction du vivant
C'est dans le monde rural, et par la p&#233;n&#233;tration des rapports de production capitalistes dans l'agriculture et l'&#233;levage, qu'il faut commencer. C'est l&#224; que se situe l'un des fondements les plus cruciaux du mode de production et de domination que nous subissons et que se trouve aussi l'origine de l'un des m&#233;canismes les plus permanents d'atteinte aux m&#233;tabolismes sur lesquels la reproduction physique des soci&#233;t&#233; humaines repose. Nous sommes en pr&#233;sence d'un champ o&#249; le capital financier continue aujourd'hui plus f&#233;rocement que jamais sa poursuite simultan&#233;e de profit et de formes renouvel&#233;es de domination sociale. Il prend appui sur un processus qui remonte aux d&#233;buts du capitalisme, mais il a connu des phases de r&#233;pit qui font aujourd'hui figure &#8220; d'age d'or &#8221;. L'&#233;tape actuelle consiste d&#233;sormais pour le capitalisme &#224; passer de l'expropriation de la paysannerie &#224; &#8220; l'expropriation du vivant &#8221; .
L'expropriation des producteurs paysans directs et la soumission de la production agricole et animale au march&#233; et au profit sont des m&#233;canismes qui datent de la formation du capitalisme en Angleterre . On sait le r&#244;le fondamental que joua ici l'expropriation des agriculteurs anglais du 16&#176; au 18&#176; si&#232;cle, notamment au moyen du mouvement cl&#244;ture priv&#233;e des terrains communaux dit des enclosures, d&#233;crit par Thomas More comme un m&#233;canisme social au terme duquel les troupeaux &#8220; mangent les hommes &#8221; (&quot;sheep devouring men&quot;). Marx a plac&#233; le processus d'expropriation de la paysannerie au c&#339;ur des m&#233;canismes de l'accumulation primitive. Mais ce processus n'a jamais cess&#233; et il se poursuit &#224; ce jour. Il n'est pas imputable aux seules politiques du FMI, aussi n&#233;cessaire soit-il de les incriminer. C'est au c&#339;ur des rapports de production et de domination qu'il se situe. Depuis les premi&#232;res colonisations, l'histoire &#233;conomique et sociale des pays du &#8220; Sud &#8221; subordonn&#233;s &#224; l'imp&#233;rialisme est celle, pour ce qui nous concerne ici, de vagues successives d'expropriation des paysans au profit de formes concentr&#233;es d'exploitation de la terre (d&#233;forestations, plantations, &#233;levage extensif, etc.) pour l'exportation vers les pays capitalistes centraux. Lorsqu'on examine la situation des plus grands exportateurs de mati&#232;res de base non-mini&#232;res &#8211; le Br&#233;sil, l'Indon&#233;sie ou les pays du Sud de l'Asie &#8211; on est face &#224; un processus o&#249; les destructions environnementales et &#233;cologiques de plus en plus irr&#233;versibles vont de pair avec les agressions incessantes port&#233;es contre les conditions de vie des producteurs et leurs familles, de sorte qu'il est impossible de dissocier la question sociale de la question &#233;cologique. Les b&#233;n&#233;ficiaires ont toujours &#233;t&#233; les m&#234;mes : les grands groupes de n&#233;goce puis de production agro-alimentaire alli&#233;s dans des configurations multiples et changeantes aux classes dominantes locales et aux oligarchies renti&#232;res ou capitalistes. Les attaques du capital contre la production directe a foment&#233; en permanence la lutte des classes dans les campagnes, d'abord dans les pays capitalistes les plus anciens et au 20&#176; si&#232;cle dans la pays du &#8220; Sud &#8221;. Aujourd'hui la nouveaut&#233; consiste dans une prise de conscience de l'interconnexion entre les destructions &#233;cologiques et les agressions contre les conditions d'existence de producteurs, qui est l'un des traits, en Am&#233;rique latine comme en Asie, des mouvements paysans contemporains (par exemple le mouvement des &#8220; sans terre &#8221; du Br&#233;sil).
L'int&#233;r&#234;t th&#233;orique de l'agriculture est d'illustrer les enjeux de la question de la ma&#238;trise par les producteurs directs de leurs conditions de production. C'est l'une des dimensions de sa tr&#232;s grande importance sociale. Dans l'agriculture, la s&#233;paration ou la perte de ma&#238;trise s'est produite deux fois, dans deux contextes &#233;conomiques, sociaux et techniques distincts. Dans le cas des pays &#224; implantation capitaliste ancienne, ces deux expropriations successives ont eu lieu &#224; des si&#232;cles d'intervalle. La premi&#232;re fois, la s&#233;paration des producteurs directs de leurs conditions de production, s'est confondue avec le mouvement d'expropriation massive de la paysannerie. Dans beaucoup de passages du Capital ou des Grundisse, Marx, tout en explicitant les conditions et les effets humains, la consid&#232;re comme in&#233;vitable et m&#234;me n&#233;cessaire. Le passage &#224; une agriculture moderne prenant appui sur l'agronomie des &#8220; gentlemen farmers &#8221; du 18&#176; et du 19&#176; si&#232;cles et sachant recycler ses d&#233;chets selon les pr&#233;ceptes de la nouvelle chimie du sol, lui para&#238;t un point de passage incontournable dans un d&#233;veloppement social qu'il consid&#232;re encore comme plac&#233; sous le signe du progr&#232;s. Et cela, m&#234;me s'il prend conscience tr&#232;s vite que la soumission de l'agriculture aux rythmes de croissance command&#233;s par l'industrialisation rapide va bouleverser les m&#233;tabolismes naturels et commencer le mouvement de fuite en avant o&#249; &#8220; chaque progr&#232;s de l'art d'accro&#238;tre la fertilit&#233; pour un temps, (est) un progr&#232;s dans la ruine de ses sources durables de fertilit&#233; &#8221; . En Angleterre d'abord, puis avec des temps de retard divers dans presque tous les pays &#224; r&#233;volution d&#233;mocratique bourgeoise et &#224; d&#233;veloppement capitaliste, la premier mouvement d'expropriation est suivie d'une phase plus ou moins longue o&#249; para&#238;t se former un nouvel &#233;quilibre. On semble voir s'&#233;tablir des formes de m&#233;tabolisme entre l'homme et le milieu agricole selon les th&#233;ories de Leibig et se reconstituer une forme nouvelle de ma&#238;trise par les producteurs directs de leurs conditions de production capitalistes sur la base de petite ou moyenne exploitations travaillant pour les march&#233;s locaux et urbains. Seuls les Etats-Unis font sur ce plan, comme dans tant de domaines, exception. Ils sont les premiers &#224; d&#233;truire leurs &#8220; fermiers &#8221; et &#224; mettre en place beaucoup plus t&#244;t que partout ailleurs l'agriculture hautement m&#233;canis&#233;e, &#224; utilisation intense de produits chimiques et &#224; tr&#232;s forte d&#233;pense en &#233;nergie . Cette ma&#238;trise partiellement retrouv&#233;e, sans doute largement en apparence et tout &#224; fait momentan&#233;e, se fait dans le cadre d'exploitations capitalistes de dimension moyenne ou d'exploitations paysannes dont les propri&#233;taires ont b&#233;n&#233;fici&#233; d'une formation agronomique. Nombre d'entre eux ont pu pratiquer une agriculture se rapprochant au moins un peu, du type de celle d&#233;crite id&#233;alement par Jean-Pierre Berlan : &#8220; des innovations r&#233;sultant d'une intelligence collective, associant savoir faire scientifique et savoir faire paysan pour se pr&#234;ter ensuite au partage et sachant convaincre la nature de travailler amicalement pour nous &#8221; . Cette ma&#238;trise retrouv&#233;e est rendue passag&#232;re par le rythme de l'industrialisation et de l'urbanisation et surtout par la n&#233;cessit&#233; absolue, du point de vue de l'accumulation du capital, que les marchandises entrant de fa&#231;on centrale dans le co&#251;t de reproduction de la force de travail soient aussi bon march&#233; que possible. L'augmentation &#224; tout prix de la productivit&#233; agricole a deux effets : elle d&#233;bouche sur ce qui est nomm&#233;e et critiqu&#233;e aujourd'hui tr&#232;s hypocritement comme le &#8220; productivisme &#224; tout crin &#8221; et &#8220; l'agriculture polluante &#8221;. On fait mine &#8220; d'oublier &#8221; que ces maux sont le r&#233;sultat de politiques d&#233;lib&#233;r&#233;es, fortement subventionn&#233;es, qui ont aussi pour effet de livrer l'agriculture &#224; la tr&#232;s grande industrie agro-chimique, lieu de d&#233;veloppement aujourd'hui des biotechnologies. Pas &#224; pas, le cultivateur subit depuis trente ans en Europe (et bien avant aux Etats-Unis) une nouvelle phase d'expropriation. Son point d'ach&#232;vement est la mise en place de l'immense dispositif technologique et institutionnel destin&#233; &#224; en finir avec ce qui a toujours sembl&#233; un processus immuable. Il s'agit de rien de moins que d'interdire aux agriculteurs de semer une partie du grain qu'ils r&#233;coltent, tant par la loi internationale (celle de la protection par l'OMC de la brevetabilit&#233; du vivant) que par une technique de transgen&#232;se &#8211; baptis&#233; par Monsanto du nom explicite et maintenant c&#233;l&#232;bre de Terminator &#8212; qui permet de produire un grain (et bient&#244;t d'autres semences) st&#233;rile qui ne peut pas se resemer. Les enjeux et les cons&#233;quences pr&#233;visibles en cas de succ&#232;s du capital financier sont et seront d'une gravit&#233; incommensurable dans les pays pauvres &#224; forte population paysanne. A moins d'une r&#233;sistance sociale et politique d'une tr&#232;s grande force, le capitalisme sera parvenu au terme de son processus multi-s&#233;culaire d'expropriation des producteurs et de domination par le capital et l'argent du vivant. Il sera pass&#233; de l'expropriation des paysans jusqu'&#224; l'expropriation du droit g&#233;n&#233;ral des &#234;tres humains de reproduire et bient&#244;t de se reproduire, sans utiliser les techniques brevet&#233;es, sans payer un lourd tribut &#224; l'industriel, et derri&#232;re lui &#224; ses actionnaires et aux march&#233;s boursiers .&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;2.2. La rente au c&#339;ur du capitalisme L'examen du processus d'expropriation des paysans des &quot;conditions naturelles de production&quot; (la terre) pr&#233;sente &#233;galement un autre enseignement majeur pour l'&#233;volution de longue p&#233;riode du capitalisme. Il permet le renouvellement d'une &#233;conomie critique radicale qui donne &#224; la th&#233;orie de la rente le plus grand d&#233;veloppement possible et pousse l'analyse de la place faite dans le capitalisme aux rentiers de toutes cat&#233;gories. Du m&#234;me coup, la question de la propri&#233;t&#233; devient incontournable. La propri&#233;t&#233; priv&#233;e du sol et des ressources naturelles agricoles et mini&#232;res qui lui sont li&#233;es, donc la possibilit&#233; qui s'ouvre de percevoir un type de revenu &#8211; la rente &#8211; dont le propre est d'&#234;tre fond&#233;e sur le seul fait de jouir de la propri&#233;t&#233; exclusive des ressources en question, sont n&#233;es avant le capitalisme. Le rapport qui doit &#234;tre qualifi&#233; objectivement, scientifiquement, de parasitaire (m&#234;me si certains objectent que ce mot comporte un jugement de valeur) &#8211; celui que le propri&#233;taire &#233;tablit avec les ressources sur lesquelles il est &#8220; assis &#8221; et avec les hommes qui les mettent en valeur par leur travail &#8211; est &#233;galement bien ant&#233;rieur au capitalisme. Pour s'en tenir &#224; l'histoire occidentale, c'&#233;tait le socle de l'&#233;conomie rurale &#224; l'&#233;poque f&#233;odale. Mais l'&#233;conomie marchande dans sa phase d'expansion mondiale d'abord, et le capitalisme ensuite, ont donn&#233; &#224; la rente un formidable d&#233;veloppement. Il est ais&#233; de comprendre pourquoi. Un syst&#232;me &#233;conomique et un mode de domination sociale qui se fondent sur la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des moyens de production et sur l'argent comme forme de richesse universelle et de puissance sociale, sont naturellement enclins &#224; l&#233;gitimer la propri&#233;t&#233; priv&#233;e sous toutes ses formes. Pass&#233;e une tr&#232;s courte p&#233;riode de conflit entre les capitalistes et les propri&#233;taires fonciers agricoles (conflit largement circonscrit &#224; la France, avec le d&#233;mant&#232;lement de la propri&#233;t&#233; eccl&#233;siastique et l'abolition des droits f&#233;odaux, et &#224; l'Angleterre, avec la stigmatisation de la rente dans la th&#233;orie de l'accumulation de Ricardo et le diff&#233;rent sur les lois taxant l'importation du bl&#233;), le profit a fait la paix avec la rente. La terre agricole a &#233;t&#233; reconnue comme source de rente, de m&#234;me que l'ont &#233;t&#233; les cours et les chutes d'eau exploitables industriellement, les mines de fer, de charbon et de tous les m&#233;taux non ferreux, et aussi plus tard que les gisements de p&#233;trole aussi bien que les terrains &#224; b&#226;tir et le sol urbain. Une large panoplie de m&#233;canismes ont assur&#233; une osmose croissante entre rente et profit. On est vite pass&#233; de la subordination de la rente au profit, &#224; son incorporation dans le profit. De multiples configurations de l'interp&#233;n&#233;tration et de la confusion entre rente et profit apparaissent. Les m&#233;canismes d'interp&#233;n&#233;tration de la rente et du profit ont plus tard &#233;t&#233; consolid&#233;s par la mont&#233;e en puissance de la cat&#233;gorie de ceux que Marx nomme les capitalistes &#8220; passifs &#8221;, b&#233;n&#233;ficiaires d'une rente assise sur la possession d'un capital-argent. Comme on sait, on est en pr&#233;sence d'une forme de capital dont la valorisation repose sur un droit de propri&#233;t&#233; (aujourd'hui surtout mat&#233;rialis&#233; par des actions) ou sur une cr&#233;ance (des titres de la dette publique notamment), dont leurs d&#233;tenteurs attendent qu'ils leur produisent un revenu &#8220; tout aussi naturellement que le poirier porte des poires &#8221; . Marx a analys&#233; les singularit&#233;s des types de revenu d&#233;coulant purement et simplement d'un droit de propri&#233;t&#233;. Il le fait pr&#233;cis&#233;ment dans le cadre de l'analyse de la rente fonci&#232;re post&#233;rieure &#224; l'av&#232;nement du capitalisme. Il la compare aux titres porteurs de la dette publique, et il &#233;crit que comme ceux-ci &quot;Le titre de propri&#233;t&#233; fonci&#232;re n'a rien &#224; voir avec le capital qui est investi. Sa valeur est fond&#233;e sur une anticipation&quot; . Dans un autre texte, il pr&#233;cise le prix &#224; payer pour cette exigence que s'arroge le rentier : &quot;Une anticipation de l'avenir - une v&#233;ritable anticipation ne se produit en g&#233;n&#233;ral dans la production de la richesse que relativement au travailleur et &#224; la terre. Leur avenir &#224; tous deux peut &#234;tre r&#233;ellement anticip&#233; et d&#233;vast&#233; par un surmenage pr&#233;matur&#233; et l'&#233;puisement, par la perturbation de l'&#233;quilibre entre d&#233;penses et rentr&#233;es. Cela se produit pour l'un et pour l'autre dans la production capitaliste&quot; .
Avec le mot &#8220; &#233;puisement &#8221;, Marx nous met en pr&#233;sence d'une notion clef. Le propri&#233;taire d'un titre de propri&#233;t&#233; de terres, de mines, de gisements, mais aussi d'actions et d'obligations, attend que ses rentes tombent. Son seul r&#233;flexe relevant de la &#8220; rationalit&#233; &#233;conomique &#8221; est de faire des &#233;valuations sur le montant et la dur&#233;e des flux rentiers afin de pouvoir les n&#233;gocier sur des march&#233;s sp&#233;cialis&#233;s. Un point c'est tout. La relation est parasitaire de fa&#231;on inh&#233;rente. Les id&#233;es d'entretien, de restitution, de gestion dans la dur&#233;e peuvent s'imposer au propri&#233;taire, ou (cas le plus fr&#233;quent) lui &#234;tre impos&#233;es dans des circonstances politiques et des rapports de force pr&#233;cis. Elles ne lui viennent pas spontan&#233;ment. Le propri&#233;taire d'obligations d'Etat n'a que faire du co&#251;t que ceux sur qui p&#232;sent les imp&#244;ts doivent supporter pour qu'il touche ses int&#233;r&#234;ts, v&#233;ritable tribut perp&#233;tuel. Le d&#233;tenteur d'actions n'a que faire du co&#251;t support&#233; par les salari&#233;s, tant qu'il peut empocher, gr&#226;ce au gouvernement d'entreprise fond&#233; sur &quot;la cr&#233;ation de valeur pour l'actionnaire&quot;, ses dividendes et plus-values dont le montant est directement proportionnel &#224; la baisse du co&#251;t de la force de travail. Et loin de consid&#233;rer que le comportement des rentiers concerne uniquement la sph&#232;re financi&#232;re, Marx nous dit au contraire qu'il est tout &#224; fait pr&#233;sent dans la relation que le capital &#233;tablit avec les travailleurs et avec la terre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La lutte de classes est venue contenir en partie la tendance &#224; l'&#233;puisement des travailleurs, et le progr&#232;s scientifique et technologique a permis en partie de le masquer et d'en repousser certains effets &#224; plus longue &#233;ch&#233;ance pour la terre. Cependant, la victoire emport&#233;e par le capital financier dans le cadre de la mondialisation capitaliste contemporaine issue de la lib&#233;ralisation et de la d&#233;r&#233;glementation et les espaces ouverts par l'effondrement des r&#233;gimes d'&#233;conomie collectiviste ont donn&#233; une formidable impulsion au capitalisme pr&#233;dateur et &#224; l'appropriation renti&#232;re. Les mesures politiques qui visaient &#224; d&#233;velopper les march&#233;s financiers (la &quot;globalisation financi&#232;re&quot;) ont eu pour r&#233;sultat d'&#233;largir consid&#233;rablement la vari&#233;t&#233; des actifs financiers et la diversit&#233; des sph&#232;res de valorisation du capital rentier au prix d'un &#233;puisement acc&#233;l&#233;r&#233; &quot;du travailleur et de la terre&quot; .&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;2.3 &quot;La capitalisation de la nature&quot;
Nous prendrons l'exemple de la transformation des d&#233;vastations de la nature en champs de mise en valeur du capital porteurs de revenus pour les actionnaires. La d&#233;nonciation des d&#233;sastres par les rapports d'experts scientifiques, les associations &#233;cologiques, les mouvements de r&#233;sistance des populations directement concern&#233;es ont conduit les gouvernements et les organisations internationales &#224; se saisir de cette question. Ils l'ont fait avec le souci de permettre &#224; l'accumulation du capital rentier et au mode de consommation fond&#233;s sur la destruction &#233;cologique de se poursuivre. Ainsi, les politiques n&#233;olib&#233;rales ont-elles impuls&#233; &#224; la cr&#233;ation de march&#233;s financiers sp&#233;cialis&#233;s, dont l'objet est d'imposer des droits de propri&#233;t&#233; sur des &#233;l&#233;ments vitaux comme l'air, mais aussi la biosph&#232;re comme telle. Ils doivent cesser d'&#234;tre des &#8220; biens libres &#8221; et devenir des &quot;sph&#232;res de valorisation&quot; fond&#233;es sur la mise en place de droits de propri&#233;t&#233; d'un type nouveau (les &#8220; droits &#224; polluer &#8221;) et de &quot;march&#233;s&quot; ad hoc . Tel est le contenu r&#233;el de la transformation de la nature en &quot;capital naturel&quot; par la th&#233;orie n&#233;oclassique, dont Jean-Marie Harribey a fait une critique serr&#233;e . La nature acquiert le statut d'un 'facteur de production' , elle devient un &quot;capital naturel&quot; dont la combinaison aux autres facteurs, le travail et le capital physique, permet la croissance . Dans ce cadre analytique, l'existence de ce capital repose sur la d&#233;termination d'un taux d'actualisation qui permet de calculer la valeur pr&#233;sente d'une chronique de flux de revenus, de la m&#234;me fa&#231;on que la dette publique devient un capital par actualisation des flux d'int&#233;r&#234;ts.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La &quot;capitalisation de la nature&quot; n'exprime pas seulement sa &#8220; marchandisation &#8221;. Elle cr&#233;e pour les propri&#233;taires de ce capital un nouveau domaine d'accumulation et de valorisation, qui se nourrit de la destruction acc&#233;l&#233;r&#233;e des ressources naturelles et dans le cas des &quot;droits &#224; polluer&quot; , d'atteintes sans doute irr&#233;versibles &#224; la biosph&#232;re. Ses d&#233;fenseurs consid&#232;rent que la privatisation (la &quot;capitalisation de la nature&quot;) est la solution trouv&#233;e pour faire face &#224; la &quot;raret&#233;&quot; des ressources naturelles. Mais on sait qu'&#224; l'inverse, le saccage de la nature par le capital fut longtemps justifi&#233; par l'&#233;conomie politique au motif que comme le pr&#233;tend J.B. Say, &quot;les richesses naturelles dont la nature nous fait gratuitement don n'entrent pas dans le champ de l'&#233;conomie politique&quot; . Cette position est parfois &#233;galement attribu&#233;e (et reproch&#233;e) &#224; Marx, dont la th&#233;orie de la valeur-travail n'attribuerait aucune valeur intrins&#232;que aux ressources naturelles et manifesterait ainsi un d&#233;sint&#233;r&#234;t plus u moins grand pour la nature. Or pour Marx, ce n'est pas l'in&#233;puisabilit&#233; des ressources naturelles qui assure leur gratuit&#233;, comme dans les approches par la valeur-raret&#233;. Car &quot;pour vendre un produit, il suffit simplement qu'il soit monopolisable et ali&#233;nable&quot; , autrement dit que les conditions politiques soient r&#233;unies pour que des droits de propri&#233;t&#233;s soient cr&#233;&#233;s et prot&#233;g&#233;s. Leur &quot;gratuit&#233;&quot; permet au capital d'&quot;&#233;puiser&quot; les ressources naturelles, de la m&#234;me fa&#231;on que le droit de commander la force de travail conduit &#224; l'&#233;puisement de celle-ci . Inversement, l'appropriation par le capital de la nature, de l'environnement n'est &#233;videmment pas une garantie que le capital prendra plus &quot;soin&quot; de ceux-ci . Elle contribue au contraire &#224; une aggravation des destructions de l'environnement et un &#233;puisement des ressources naturelles.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;2.4 La technologie en tant que mode de domination sociale&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'une des dimensions essentielles de la menace que la domination prolong&#233;e du capitalisme fait peser sur l'avenir de la ou des soci&#233;t&#233;(s) humaine(s) tient au fait que l'accumulation s'est incarn&#233;e de fa&#231;on toujours plus fig&#233;e dans des industries et des fili&#232;res et trajectoires technologies d&#233;termin&#233;es. La plupart sinon toutes ont des effets polluants tr&#232;s forts. L'une des expressions majeures de la faiblesse de la pens&#233;e anti-lib&#233;rale critique (ou pr&#233;tendument telle), notamment de celle qui s'int&#233;resse au &#8220; d&#233;veloppement soutenable &#8221;, est d'accepter ces industries et ces technologies comme &#8220; irr&#233;versibles &#8221;, comme les seules possibles. Jean-Marie Harribey conclut son chapitre sur cette notion par le constat suivant, &#8220; dans la mesure o&#249; la tr&#232;s grande majorit&#233; des intervenants sur cette question, acceptent, ou tentent de faire admettre, que tous les pays de la plan&#232;te promeuvent encore en leur sein une croissance &#233;conomique forte et quasiment &#233;ternelle, le concept de d&#233;veloppement durable n'ouvre pas un nouveau paradigme, mais reste fondamentalement &#224; l'int&#233;rieur de celui du d&#233;veloppement (entendu comme synonyme de croissance productiviste, F.C/C.S) &#8221;. Plus pr&#233;cis&#233;ment, dirions-nous, ils cherchent (et ils r&#233;ussissent en l'absence actuelle de toute opposition th&#233;orique ou pratique forte &#224; la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des moyens de production) &#224; faire admettre que les sc&#233;narios de d&#233;veloppement doivent &#234;tre construits &#8211; et ne peuvent que l'&#234;tre &#8211; en prenant comme base des rapports de propri&#233;t&#233; et de production inchang&#233;s (ou alors chang&#233;s dans le sens de la r&#233;introduction de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e comme c'est maintenant le cas pour la Chine) et donc aussi des technologies et des industries largement, sinon compl&#232;tement, identiques &#224; celles qui caract&#233;risent aujourd'hui les pays capitalistes avanc&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Au niveau conceptuel, l'extension internationale du capitalisme se d&#233;finit comme l'extension du rapport de production capitaliste, du rapport entre capital et travail salari&#233;. Mais on ne saurait n&#233;gliger l'incarnation mat&#233;rielle de cette extension, &#224; savoir l'exportation et de l'implantation d'industries pr&#233;cises, notamment celles qui sont devenues centrales &#224; l'accumulation comme l'automobile ou la chimie lourde. Ce sont celles pr&#233;cis&#233;ment, qui sont soit les plus polluantes, soit les plus dangereuses pour la destruction de la biosph&#232;re. Au del&#224; de divergences th&#233;oriques et politiques radicales sur d'autres points, &#224; peu pr&#232;s tous les courants se r&#233;clamant du marxisme ont privil&#233;gi&#233; la dimension de la formation dans les pays coloniaux et semi-coloniaux d'une classe ouvri&#232;re susceptible de diriger le combat anti-imp&#233;rialiste d&#233;bouchant sur le combat pour le socialisme. Mais sur le plan de la th&#233;orie du d&#233;veloppement et du choix des industries et des technologies, les meilleurs th&#233;oriciens comme Charles Bettleheim, ont partag&#233; le paradigme dominant. Notre g&#233;n&#233;ration et celles qui suivent ne peuvent plus faire de m&#234;me.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Face &#224; l'impossibilit&#233; de continuer &#224; passer au second plan les formes mat&#233;rielles concr&#232;tes du d&#233;veloppement (ou m&#234;me &#224; les taire compl&#232;tement), il faut revenir vers Marx. Si l'on accepte de proc&#233;der &#224; une relecture du Capital &#224; la lumi&#232;re des probl&#232;mes contemporains, on y trouvera les fils conducteurs qu'il offre pour mener l'analyse critique du cours exact pris par l'&#233;volution de la technologie et de la science. On comprendra &#224; quel point celles-ci ont &#233;t&#233; fa&#231;onn&#233;es par les objectifs de la domination sociale et du profit, de m&#234;me qu'on saisira que c'est &#224; des m&#233;canismes de s&#233;lection sp&#233;cifiques qu'on doit les industries pr&#233;cises qui ont vert&#233;br&#233; l'accumulation une fois pass&#233;e la premi&#232;re phase d'&#233;mergence du mode de production.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est dans la quatri&#232;me section du livre I du Capital, dans les pages qui pr&#233;parent la transition du chapitre sur la manufacture &#224; celui sur le machinisme et la grande industrie, puis dans les premiers sous-titres de ce chapitre, qu'on trouve tout d'abord deux fils conducteurs d'importance majeure. Le premier th&#232;me est celui du renversement du rapport entre l'ouvrier et l'outil qui fait de celui-ci le subordonn&#233; de la machine, devenue une manifestation de la domination capitaliste compl&#233;mentaire &#224; celle qui a pour sph&#232;re le march&#233; du travail : &#8220; Dans la manufacture et le m&#233;tier, l'ouvrier se sert de son outil ; dans la fabrique, il sert la machine (...) les ouvriers sont incorpor&#233;s &#224; un m&#233;canisme mort qui existe ind&#233;pendamment d'eux &#8221;. Le second fil conducteur est l'id&#233;e de l'int&#233;gration ou de l'absorption de la science par le capital, comme instrument de domination, chaque fois ou d&#232;s que ses applications pratiques sont connues : &#8220; les puissances intellectuelles sont transform&#233;es en pouvoirs du capital sur le travail &#8221; , elles sont appropri&#233;es par le capital au point d'en para&#238;tre un attribut. Ce sera la base de la distinction faite par Marcuse entre d'une part la technique (en tant qu'appareil technique, industriel, de transport et de communication) et d'autre part la technologie (dont la technique n'est qu'une partie) qui constitue un mode de production et de domination . Sous un angle diff&#233;rent, Jacques Ellul, parlera du &#8220; mouvement d'autonomisation de la technique &#8221; ou encore de constitution d'une &#8220; technostructure &#8221; plac&#233;e en surplomb de la soci&#233;t&#233;. Si la technique a pris l'apparence d'une puissance ind&#233;pendante face &#224; la soci&#233;t&#233;, c'est parce qu'elle a d'abord &#233;t&#233; utilis&#233;e &#224; cette fin pour dominer le travailleur sur le lieu de travail et pendant le proc&#232;s de production, parce que pr&#233;alablement &#8220; le moyen de travail a &#233;t&#233; dress&#233; comme automate devant l'ouvrier, pendant le proc&#232;s de travail m&#234;me, sous forme de capital, de travail mort qui domine et qui pompe sa force de travail &#8221; . Le lien avec les questions trait&#233;es par l'&#233;cologie politique est un lien direct : &#8220; L'&#233;conomie de moyens collectifs de travail, activ&#233;e et m&#251;rie comme dans une serre chaude par le syst&#232;me de fabrique, devient entre les mains du capital un syst&#232;me de vols commis sur les conditions vitales de l'ouvrier pendant son travail, sur l'espace, l'air, la lumi&#232;re (...) &#8221; Un mode de production qui a pris l'habitude de tels &quot;vols&quot; d&#232;s sa naissance est peu susceptible de les perdre , surtout lorsque les cycles de valorisation se font dans un contexte d'expansion globale tr&#232;s, tr&#232;s lente et que les groupes doivent satisfaire les app&#233;tits insatiables des actionnaires.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce sont l&#224; quelques pistes de recherche, dont nous esp&#233;rons qu'ils susciteront une reprise des recherches sur les m&#233;canismes d'orientation et de s&#233;lection de la science et de la technologie propres au capitalisme. Ces m&#233;canismes sont bien ant&#233;rieurs &#224; la p&#233;riode ouverte par la seconde guerre mondiale, lorsque les budgets militaires de R-D d'abord, puis les budgets colossaux de R-D des groupes de la chimie, de la pharmacie et de l'&#233;lectronique sont venus en orienter sciemment le cours. Le d&#233;veloppement de la science et de la technologie n'a jamais &#233;t&#233; neutre. Derri&#232;re &#8220; l'autonomie de la recherche &#8221; (que le capital financier ne tol&#232;re d'ailleurs m&#234;me plus aujourd'hui comme mythe), il y a toujours eu de puissants m&#233;canismes objectifs (le financement, les modes de r&#233;compense du succ&#232;s) et subjectifs (l'int&#233;riorisation des valeurs de la soci&#233;t&#233; bourgeoise) qui l'ont orient&#233; selon les ressorts de l'accumulation et subordonn&#233; &#224; la hi&#233;rarchie des objectifs du capitalisme.
Pour l'instant, en traitant bri&#232;vement du &#8220; machinisme &#8221; nous avons seulement abord&#233; la premi&#232;re des deux forces d&#233;sign&#233;es dans L'id&#233;ologie allemande comme appel&#233;es &#224; se transformer en forces destructrices. Il faudrait donc maintenant &#233;galement examiner tout ce qui devrait &#234;tre rang&#233; sous le mot &#8220; l'argent &#8221;. A notre avis, il faut y placer tout ce qui dans la soci&#233;t&#233; bourgeoise cherche &#224; &#233;veiller et constamment nourrir l'individualisme et le sentiment de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e individuelle et cela contradictoirement aux tendances d'une soci&#233;t&#233; qui a socialis&#233; et internationalis&#233; les moyens de production, de communication et d'&#233;change &#224; un degr&#233; inou&#239; (il suffit de penser &#224; l'Internet). Cela impliquerait notamment d'examiner la r&#244;le &#8220; symbolique &#8221;, c'est-&#224;-dire social, de la voiture individuelle et la place de l'automobile &#224; la fois comme l'un des principaux champs de l'accumulation et l'un des pivots du processus de centralisation et d'oligopolisation du capital, mais aussi de domination sociale de la bourgeoisie. Il nous semble en effet difficile de consid&#233;rer le f&#233;tichisme de l'automobile autrement que comme l'un des compl&#233;ments, l'une des particularisations les plus r&#233;pandues du f&#233;tichisme de l'argent et de la propri&#233;t&#233; individuelle, un symbole de la domination id&#233;ologique et politique p&#233;renne &#224; laquelle la bourgeoisie aspire.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Aujourd'hui &#8220; l'horizon ind&#233;passable du capitalisme &#8221; a comme corollaire &#8220; l'horizon ind&#233;passable de la &#8216;civilisation' de l'automobile &#8221;. Selon certains calculs, en g&#233;n&#233;ralisant &#224; l'ensemble de la population mondiale la consommation moyenne d'&#233;nergie des Etats-Unis, les r&#233;serves connues de p&#233;trole seraient &#233;puis&#233;es en dix neuf jours. L'ensemble de la population mondiale n'est pas le &quot;march&#233;&quot; vis&#233; par les groupes industriels et financiers des pays de la Triade. En revanche, substituer l'automobile aux transports publics et au v&#233;lo pour une fraction m&#234;me petite (dix pour cent) du milliard cent millions d'habitants de la Chine, est bien, avec l'assentiment de la bureaucratie chinoise et des capitalistes locaux, le but des grands groupes de l'automobile et du p&#233;trole. Atteindre cet objectif leur assurerait peut-&#234;tre une d&#233;cennie de &#8220; croissance &#8221;, et donc &#224; leurs actionnaires pendant la m&#234;me p&#233;riode un flux correspondant de dividendes et de plus-values boursi&#232;res. Ce qui pourrait &#224; son tour fortement aider les march&#233;s boursiers de Wall Street, de Tokyo et d'Europe o&#249; ces groupes sont les piliers de la liquidit&#233;, &#224; b&#233;n&#233;ficier de quelques ann&#233;es de plus de stabilit&#233; haussi&#232;re relative.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nous sommes donc confront&#233;s &#224; l'existence et aux agissements offensifs et d&#233;fensifs d'un tr&#232;s puissant &#8220; bloc d'int&#233;r&#234;t &#8221; de groupes industriels &#224; forte intensit&#233; polluante. Sa constitution est le r&#233;sultat des m&#233;canismes de centralisation et de concentration du capital qui ont donn&#233; naissance &#224; la formation de certains des oligopoles mondiaux les plus puissants autour d'industries comme l'automobile et le p&#233;trole, avec pour ce dernier un int&#233;r&#234;t strat&#233;gique et militaire &#233;vident et tr&#232;s actuel pour les pays imp&#233;rialistes et europ&#233;ens. L'existence de ces oligopoles d&#233;pend m&#234;me de la p&#233;rennit&#233; des modes de vie quotidiens (l'automobile et les choix urbains aff&#233;rents, etc.) ayant les plus forts effets destructeurs des conditions g&#233;n&#233;rales de la reproduction de la vie. C'est uniquement cet &#8220; American way of life &#8221; dont la d&#233;fense et la reproduction importent &#224; Georges W. Bush, quelles qu'en soient les cons&#233;quences pour les soci&#233;t&#233;s qui vont &#234;tre expos&#233;es les premi&#232;res et les plus gravement aux cons&#233;quences du changement climatique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;3. Crise de la civilisation humaine ou crise du capital ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est dans les fondements des rapports de propri&#233;t&#233; et de domination capitalistes que se situent donc les origines de son rapport aux ressources naturelles et &#224; la biosph&#232;re. S'il d&#233;truit ou s'il endommage gravement l'environnement naturel, il ne s'ensuit pas que le capital mette en p&#233;ril pour autant ses propres conditions de reproduction et de fonctionnement. Selon notre compr&#233;hension, par ces destructions de plus en plus graves et dans certains cas irr&#233;versibles, le capital met en p&#233;ril les conditions de reproduction, et jusqu'&#224; l'existence m&#234;me de certaines peuples et de certains territoires. Mais il ne met pas directement en p&#233;ril les conditions de sa domination. Nous n'adh&#233;rons pas &#224; la th&#232;se dite de la &#8220; seconde contradiction &#8221; pour un ensemble de raisons, au c&#339;ur desquelles se trouve notre interpr&#233;tation du lieu pr&#233;cis o&#249; se situent les seules contradictions qui affectent v&#233;ritablement le capital. Pour ce qui est des conditions &#8220; ext&#233;rieures &#8221;, &#8220; environnementales &#8221; de son fonctionnement, le capital, ainsi que les Etats qui &#233;tayent sa domination et les classes sociales qui ont partie li&#233;e avec lui, ont les moyens aussi bien de faire supporter les cons&#233;quences de cette destruction aux classes, peuples et Etats les plus faibles, que de transformer la &#8220; gestion des ressources devenues rares &#8221; et la &#8220; r&#233;paration des d&#233;gradations &#8221; en champs d'accumulation (en &#8220; march&#233;s &#8221;) subordonn&#233;s ou subsidiaires.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;3.1 Un mode de domination sociale rentier&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est dans sa soif d'appropriation de la plus value, dans les m&#233;canismes qu'il emploie pour tenter de la satisfaire et dans les impasses auxquelles tant ce besoin que les moyens employ&#233;s pour l'atteindre le conduisent, que gisent les contradictions qui font que &#8220; la v&#233;ritable barri&#232;re de la production capitaliste, c'est le capital lui-m&#234;me &#8221;. La lib&#233;ralisation, la d&#233;r&#233;glementation et la privatisation entreprises &#224; partir de 1978-79, ainsi que les formes pr&#233;cises de la &#8220; mondialisation du capital &#8221; qu'elles ont engendr&#233;es, doivent &#234;tre consid&#233;r&#233;es comme la mani&#232;re contemporaine la derni&#232;re en date, dont s'est de nouveau exprim&#233;e la position de Marx, selon laquelle &#8220; la production capitaliste tend sans cesse &#224; d&#233;passer ces limites qui lui sont immanentes, mais elle n'y parvient qu'en employant les moyens, qui de nouveau, et &#224; une &#233;chelle plus imposante, dressent devant elle les m&#234;mes barri&#232;res &#8221; . La cha&#238;ne de contradictions qui dessinent le parcours de la fuite en avant du capital peut &#234;tre pr&#233;sent&#233;e ainsi. Vers 1970, le capital s'est trouv&#233; confront&#233; &#224; une crise dont le fond &#233;tait (et reste) une insuffisance de plus value, moins en raison d'un taux trop bas que d'une insuffisance de la masse produite en raison d'un rythme trop faible de l'accumulation, &#224; l'exception de l'Asie du Sud-Est et de la Chine. La mondialisation du capital, ensemble avec les technologies de l'information et de la communication lui ont ouvert la voie vers une hausse tr&#232;s forte du taux d'exploitation de la force de travail. Les augmentations de la productivit&#233; et de l'intensit&#233; du travail, moyens &quot;classiques&quot; d'atteindre cet objectif, ont entra&#238;n&#233; une baisse significative du co&#251;t de reproduction de la force de travail, ce qui indique que la valeur de la force de travail a pour une large part une dimension &quot;historique et morale&quot;, et qu'il n'y a pas de limites &#224; l'app&#233;tit du capital. La mise en comp&#233;tition au plan mondial d'une arm&#233;e de r&#233;serve de centaines de millions d'hommes et de femmes, facilite grandement la mise en ouvre de mesures allant dans ce sens. Ce qui se passe donne une acuit&#233; singuli&#232;re &#224; ces remarques d'Engels ajout&#233;es lors de la troisi&#232;me &#233;dition du Capital : &quot;De nos jours [..] gr&#226;ce &#224; la concurrence cosmopolite dans laquelle le d&#233;veloppement de la production capitaliste a jet&#233; les travailleurs du globe[,] il ne s'agit pas seulement de r&#233;duire les salaires anglais au niveau de ceux de l'Europe continentale, mais de faire descendre, dans un avenir plus ou moins prochain, le niveau europ&#233;en au niveau chinois&quot; . Le prol&#233;tariat et les opprim&#233;s des pays arri&#233;r&#233;s du &#8220; Sud &#8221;, sont incapables d'offrir sur ce plan de r&#233;elle r&#233;sistance, compte tenu du caract&#232;re s&#233;lectif et limit&#233; des besoins du capital. La population peut &#234;tre laiss&#233;e aux &quot;lois naturelles&quot;, o&#249; la survie et la reproduction elle-m&#234;me sont menac&#233;es. Pour l'instant, il en va un peu diff&#233;remment dans les pays avanc&#233;s, o&#249; l'attaque contre les salari&#233;s est pass&#233;e par la r&#233;duction des d&#233;penses publiques affect&#233;es &#224; la reproduction du salariat, et par l'investissement par le capital des segments d'activit&#233;s de sant&#233; et de formation qui sont susceptibles de valorisation. Le but de l'Accord g&#233;n&#233;ral sur le commerce des services (l'AGCS) &#224; l'OMC est de faire franchir &#224; ce processus un saut qualitatif. Et pourtant le capital voit d&#233;j&#224; les m&#234;mes &#8220; barri&#232;res &#8221; se dresser de nouveau devant lui. Il ne produit toujours pas assez de plus-value. Le capital ne peut tirer qu'un parti limit&#233; de la hausse du taux d'exploitation, parce qu'il ne peut employer au plan mondial qu'une faible fraction de la force de travail qui se pr&#233;sente sur le march&#233; du travail. En sorte que la masse de plus-value cr&#233;&#233;e ne s'est pas accrue (elle le fait sans doute m&#234;me de moins en moins) dans les m&#234;mes proportions que le taux de plus value parce que le rythme de l'accumulation est trop faible. Cette situation nouvelle peut s'expliquer ainsi. La lib&#233;ralisation, la d&#233;r&#233;glementation et la mondialisation du capital ont servi de tremplin &#224; sa &#8220; financiarisation &#8221; . On a assist&#233; &#224; une mont&#233;e sans pr&#233;c&#233;dent dans l'histoire du capitalisme, du pouvoir et du nombre des d&#233;tenteurs de titres de propri&#233;t&#233; et de cr&#233;ances, c'est-&#224;-dire de propri&#233;taires de droits sur la plus-value et qui en exigent son accroissement. Cette mont&#233;e se mesure par le nombre des foyers d'accumulation financi&#232;re, leur richesse en niveau nominal de capitalisation et leur force en termes de levier de pouvoir &#233;conomique et politique . La bourgeoisie financi&#232;re et les couches sociales qu'elle associe &#224; ce mode de r&#233;mun&#233;ration, disposent de puissants moyens d'appropriation de la plus-value. En raison du poids social et politique de ces classes, ces effets de ponction ont pris, depuis deux d&#233;cennies, une grande ampleur . Or, du point de vue de la reproduction d'ensemble du capital, la consommation des classes dominantes vient en d&#233;duction de la plus-value destin&#233;e &#224; &#234;tre accumul&#233;e. On ne saurait donc attribuer &#224; cette consommation le pouvoir d'&#233;lever le niveau du taux d'accumulation - &#224; moins de se placer dans une interpr&#233;tation &quot;sous-consommationniste&quot; des crises selon laquelle la consommation insuffisante des salari&#233;s pourrait &#234;tre compens&#233;e par celle d'autres classes - ce qui permettrait au capitalisme de conna&#238;tre une phase d'expansion durable.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ainsi, la nouvelle configuration du partage de la plus value entre revenus financiers et profit r&#233;investi dans la production (l'accumulation au sens de reproduction &#233;largie) produit-elle un &#233;cart important - qui s'apparente &#224; un &quot;effet de ciseaux&quot; - entre le taux d'accumulation qui permettrait de tirer tout le parti possible de la hausse du taux d'exploitation d'une part, et la part de plus value qui doit &#234;tre distribu&#233;e pour satisfaire les exigences des d&#233;tenteurs de titres de propri&#233;t&#233; et de cr&#233;ances d'autre part. Rappelons que Marx, tout en montrant que la bourgeoisie avait &#233;t&#233; une classe &quot;progressive&quot; face aux autres classes dominantes, concluait que cette classe &#233;tait en passe d'int&#233;grer et d'assimiler tr&#232;s vite des &#233;l&#233;ments du comportement social des classes propri&#233;taires ant&#233;rieures que ses &#233;conomistes stigmatisaient comme des classes parasitaires. Pour Marx, ce comportement &#233;tait indissociable de la voie catastrophique pour les salari&#233;s &#224; laquelle menaient la domination de la bourgeoisie et les lois du capital : &quot;Apr&#232;s moi le d&#233;luge ! telle est la devise de tout capitaliste et de toute nation capitaliste. Le capital ne s'inqui&#232;te donc point de la sant&#233; et de la dur&#233;e de vie du travailleur, s'il n'y est pas contraint par la soci&#233;t&#233; &#8221; . Cette &quot;contrainte&quot; a permis pendant une p&#233;riode la r&#233;glementation de l'exploitation. Une l&#233;gislation du travail principalement limit&#233;e aux pays dominants et aujourd'hui en train d'&#234;tre d&#233;mantel&#233;e, a &#233;t&#233; introduite sous l'effet d'immenses luttes sociales, mais aussi de rapports politiques entre les classes rendus momentan&#233;ment favorables au travailleurs par les d&#233;chirements des bourgeoisies entre elles .
Il faut aujourd'hui pleinement appr&#233;cier l'interaction entre l'attitude de la bourgeoisie financi&#232;re et la trajectoire du capitalisme de ces vingt derni&#232;res ann&#233;es. La transformation de la destruction de la nature en &quot;champ d'accumulation&quot; pour les propri&#233;taires du capital, la qu&#234;te de contr&#244;le des processus du vivant par le capital sont les produits d&#233;lib&#233;r&#233;s de d&#233;cisions politiques. Elles sont en m&#234;me temps &#8211; dans la configuration particuli&#232;re des forces sociales marqu&#233;e par la domination du capital financier &#8211; le rem&#232;de trouv&#233; aux contradictions du mode de production fond&#233; sur la domination du capital. Cette situation indique qu'il faut plus que jamais distinguer, d'une part l'extension de la domination du capital et des rapports de propri&#233;t&#233; sur lesquels il est fond&#233; &#8211; soit au sens strict, l'extension de l'espace de la reproduction des rapports sociaux &#8211; et d'autre part, une augmentation v&#233;ritable de l'accumulation du capital, c'est-&#224;-dire une reproduction &#233;largie de la valeur cr&#233;&#233;e. La p&#233;riode de mondialisation du capital permet de comprendre que ces deux processus sont distincts. Elle manifeste en effet la supr&#233;matie d'un mode de domination sociale, mais dans un contexte o&#249; les formes d'appropriation de la valeur par la rente ou de pure pr&#233;dation gr&#226;ce &#224; une extension des rapports de propri&#233;t&#233; (territoriale mais aussi sur la nature, l'air, etc.) l'emportent sur celles de sa cr&#233;ation massive. Il est m&#234;me probable que dans certaines r&#233;gions du monde, on assiste &#224; une contraction de la reproduction. Les crises &#233;conomiques, les guerres, l'&#233;l&#233;vation &#224; un degr&#233; inou&#239; du militarisme, dont Rosa Luxembourg montrait au d&#233;but du vingti&#232;me si&#232;cle qu'elle &#233;tait un &quot;champ d'accumulation pour le capital&quot;, dans les pays vainqueurs de la seconde guerre mondiale, indiquent la fa&#231;on dont le capitalisme du vingti&#232;me si&#232;cle (l'imp&#233;rialisme) a provisoirement surmont&#233; ses contradictions, ses &quot;propres barri&#232;res&quot; . Elles se sont &#224; nouveau dress&#233;es &#224; la fin des ann&#233;es soixante. Ce sont elles que le capitalisme va chercher &#224; surmonter &#224; la fois par l'accentuation de ses agressions contre les travailleurs et par une exploitation toujours plus forcen&#233;e de ses conditions ext&#233;rieures environnementales.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;3.2 La th&#232;se de la seconde contradiction et ses sources th&#233;oriques&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le point de vue que les questions &#233;cologiques ne peuvent &#234;tre analys&#233;es hors des rapports de propri&#233;t&#233;, de production et de pouvoir dominants est partag&#233;, au moins en partie, par ceux qui s'auto-intitulent &quot;&#233;comarxistes&quot; . Ici la contribution la plus significative est celle de James O'Connor et a comme cadre la th&#233;orie des crises. Il ne consid&#232;re pas que l'analyse marxiste traditionnelle des crises soit obsol&#232;te, mais qu'il faut l'enrichir. La &quot;premi&#232;re contradiction&quot; du capitalisme se situe, selon lui, au niveau de la surproduction de marchandises et suraccumulation de capital, c'est celle-ci qui aurait accapar&#233; l'attention de Marx. Aujourd'hui, le capitalisme serait confront&#233; selon lui, &#224; une &quot;seconde contradiction&quot; qui se situerait au niveau des &quot;conditions g&#233;n&#233;rales de production&quot;, dont O'Connor fait selon sa propre expression, une &quot;reconstruction&quot; &#224; partir des &#233;crits de Marx. La d&#233;finition qu'il en donne est que ces conditions de production, indispensables &#224; l'accumulation, ne &quot;sont pas produites comme marchandises selon la loi de la valeur ou les lois du march&#233;, mais sont trait&#233;es par le capital comme si elles &#233;taient des marchandises&quot; . Elles incluent les moyens de communication et infrastructures, les conditions personnelles de production du travailleur, les conditions physiques externes (environnement). Les conditions de production sont le lieu de la &#8220; seconde contradiction &#8221; : &quot;les co&#251;ts du travail, de la nature, des infrastructures et de l'espace augmentent de fa&#231;on significative, mettant en &#233;vidence une seconde contradiction, une crise &#233;conomique venant du c&#244;t&#233; de l'offre&quot; . Ces co&#251;ts augmentent pour deux raisons. D'abord, lorsque le capital, afin de maintenir ou d'augmenter ses profits, refuse les d&#233;penses n&#233;cessaires &#224; l'entretien des infrastructures n&#233;cessaires &#224; la production. Leur d&#233;gradation in&#233;vitable finit par rench&#233;rir les co&#251;ts de remise en &#233;tat. Ensuite, lorsque le mouvement social exige le maintien de ses conditions de vie, la protection de l'environnement, etc. Ceci finit par cr&#233;er une crise de l'offre alors que la premi&#232;re contradiction, celle qui est analys&#233;e par Marx est fond&#233;e sur une crise de la demande.
Les positions de James O'Connor expriment une volont&#233; appr&#233;ciable d'int&#233;gration des questions environnementales dans l'analyse marxiste. Elles sont cependant critiquables. Nous concentrerons nos remarques sur ce qu'il appelle &quot;les conditions de production&quot; . Sa d&#233;finition est assez proche de celle que Polanyi, auquel il se r&#233;f&#232;re explicitement, donne des &quot;marchandises fictives&quot; (le travail, la terre, la monnaie) . Or, Polanyi construit sa cat&#233;gorie de marchandises fictives parce qu'il r&#233;duit le capitalisme &#224; sa seule dimension de march&#233; auto-r&#233;gulateur, ce qui est implicitement une r&#233;futation de th&#233;orie de la valeur-travail. Il est conduit de ce fait &#224; voir dans l'Etat un instrument de protection et de r&#233;gulation de la soci&#233;t&#233; , en passant sous silence son r&#244;le central dans le maintien de la domination de rapports de propri&#233;t&#233; marchands capitalistes et dans la mise en &#339;uvre de politique de destruction de la force de travail.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nous pensons au contraire, dans une perspective marxiste que dans le cadre du capitalisme, la force de travail est la marchandise par excellence, puisqu'elle est la seule qui produise plus de valeur qu'elle ne co&#251;te. L'objectif des capitalistes a toujours &#233;t&#233; de r&#233;duire son prix, possibilit&#233; qui a &#233;t&#233; d&#233;cupl&#233;e avec la mondialisation du capital et les politiques n&#233;olib&#233;rales. La d&#233;gradation des conditions de sant&#233; des salari&#233;s justement soulign&#233;e par O'Connor ne refl&#232;te pas une contradiction. Elle r&#233;sulte de la libert&#233; retrouv&#233;e du capital d'exploiter une arm&#233;e industrielle de r&#233;serve mondiale qui conduit le capital &#224; chercher &#224; surmonter ce qu'il consid&#232;re maintenant comme une contrainte insupportable . Il est vrai que dans certaines circonstances, d&#233;j&#224; mentionn&#233;es par Marx (les &quot;&#233;pid&#233;mies qui d&#233;coulent de la surexploitation&quot;), &quot;une r&#233;action de la soci&#233;t&#233; contre elle-m&#234;me&quot; prend la forme de droits sociaux qui limitent le droit &#224; l'exploitation de la main-d'&#339;uvre et en &#233;l&#232;ve le co&#251;t. Mais cette r&#233;action est essentiellement celle des ouvriers eux-m&#234;mes. R&#233;p&#233;tons que les forces compulsives du capital ne vont pas dans ce sens. La fa&#231;on dont le capital adoss&#233; aux politiques n&#233;olib&#233;rales a pu d&#233;faire, en moins de deux d&#233;cennies, des droits et acquis par des d&#233;cennies de combats des salari&#233;s, montre &#224; quel point la diminution du co&#251;t de la force de travail demeure l'objectif central et n'a aucune limite &quot;naturelle&quot; .&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Quant aux moyens de communication, aux infrastructures que Marx d&#233;signe sous le terme de capital fixe immobilis&#233;, ils pr&#233;sentent certes des singularit&#233;s importantes du point de vue de l'accumulation. C'est un type de capital particulier qui r&#233;pond &#224; des exigences et des contraintes diff&#233;rentes des autres types de capitaux. Un degr&#233; de concentration &#233;lev&#233; du capital est n&#233;cessaire et celui-ci doit &#234;tre syst&#233;matiquement avanc&#233; par &#233;missions d'actions et cr&#233;dit (Engels), le retour sur investissement y est plus faible et lent. Si on y ajoute un usage mixte, puisque les moyens de transport et de communication servent &#224; la fois de moyens de production, mais aussi de consommation par les m&#233;nages, il peut se faire que le capital ne g&#232;re pas directement Si on y ajoute un usage mixte, puisque les moyens de transport et de communication servent &#224; la fois de moyens de production, mais aussi de consommation par les m&#233;nages, il peut se faire que le capital ne g&#232;re pas directement les moyens de transport et que ceux-ci soient pris en charge par l'Etat. Mais tout ceci n'a rien &#224; voir avec une marchandise &quot;fictive&quot;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Au total, la situation faite &#224; la force de travail, comme au conditions ext&#233;rieures de production (la &#8220; nature &#8221;) ne traduit pas un statut de marchandises fictives, mais au contraire de marchandises dont le co&#251;t doit &#234;tre abaiss&#233; sans &#233;gard pour leur reproduction. Elle nous confronte au mouvement antagonique d'un mode de production o&#249; le d&#233;veloppement des forces productives a pour corollaire un processus parall&#232;le de destruction. Dans le capitalisme, l'un des fondements de l'accumulation et de la valorisation du capital consiste &#224; r&#233;duire les &#8220; faux frais &#8221;, &#224; les &#8220; externaliser &#8221;, c'est-&#224;-dire &#224; faire prendre en charge par d'autres ce qu'il ne reconna&#238;t que comme des &#8220; co&#251;ts &#8221;. L'anarchie du mode de production capitaliste ne se manifeste pas seulement dans les crises, qui sont les moments paroxystiques de ce processus. Elle se manifeste en permanence dans le gaspillage des forces productives, dont le capital essaie de d&#233;charger la responsabilit&#233; et le co&#251;t sur la soci&#233;t&#233;. Dans ce cadre, la &#8220; crise &#233;cologique &#8221; est la manifestation de la destruction des forces productives, dont les ressources naturelles, pour les besoins de l'accumulation et dans un contexte aggrav&#233; aujourd'hui par la domination du capital financier. L'exploitation de l'homme et de la nature jusqu'&#224; &#233;puisement ne refl&#232;te pas une contradiction du capitalisme, mais l'antagonisme profond entre celui-ci et les besoins de l'humanit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;4. Le sort des pays du &quot;sud&quot; &#224; l'&#232;re de la mondialisation du capital&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'attitude des pays capitalistes d&#233;velopp&#233;s vis-&#224;-vis des pays anciennement coloniaux ou n&#233;o-coloniaux, apporte la preuve du fait qu'on est bien au c&#339;ur d'un antagonisme majeur, indissociable de la domination sociale du capital, celui d&#233;j&#224; analys&#233; par les th&#233;oriciens de l'imp&#233;rialisme. Aujourd'hui, la mondialisation du capital conjugue ses cons&#233;quences aux effets cumulatifs produits par l'&#233;volution de long terme du capitalisme. Les menaces contre les conditions physiques de reproduction de la vie atteignent dans de nombreux pays, voire des r&#233;gions enti&#232;res, une dimension bien plus tragique qu'au d&#233;but du vingti&#232;me si&#232;cle, lors de la premi&#232;re phase de l'imp&#233;rialisme.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;4.1 Un fardeau moins lourd gr&#226;ce aux &quot;lois naturelles&quot;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On ne peut comprendre l'impasse dans laquelle les pays du &quot;Sud&quot; se trouvent aujourd'hui sans les inscrire dans la longue histoire de la domination imp&#233;rialiste. Dans le cadre de la division internationale du travail, ces pays, colonis&#233;s ou non, ont servi de fournisseur de ressources naturelles pour les groupes industriels des &#8220; m&#233;tropoles &#8221;. La conqu&#234;te de nouveaux march&#233;s et la mise au travail d'une main-d'&#339;uvre surexploit&#233;e, utilis&#233;e sur place ou import&#233;e furent &#233;galement des moteurs de l'expansion imp&#233;rialiste du dix-neuvi&#232;me et d&#233;but du vingti&#232;me si&#232;cle. Le mouvement d'ind&#233;pendance politique qui a fait suite &#224; la seconde guerre mondiale et aux luttes anticolonialistes n'a pas fondamentalement alt&#233;r&#233; les rapports de domination impos&#233;s &#224; la plupart des pays anciennement coloniaux.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cependant, les ann&#233;es quatre-vingts ont marqu&#233; un changement qualitatif dans la situation de la plupart des pays du &quot;Sud&quot;. Le d&#233;ploiement des groupes multinationaux, le contr&#244;le qu'ils exercent sur les flux de capitaux et de marchandises, la base oligopolistique sur laquelle leurs strat&#233;gies reposent et le soutien dont ils ont b&#233;n&#233;fici&#233; de la part de &quot;leurs&quot; Etats au sein des organisations internationales, ont r&#233;duit &#224; n&#233;ant les espoirs &quot;d&#233;velopementalistes&quot; des ann&#233;es cinquante et soixante. Les m&#233;canismes &#233;conomiques institutionnalis&#233;s mis en place par le capital financier s'identifient de plus en plus &#224; des purs et simples processus de pr&#233;dation qui d&#233;truisent les conditions de reproduction des populations ouvri&#232;res, paysannes et de toutes celles qui n'ont m&#234;me plus ce statut. Pour tous les pays, la dette constitue un tribut perp&#233;tuel qu'ils ne peuvent continuer &#224; acquitter qu'au prix de la destruction des populations et du pillage des ressources naturelles. La d&#233;localisation des activit&#233;s industrielles des groupes multinationaux ne concerne qu'une minorit&#233; de pays, ceux qui combinent de faibles co&#251;ts salariaux et une main-d'&#339;uvre souvent qualifi&#233;e, et si possible une demande int&#233;rieure d'une dimension importante. Dans la plupart des autres pays, l'exploitation des ressources naturelles reste l'objectif majeur du capital, s'accompagnant aujourd'hui d'une appropriation des processus du vivant par les groupes financiers de la chimie et de la pharmacie.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le sort assign&#233; aujourd'hui &#224; de nombreux pays domin&#233;s, &#224; commencer par ceux d'Afrique est parfois compar&#233; &#224; celui qui &#233;tait le leur au cours de la phase de domination de l'imp&#233;rialisme au d&#233;but du vingti&#232;mes si&#232;cle, lorsque les pays de la m&#233;tropole cherchaient &#224; prot&#233;ger leurs colonies et mettaient en place leur mode de domination politique (quoique sous des formes diff&#233;rentes dans l'empire fran&#231;ais et le Commonwealth) . Pourtant, la situation est aujourd'hui diff&#233;rente. Les politiques du FMI et de la Banque mondiale, puis les mesures prises dans le cadre de l'OMC n'ont pas seulement confort&#233; les exigences du capital financier, elles ont contribu&#233; &#224; la d&#233;composition politique et l'explosion sociale de nombreux pays coloniaux ou semi-coloniaux devenus ind&#233;pendants. Les d&#233;penses publiques indispensables aux populations (sant&#233;, &#233;ducation) ou &#224; la simple continuit&#233; de l'activit&#233; &#233;conomique (infrastructures) ont &#233;t&#233; massivement r&#233;duites. Ces politiques contribuent &#224; la multiplication des disettes, des famines et des maladies qui exterminent les populations. En Afrique, le continent le plus frapp&#233;, les guerres sont &#224; la fois un produit et une composante de la mondialisation du capital . Pour peu qu'on le consid&#232;re comme un ensemble fonctionnant &#224; l'&#233;chelle mondiale, le mode de reproduction du capital n'a que des exigences tr&#232;s s&#233;lectives vis-&#224;-vis d'une partie importante des pays du sud . La &quot;loi de Malthus&quot; qui pr&#233;conisait de tenir la population &#224; la lisi&#232;re de la disette pour &#233;viter une croissance d&#233;mographique excessive, est aujourd'hui &#224; l'&#339;uvre par la faim, la maladie, les guerres .&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;4.2 Bio-piraterie et pollutions pour les pays domin&#233;s&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est seulement dans le cadre de la mondialisation du capital qu'on peut analyser l'ampleur des d&#233;sastres &#233;cologiques subis par les pays du Sud. C'est aussi d'abord dans ces pays qu'on peut comprendre que la destruction de toute forme de r&#233;sistance politique des populations est la condition pour que le pillage des ressources naturelles s'amplifie. Telle est une des fonctions remplies par les programmes des organisations &#233;conomiques internationales. Car derri&#232;re l'hypocrisie de la compassion avec les populations du Sud, les rapports de ces organisations enfoncent le clou : la solution r&#233;side dans la poursuite des politiques n&#233;o-lib&#233;rales au profit des groupes financiers multinationaux et la privatisation des services publics et des infrastructures de base est &#233;rig&#233;e en objectif prioritaire. Cette conjonction de la remise en cause des conditions d'existence des populations et de la destruction de la nature, flagrante dans les pays domin&#233;s, devient corr&#233;lation et m&#234;me causalit&#233; dans l'interpr&#233;tation n&#233;olib&#233;rale : les populations sont trop pauvres pour s'int&#233;resser &#224; l'environnement. &quot;Trop pauvres pour &#234;tre verts&quot; , selon l'expression de J. Martinez-Alier .
Du point de vue environnemental, un des r&#244;les assign&#233;s aux pays du tiers-monde est celui de r&#233;serves de d&#233;chets. Les promoteurs des politiques n&#233;o-lib&#233;rales l'ont non seulement reconnu, mais ont cherch&#233; &#224; le th&#233;oriser. Dans un rapport qui fit &#224; l'&#233;poque l'objet de &quot;fuites&quot; , L. Summers, &#233;conomiste &#224; la Banque mondiale &#233;crivait : &quot;la mesure du co&#251;t n&#233;cessaire pour faire face aux cons&#233;quences de la pollution sur la sant&#233; d&#233;pend de l'ampleur de la r&#233;duction des co&#251;ts induits par une mortalit&#233; et une morbidit&#233; accrues. De ce point de vue, le la pollution dommageable pour la sant&#233; devrait &#234;tre dans les pays o&#249; ces co&#251;ts sont les moins &#233;lev&#233;s, qui sont donc les pays avec les co&#251;ts salariaux les plus faibles &quot; . Interpr&#234;tation libre de la th&#233;orie des avantages comparatifs ricardiens, cette analyse sert en fait de support aux politiques qui sont mises en &#339;uvre &#224; l'&#233;chelle internationale. Les accords de Kyoto (1997) sur la r&#233;duction de l'effet de serre, dont l'objectif &#233;tait tr&#232;s modeste (r&#233;duction de 6-8% des &#233;missions de CO2 entre 2008 et 2010 du niveau atteint en 1990) ont inscrit une option pour les pays &#233;metteurs qui leur permet d'acheter des &quot;droits &#224; polluer&quot; . Ce cadre analytique et ces accords servent &#233;galement &#224; justifier la d&#233;localisation des activit&#233;s polluantes des groupes multinationaux vers les pays du sud.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nous avons soulign&#233;, plus haut dans ce texte, que l'offensive du capital en direction de l'&quot;expropriation du vivant&quot; marque le terme d'un processus de domination et d'expropriation pluri-s&#233;culaire. Sans la remise en cause des rapports sociaux qui fondent cette expropriation, l'exigence de d&#233;nonciation des d&#233;sastres &#233;cologiques provoqu&#233;s par la voracit&#233; du &quot;complexe g&#233;n&#233;tico-industriel&quot; selon l'expression de J-P. Berlan et R.C. Lewontin, risque fort d'&#234;tre d&#233;voy&#233;e et des illusions &#234;tre sem&#233;es sur la nature des n&#233;gociations et r&#233;solutions internationales. Ainsi la Convention de Rio (1992) est parfois pr&#233;sent&#233;e comme une &#233;tape importante dans la protection de l'&#233;cologie plan&#233;taire, alors qu'elle est en fait un vecteur du renforcement des droits du capital sur la nature. Elle reconna&#238;t certes que les paysans et les communaut&#233;s ont utilis&#233; et conserv&#233; les ressources g&#233;n&#233;tiques depuis des temps imm&#233;moriaux, mais elle ne leur accorde aucun droit de gestion ou de propri&#233;t&#233; sur ces ressources. En fait, la conf&#233;rence a consacr&#233; les droits de propri&#233;t&#233; intellectuelle sur le vivant, ent&#233;rinant &#224; l'&#233;chelle internationale ce que les groupes am&#233;ricains avaient commenc&#233; &#224; obtenir dans leur pays d&#232;s le d&#233;but des ann&#233;es quatre-vingts. La Convention de 1992 ouvrait &#233;galement la voie &#224; la recherche sur de nouvelles ressources g&#233;n&#233;riques qui pourraient pr&#233;senter un int&#233;r&#234;t pharmaceutique. Cette prospection a &#233;t&#233; qualifi&#233;e par les ONG de biopiraterie l&#233;galis&#233;e. De plus, sous la pression des Etats-Unis, la Convention exclut une partie d&#233;cisive de ces ressources localis&#233;es dans les banques nationales et internationales de g&#232;nes, source de profits pour les groupes alimentaires qui vendent les semences. Le ton est donn&#233; par l'OCDE :&quot;La pr&#233;servation des ressources de la biodiversit&#233; serait mieux assur&#233;e si elles &#233;taient privatis&#233;es, plut&#244;t que soumises &#224; une r&#233;gime de libre acc&#232;s, dans lequel les utilisateurs pratiqueraient une exploitation &#224; court terme selon le principe du &#8216;premier arriv&#233;, premier servi&#8221;. C'est dans ce cadre de &#8220; r&#233;gulation par la privatisation &#8221;, qu'il faut situer les discussions au sein de l'OMC, dont une pr&#233;figuration se trouve dans les cons&#233;quences sociales et environnementales et sociales d&#233;sastreuses de l'exemple de l'Accord de Libre-&#233;change Nord-Am&#233;ricain (ALENA) .&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;4.3 La question urbaine&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les questions de l'espace et de sa place dans le mode de production capitaliste ont &#233;t&#233; peu abord&#233;es par les marxistes. Selon David Harvey, qui pr&#244;ne un &quot;mat&#233;rialisme historico-g&#233;ographique&quot;, les marxistes ont toujours privil&#233;gi&#233; &quot;le temps et l'histoire [au d&#233;triment de] l'espace et la g&#233;ographie&quot; . L'espace comme tel repr&#233;sente en effet une sph&#232;re de valorisation pour le capital, bien qu'il comporte des singularit&#233;s (r&#244;le central de la sp&#233;culation financi&#232;re, tr&#232;s longue immobilisation du capital fixe, etc.) qu'il faudrait situer dans l'accumulation et ses contradictions. Ainsi que le soulignait H. Lefebvre &quot;on peut d&#233;j&#224; dire de l'espace ce que Marx disait et montrait de chaque chose produite : elle contient et dissimule en tant que chose, des rapports sociaux&quot;[soulign&#233; dans le texte] . Il faut cependant se garder de tout r&#233;ductionnisme &#233;conomique. L'histoire du capitalisme montre que la bourgeoisie n'a pas construit l'espace en fonction des seules n&#233;cessit&#233;s &#233;conomiques (&quot;la r&#233;duction de l'espace au moyen du temps&quot; comme dit Marx) mais avec l'objectif politique d'&#233;viter que la classe ouvri&#232;re ne trouve, dans sa concentration spatiale, la force n&#233;cessaire au combat pour son &#233;mancipation. Ainsi, les technologies de l'information et de la communication (TIC) , en facilitant la d&#233;concentration des unit&#233;s de production, y compris dans les industries o&#249; les contraintes techniques semblaient conduire &#224; d'immenses concentrations (automobiles, chimie) , ont affaibli l'organisation collective de salari&#233;s et leur capacit&#233; de r&#233;sistance &#224; la mondialisation capitaliste. A cet &#233;gard, J.P. Garnier critique le discours &quot;post-moderne&quot; sur le caract&#232;re &quot;lib&#233;rateur&quot; des TIC. Ces discours n&#233;gligent le fait que l'espace est d'abord social, qu'il est construit et structur&#233; par les rapports entre les classes et les distributions du capital. Ces th&#232;ses post-modernes produisent un &quot;&#233;cologisme&quot; dont l'effet, sinon l'objectif, est d'analyser la &quot;crise &#233;cologique&quot; hors de toute r&#233;f&#233;rence au mode de production capitaliste . Parmi les questions &quot;environnementales&quot; critiques, celle de l'urbanisation massive de la plan&#232;te est sans doute une des plus frappantes. Le processus a brutalement acc&#233;l&#233;r&#233; apr&#232;s la seconde guerre mondiale. Il est particuli&#232;rement marqu&#233; dans les pays anciennement coloniaux . L'urbanisation des derni&#232;res d&#233;cennies est avant tout le r&#233;sultat de l'expropriation du producteur rural, paysan ou artisan. Elle a &#233;t&#233; acc&#233;l&#233;r&#233;e par le remplacement de cultures vivri&#232;res par des productions destin&#233;es &#224; l'exportation qui ont cr&#233;&#233; des situations de p&#233;nurie alimentaire dramatique. La &quot;r&#233;volution verte&quot; fut un vecteur formidable des exportations de fertilisants, insecticides produits par les groupes agro-chimiques. Elle contribua &#224; accentuer les in&#233;galit&#233;s entre paysans dans les pays dans lesquels une r&#233;forme agraire avait &#233;t&#233; mise en place pour contenir les mouvements r&#233;volutionnaires de la paysannerie .&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le mouvement massif d'exode rural rappelle celui qui eut lieu dans les pays capitalistes avanc&#233;s au dix-neuvi&#232;me si&#232;cle. Ce serait pourtant une erreur de voir dans la situation actuelle de Sao Paolo, Mexico, Le Caire, Lagos ou Bombay une r&#233;p&#233;tition en plus grand de processus d&#233;j&#224; vu dans l'histoire du capitalisme. Il ne suffit pas d'observer que les trag&#233;dies sanitaires et environnementales que ces populations connaissent ont un ordre de magnitude bien sup&#233;rieur &#224; celles d&#233;crites par Engels dans La situation de la classe laborieuse en Angleterre &#224; l'aube du capitalisme de la grande industrie. Ce qui se passe dans les villes du tiers-monde n'est pas le sympt&#244;me d'une maladie infantile qui se r&#233;sorbera avec le d&#233;veloppement du capitalisme, mais un produit direct de la mondialisation du capital. En somme, si l'expression de d&#233;veloppement in&#233;gal et combin&#233; a un sens aujourd'hui, c'est celui de souligner que la domination du capital financier non seulement produit cette situation, mais que sa p&#233;rennit&#233; signifie pour les populations des immenses m&#233;gapoles des pays domin&#233;s la mise en cause de leurs conditions de reproduction . Les exigences des politiques des organisations internationales emp&#234;chent la mise en place de mesures d'urgences visant &#224; &#233;viter la multiplication des disettes et &#233;pid&#233;mies. L'administration am&#233;ricaine, seule puissance &quot;globale&quot; , est parfaitement consciente des enjeux. Les concentrations de populations sont consid&#233;r&#233;es comme une menace directe contre la s&#233;curit&#233; nationale par les experts am&#233;ricains de la d&#233;fense, parce que priv&#233;es de tout espoir de trouver un travail, r&#233;duites &#224; une situation de d&#233;tresse extr&#234;me, elles risquent de verser dans des mouvements insurrectionnels .&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;En guise de conclusion&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans ce texte, nous avons pr&#233;sent&#233; certains grands processus &#233;conomiques et politiques conduisant au saccage des ressources naturelles, comme &#224; l'orientation des r&#233;sultats de la science vers de purs objectifs de domination sociale. Un des r&#233;sultats qui &#233;merge nettement de l'analyse, est que les agressions du capitalisme contre &#8220; la nature &#8221; sont indissociablement li&#233;es &#224; l'exploitation du travail, comme &#224; des agressions contre des peuples domin&#233;s. Pr&#233;sents dans le capitalisme d&#232;s ses origines, ces processus ont &#233;t&#233; aggrav&#233;s, souvent de fa&#231;on qualitative, par les formes nouvelles de domination du capital financier. Ces m&#233;canismes &#224; temps de gestation long sont au c&#339;ur de la crise &#233;cologique &#224; laquelle l'humanit&#233; est d&#233;sormais confront&#233;e, et dont les effets sont loin de concerner seulement la biosph&#232;re. Avec la menace thermo-nucl&#233;aire d'abord et maintenant celle de la destruction de la biosph&#232;re, les enjeux &#233;cologiques &#8211; enjeux de reproduction sociale &#8211; sont devenus mondiaux, mais ils frappent les diff&#233;rentes parties du monde de fa&#231;on tr&#232;s in&#233;gale . La crise &#233;cologique constitue de fa&#231;on imm&#233;diate un menace pressante pesant sur les conditions d'existence et de reproduction sociale de classes et de peuples d&#233;termin&#233;s. A partir de trajectoires intellectuelles diff&#233;rentes des n&#244;tres, d'autres chercheurs engag&#233;s commencent &#224; aboutir &#224; des conclusions voisines . Ce volume permet une premi&#232;re confrontation des approches.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans cette conclusion, il faut insister &#224; nouveau sur la question de la propri&#233;t&#233; et droits de propri&#233;t&#233;. Un des buts et un des r&#233;sultats majeurs du processus de lib&#233;ralisation et de privatisation des deux derni&#232;res d&#233;cennies, a &#233;t&#233; d'&#233;tendre de nouveau de fa&#231;on consid&#233;rable la sph&#232;re de l'appropriation et la propri&#233;t&#233; priv&#233;es. L'effondrement des Etats bureaucratis&#233;s est all&#233; de pair avec le mouvement de privatisation des services publics d'infrastructure et avec l'objectif de transformer partout l'enseignement et la sant&#233; en march&#233;s accessibles seulement &#224; ceux qui ont les moyens mon&#233;taires de satisfaire ces besoins vitaux. Le terrain le plus r&#233;cent de l'offensive &#8211; qui est aussi, faute de pr&#233;c&#233;dents pour s'en d&#233;fendre l'un des plus gravement expos&#233;s &#8211; est celui de l'appropriation priv&#233;e aussi bien des connaissances scientifiques, que de cette forme particuli&#232;re de patrimoine commun de l'humanit&#233; que sont les m&#233;canismes de production et de reproduction biologique et la biodiversit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ici l'objectif d'appropriation est li&#233; &#224; la place de la science et la technologie (la connaissance comme &#8220; force productive directe &#8221;) dans la concurrence capitaliste, il a pour motif principal la qu&#234;te obsessionnelle par le capital financier de champs de valorisation qui soient sources de flux r&#233;guliers de caract&#232;re rentier. L'extension de la &#8220; protection de la propri&#233;t&#233; industrielle &#8221; pour permettre l'appropriation du &#8220; vivant &#8221; correspond au mouvement qui pousse le capitalisme vers une appropriation &#8220; totale &#8221; de l'ensemble des conditions de la pratique sociale, pour faire de celles-ci autant de m&#233;diations de sa propre reproduction , qui est toujours plus clairement celle d'un mode de domination de classes et de pays d&#233;termin&#233;s. Il faut combattre pied &#224; pied sur la question des brevets, pas seulement sur les m&#233;dicaments mais au moins autant sur les semences et tout ce qui touche &#224; l'appropriation de la biodiversit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il ne peut pas y avoir non plus de combat cons&#233;quent sur des questions comme la marchandisation de l'eau et de l'air, &#224; moins de poser la question de la propri&#233;t&#233;. Le mouvement anti-mondialiste comme le mouvement ouvrier, doivent s'en ressaisir. La propri&#233;t&#233; sociale, dont la propri&#233;t&#233; publique et le secteur public sont l'une des modalit&#233;s, a deux fondements : le caract&#232;re social de la production et de l'&#233;change, auquel s'ajoute une certaine id&#233;e du bien commun et de l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral qui transcende l'individualisme et la d&#233;fense &#233;troite des int&#233;r&#234;ts particuliers que la glorification de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e fait fleurir. Dans le cadre du capitalisme, la question de la propri&#233;t&#233; des conditions d'existence et de travail (les &#8220; moyens de production &#8221; en raccourci) a toujours &#233;t&#233; la question d&#233;mocratique par excellence. C'est dans l'extension de la propri&#233;t&#233; sociale, qui seraient internationales dans certains cas et mondiales dans d'autres, que se situent bien des &#233;l&#233;ments de solution de la crise &#233;cologique dans ses nombreuses facettes et d&#233;terminations.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Non &#224; l'ordre nouveau (tribune collective - Le Monde)</title>
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&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;LE MONDE | Mis &#224; jour le 27.11.08 | 15h26&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Une op&#233;ration r&#233;cente, largement m&#233;diatis&#233;e, a permis d'arr&#234;ter et d'inculper neuf personnes, en mettant en oeuvre la l&#233;gislation antiterroriste. Cette op&#233;ration a d&#233;j&#224; chang&#233; de nature : une fois &#233;tablie l'inconsistance de l'accusation de sabotage des cat&#233;naires, l'affaire a pris un tour clairement politique. Pour le procureur de la R&#233;publique, &quot;le but de leur entreprise est bien d'atteindre les institutions de l'Etat, et de parvenir par la violence - je dis bien par la violence et non pas par la contestation qui est permise - &#224; troubler l'ordre politique, &#233;conomique et social&quot;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La cible de cette op&#233;ration est bien plus large que le groupe des personnes inculp&#233;es, contre lesquelles il n'existe aucune preuve mat&#233;rielle, ni m&#234;me rien de pr&#233;cis qui puisse leur &#234;tre reproch&#233;. L'inculpation pour &quot;association de malfaiteurs en vue d'une entreprise terroriste&quot; est plus que vague : qu'est-ce au juste qu'une association, et comment faut-il entendre ce &quot;en vue de&quot; sinon comme une criminalisation de l'intention ? Quant au qualificatif de terroriste, la d&#233;finition en vigueur est si large qu'il peut s'appliquer &#224; pratiquement n'importe quoi - et que poss&#233;der tel ou tel texte, aller &#224; telle ou telle manifestation suffit &#224; tomber sous le coup de cette l&#233;gislation d'exception.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les personnes inculp&#233;es n'ont pas &#233;t&#233; choisies au hasard, mais parce qu'elles m&#232;nent une existence politique. Ils et elles ont particip&#233; &#224; des manifestations - derni&#232;rement, celle de Vichy, o&#249; s'est tenu le peu honorable sommet europ&#233;en sur l'immigration. Ils r&#233;fl&#233;chissent, ils lisent des livres, ils vivent ensemble dans un village lointain.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On a parl&#233; de clandestinit&#233; : ils ont ouvert une &#233;picerie, tout le monde les conna&#238;t dans la r&#233;gion, o&#249; un comit&#233; de soutien s'est organis&#233; d&#232;s leur arrestation. Ce qu'ils cherchaient, ce n'est ni l'anonymat ni le refuge, mais bien le contraire : une autre relation que celle, anonyme, de la m&#233;tropole.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Finalement, l'absence de preuve elle-m&#234;me devient une preuve : le refus des inculp&#233;s de se d&#233;noncer les uns les autres durant la garde &#224; vue est pr&#233;sent&#233; comme un nouvel indice de leur fond terroriste.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;LIB&#201;RATION IMM&#201;DIATE&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En r&#233;alit&#233;, pour nous tous cette affaire est un test. Jusqu'&#224; quel point allons-nous accepter que l'antiterrorisme permette n'importe quand d'inculper n'importe qui ? O&#249; se situe la limite de la libert&#233; d'expression ? Les lois d'exception adopt&#233;es sous pr&#233;texte de terrorisme et de s&#233;curit&#233; sont-elles compatibles &#224; long terme avec la d&#233;mocratie ? Sommes-nous pr&#234;ts &#224; voir la police et la justice n&#233;gocier le virage vers un ordre nouveau ? La r&#233;ponse &#224; ces questions, c'est &#224; nous de la donner, et d'abord en demandant l'arr&#234;t des poursuites et la lib&#233;ration imm&#233;diate de celles et ceux qui ont &#233;t&#233; inculp&#233;s pour l'exemple.&lt;/p&gt; &lt;hr class=&quot;spip&quot; /&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Giorgio Agamben, philosophe ;
Alain Badiou, philosophe ;
Jean-Christophe Bailly, &#233;crivain ;
Anne-Sophie Barthez, professeur de droit ;
Miguel Benasayag, &#233;crivain ;
Daniel Bensa&#239;d ;
Luc Boltanski, sociologue ;
Judith Butler ;
Pascale Casanova, critique litt&#233;raire ;
Fran&#231;ois Cusset ;
Christine Delphy ;
Isabelle Garo ;
Fran&#231;ois G&#232;ze, &#233;d. La D&#233;couverte ;
Jean-Marie Gleize, professeur de litt&#233;rature ;
Eric Hazan, &#233;d. La Fabrique ;
R&#233;my Hernu, professeur de droit ;
Hugues Jallon ;
Stathis Kouvelakis ;
Nicolas Klotz, r&#233;alisateur ;
Fr&#233;d&#233;ric Lordon, &#233;conomiste ;
Jean-Luc Nancy ;
Bernard No&#235;l, po&#232;te ;
Dominique Noguez, &#233;crivain ;
Yves Pag&#232;s, &#233;d. Verticales ;
Karine Parrot ;
Jacques Ranci&#232;re ;
Jean-Jacques Rosat ;
Carlo Santulli ;
R&#233;my Toulouse, &#233;d. Les Prairies ordinaires ;
Enzo Traverso, historien ;
J&#233;r&#244;me Vidal, &#233;d. Amsterdam ;
Slavoj Zizek, philosophe.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La liste compl&#232;te des signataires peut &#234;tre consult&#233;e sur www.soutien11novembre.org. Les signatures de soutien sont collect&#233;es sur le m&#234;me site.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>



	<item>
		<title>NPA, PS... : Interview d'Olivier Besancenot dans l'Express</title>
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		<description>Besancenot : ''Etre &#233;lu ne sera jamais pour moi un m&#233;tier'' &lt;br /&gt;Propos recueillis par, Fran&#231;ois Koch, Eric Mandonnet, publi&#233; le 26/11/2008 15:47 - &lt;br /&gt;A 34 ans, il a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; deux fois candidat &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle. Il appara&#238;t, dans certaines enqu&#234;tes, comme le meilleur opposant &#224; Nicolas Sarkozy. Au moment o&#249; le Parti socialiste change de t&#234;te, Olivier Besancenot ne voit venir aucun changement de ce c&#244;t&#233;. Lui-m&#234;me lancera, en janvier 2009, un Nouveau Parti anticapitaliste. A deux mois de son congr&#232;s (...)


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&lt;a href="http://www.collectifdu29mai.org/-2007-en-debat-.html" rel="directory"&gt;LA GAUCHE EN DEBAT&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Besancenot : ''Etre &#233;lu ne sera jamais pour moi un m&#233;tier''&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Propos recueillis par, Fran&#231;ois Koch, Eric Mandonnet, publi&#233; le 26/11/2008 15:47 -&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;A 34 ans, il a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; deux fois candidat &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle. Il appara&#238;t, dans certaines enqu&#234;tes, comme le meilleur opposant &#224; Nicolas Sarkozy. Au moment o&#249; le Parti socialiste change de t&#234;te, Olivier Besancenot ne voit venir aucun changement de ce c&#244;t&#233;. Lui-m&#234;me lancera, en janvier 2009, un Nouveau Parti anticapitaliste. A deux mois de son congr&#232;s fondateur, il explique sa strat&#233;gie. Evoque ses propositions pour juguler la crise financi&#232;re. Et d&#233;voile un regret personnel.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'imbroglio socialiste peut-il d&#233;boucher sur une nouvelle donne &#224; gauche ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je ne connais pas personnellement les dirigeants socialistes. Ce que je sais, c'est que Martine Aubry &#233;tait d'accord avec S&#233;gol&#232;ne Royal pour voter oui au trait&#233; constitutionnel europ&#233;en en 2005. Tous les candidats &#224; la direction du PS, qui s'entre-tuaient pour des affaires de pouvoir, &#233;taient d'accord sur un point : leur vraie motion de synth&#232;se, c'est leur d&#233;claration de principes, qui acte la social-lib&#233;ralisation du parti. Le test, ce sera de voir si elle vient, avec Marie-George Buffet, avec Arlette Laguiller, avec quelqu'un des Verts, soutenir les salari&#233;s de l'automobile. A Sandouville, &#224; Cl&#233;on ou ailleurs...&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Selon un sondage r&#233;cent d'OpinionWay, 76 % des sympathisants du PS et 90 % de ceux qui disent vouloir voter pour vous &#224; la prochaine pr&#233;sidentielle souhaitent que vous participiez &#224; un gouvernement de gauche, en cas de victoire en 2012. Leur dites-vous : jamais ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si le PS &#233;tait au pouvoir, face &#224; la crise actuelle, il renflouerait &#224; coups de deniers publics les banques. Pas nous. La clef de notre succ&#232;s, c'est notre ind&#233;pendance, la r&#233;conciliation entre ce que l'on dit et ce que l'on fait. Ceux qui, dans cette gauche, veulent faire pression de l'int&#233;rieur ne r&#233;ussiront pas &#224; faire aujourd'hui ou demain ce qu'ils tentent de faire, en vain, depuis trente ans. La seule diff&#233;rence, d&#233;sormais, c'est que Fran&#231;ois Bayrou est dans les bagages. Nous, nous d&#233;fendons une autre orientation que celle du PS : augmentation de 300 euros net pour tous, interdiction des licenciements, un service public bancaire...&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si cela ne d&#233;pendait que de vous, comment r&#233;organiseriez-vous le secteur bancaire ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Plut&#244;t que de nationaliser les banques priv&#233;es, nous proposons d'unifier toutes les banques, publiques et priv&#233;es, en un seul service bancaire, qui aurait donc le monopole du cr&#233;dit. Il serait plac&#233; non pas sous le contr&#244;le du gouvernement - nous ne voulons pas remplacer un patron priv&#233; par un patron qui s'appelle l'Etat - mais sous celui des salari&#233;s et des consommateurs. Cela suppose d'&#244;ter le pouvoir exorbitant qu'ont les banquiers sur l'&#233;conomie et de contr&#244;ler les circuits de capitaux au sein du syst&#232;me bancaire. C'est pourquoi nous r&#233;clamons la lev&#233;e des secrets bancaire, commercial, industriel, pour savoir o&#249; va l'argent ; c'est pourquoi nous sommes pour la fin de l'ind&#233;pendance de la Banque centrale europ&#233;enne. Cette proposition, nous la faisons &#224; l'&#233;chelle europ&#233;enne.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En quoi, dans la crise financi&#232;re, Nicolas Sarkozy fait-il preuve de l'ultralib&#233;ralisme dont vous l'accusez habituellement ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On a voulu nous faire croire qu'il avait tenu des propos supergauchistes, mais il reste dans le droit-fil des gouvernements lib&#233;raux ! Nicolas Sarkozy veut que les pouvoirs publics servent de bouche-trou au service des banquiers. Nous sommes non pas pour renflouer ceux-ci, mais pour venir en aide aux victimes de la crise. Sarkozy parle de crise du capitalisme financier. Or il n'y a pas, d'un c&#244;t&#233;, le gentil capitalisme industriel et, de l'autre, le m&#233;chant capitalisme financier. Pour nous, la financiarisation de l'&#233;conomie est une maladie cong&#233;nitale de l'&#233;conomie de march&#233;. Elle a une histoire inextricable de celle du capitalisme industriel, puisque le carburant du syst&#232;me est le profit. La seule r&#233;gulation qui vaille est de mettre fin &#224; l'&#233;conomie de march&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Vous vous d&#233;finissez, pour le moment, par la n&#233;gative : c'est le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA). Quels mots d&#233;criraient de mani&#232;re positive votre mod&#232;le de soci&#233;t&#233; ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Socialisme du XXIe si&#232;cle, &#233;cosocialisme, autogestion libertaire, communisme d&#233;mocratique : ce pourrait &#234;tre l'une de ces appellations, mais la d&#233;nomination du parti ne doit pas nous diviser, puisque nous avons des origines diverses. &quot;Anticapitalisme&quot;, c'est peut-&#234;tre n&#233;gatif, mais cela a le m&#233;rite d'&#234;tre clair. Certains de ces mots, il faut le reconna&#238;tre, sont marqu&#233;s par l'Histoire et nous renvoient &#224; un bilan. Nous ne voulons pas avoir les yeux tourn&#233;s vers le pass&#233;. Il s'agit non pas d'oublier le clivage entre r&#233;forme et r&#233;volution, mais d'ouvrir une nouvelle p&#233;riode, avec un nouveau parti et un nouveau programme. Nous travaillons &#224; la refondation programmatique d'un socialisme du XXIe si&#232;cle.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Qu'est-ce que le NPA conservera de trotskiste ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le meilleur ! Nous, les trotskistes, avons un h&#233;ritage politique - comme les libertaires, d'ailleurs - qui nous permet d'&#233;viter la professionnalisation de la politique. Nous conserverons aussi l'internationalisme en tant que socle de notre projet, au sens de la volont&#233; de construire un regroupement au-del&#224; des fronti&#232;res. Mais nous ne serons pas la section fran&#231;aise de la IVe Internationale, m&#234;me si le NPA doit avoir des relations avec elle.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Que faites-vous pour &#233;viter d'&#234;tre l'alli&#233; objectif de Nicolas Sarkozy ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Rien de plus que ce que nous faisons au quotidien. Depuis plusieurs mois, nos combats contre Sarkozy valent &#224; nos militants d'&#234;tre tra&#238;n&#233;s devant les tribunaux, mis &#224; pied, licenci&#233;s ; ils subissent des pressions dans des entreprises du priv&#233; comme du public. C'est valable pour La Poste &#233;galement. R&#233;sister &#224; la politique de Sarkozy a un prix - sup&#233;rieur &#224; ce qu'il &#233;tait avec le pr&#233;sident pr&#233;c&#233;dent.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Au lendemain de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle am&#233;ricaine, vous avez salu&#233; une &quot;victoire symbolique majeure contre le racisme&quot;, mais appel&#233; d'ores et d&#233;j&#224;, deux mois avant son entr&#233;e en fonctions, &#224; la &quot;r&#233;sistance face &#224; la politique que Barack Obama va mettre en oeuvre&quot;. Sa seule qualit&#233; est-elle d'&#234;tre noir ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce serait sectaire de ne pas se r&#233;jouir de la claque prise par les r&#233;publicains, sectaire de ne pas comprendre qu'avec l'&#233;lection d'un pr&#233;sident noir, c'est une page de l'Histoire qui se tourne, m&#234;me symbolique. Mais nous ne nous faisons aucune illusion sur le programme du Parti d&#233;mocrate. Les deux partis, d&#233;mocrate et r&#233;publicain, ont approuv&#233;, par exemple, le plan Paulson.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Vous n'avez jamais d&#233;tenu un mandat &#233;lectif. Avez-vous envie de si&#233;ger au Parlement europ&#233;en, apr&#232;s les &#233;lections de juin, au risque de devenir un homme politique comme un autre ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce n'est pas un risque d'avoir des &#233;lus. Ce serait une opportunit&#233;, pour le NPA, de relayer les luttes sociales. Quand nous avons eu des &#233;lus au Parlement europ&#233;en, ils n'&#233;taient pas des politiciens professionnels comme les autres, reversant, par exemple, au parti leur surplus de r&#233;mun&#233;ration par rapport &#224; leurs gains dans le civil. En ce qui me concerne, la question n'a pas encore &#233;t&#233; d&#233;battue. Si je dois &#234;tre t&#234;te de liste, ce sera en Ile-de-France. Mais &#234;tre &#233;lu ne sera jamais pour moi un m&#233;tier. Je ne place pas au m&#234;me niveau un mandat et une activit&#233; professionnelle.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pourquoi r&#233;cusez-vous le &quot;front de gauche&quot; que Jean-Luc M&#233;lenchon appelle de ses voeux pour les europ&#233;ennes ?
Nous discuterons avec lui. Sa d&#233;marche va dans le bon sens et confirme notre analyse selon laquelle le PS n'est pas redressable. Nous discuterons des campagnes que nous pouvons faire ensemble. Cela dit, nous ne voulons pas, nous, faire pression sur le PS de l'ext&#233;rieur. M&#233;lenchon veut faire un ancien vrai Parti socialiste. Notre objectif consiste non pas &#224; refaire la gauche, mais &#224; construire une autre gauche.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Comment expliquez-vous le d&#233;veloppement actuel de l'ultra-gauche ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il y a une radicalisation de certains mouvements de la jeunesse, donc, peut-&#234;tre, une ultragauche un peu plus forte qu'avant. Ce ne sont pas nos m&#233;thodes. Si ces saboteurs &#233;taient suivis, surveill&#233;s par la police, pourquoi ne les a-t-on pas arr&#234;t&#233;s avant ? Je me demande &#224; qui profite le crime. S&#251;rement pas aux cheminots gr&#233;vistes, ni aux syndicats de la SNCF, ni &#224; la gauche anticapitaliste. Nous luttons contre les vrais saboteurs des trains : le lib&#233;ralisme et les politiques europ&#233;ennes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Etes-vous satisfait du travail de la justice dans l'affaire Taser ? Le parquet de Paris n'a pas retenu l'&quot;atteinte &#224; l'intimit&#233; de la vie priv&#233;e&quot; dont vous accusiez cette soci&#233;t&#233; distributrice du pistolet &#224; impulsion &#233;lectrique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est extr&#234;mement regrettable. Si me mettre sous surveillance, me pister, photographier ma compagne et mon enfant et faire une fiche sur la m&#232;re de ma compagne, ce n'est pas de l'atteinte &#224; la vie priv&#233;e... On ne l&#226;chera pas l'affaire. Les coups d'intimidation, &#231;a ne marchera pas ! Je ne sombrerai pas dans la parano&#239;a ! Ce n'est pas mon genre...&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans L'Express du 2 octobre 2008, vous indiquiez, &#224; propos de Jean-Marc Rouillan, qu'il avait &quot;purg&#233; sa peine de prison. Et m&#234;me plus&quot;. Or il &#233;tait en semi-libert&#233;. Ce que vous dites est donc juridiquement faux...&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je ne suis ni l'avocat ni le juge d'application des peines de Jean-Marc Rouillan. Il a effectu&#233; sa peine incompressible, avec dix ans d'isolement. Il n'est pas &#233;crit dans la loi qu'il faille demander pardon pour sortir de prison. Il ne peut pas y avoir deux poids, deux mesures dans la justice de ce pays. Maurice Papon, haut cadre des partis gaullistes, a &#233;t&#233; condamn&#233;, pour complicit&#233; de crimes contre l'humanit&#233;, pour avoir fait d&#233;porter 1 600 juifs de Bordeaux &#224; Drancy [en fait, Papon a &#233;t&#233; jug&#233; pour 72 victimes par les assises], &#224; dix ans de prison et n'en a effectu&#233; que trois. Il est sorti pour raisons de sant&#233;, ce qui n'a jamais &#233;t&#233; accord&#233; &#224; aucun prisonnier d'Action directe [Jo&#235;lle Aubron a &#233;t&#233; lib&#233;r&#233;e en juin 2004 pour raisons de sant&#233;]. Selon moi, cette diff&#233;rence de traitement a une cause politique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Une autre phrase a heurt&#233; : &quot;Fran&#231;oise Besse a des comptes &#224; r&#233;gler avec Action directe.&quot; La regrettez-vous ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je regrette que certains cherchent &#224; m'impliquer dans l'affaire d'Action directe, soit par le biais du pass&#233;, soit par le biais du pr&#233;sent, alors que l'organisation &#224; laquelle j'appartiens a toujours d&#233;nonc&#233; les m&#233;thodes d'Action directe. Je ne veux pas, par de nouvelles d&#233;clarations, faire rebondir cette affaire.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si vous deviez reconna&#238;tre une qualit&#233;, une seule, &#224; Nicolas Sarkozy, laquelle serait-ce ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il d&#233;fend de fa&#231;on extr&#234;mement tenace et coh&#233;rente les int&#233;r&#234;ts de sa classe.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Une erreur que vous avez commise depuis que vous faites de la politique ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je n'ai pas suffisamment anticip&#233; les risques de personnalisation depuis ma premi&#232;re candidature &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle, en 2002. Cette personnalisation cr&#233;e des illusions. Or je ne fais pas de la politique pour &#234;tre le nouveau leader d'une nouvelle gauche. Ce n'est pas impossible de rattraper le coup, mais nous avons pris du retard - moi, en particulier. Il faut faire en sorte que je ne sois plus le seul porte-parole visible.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Quel est le responsable politique dans le monde qu'aujourd'hui vous respectez le plus ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Parce qu'il est rest&#233; fid&#232;le, et bien que je ne sois pas s&#251;r que ce soit, &#224; proprement parler, un responsable politique, le sous-commandant Marcos, chef de file de l'EZLN [Arm&#233;e zapatiste de lib&#233;ration nationale, groupe r&#233;volutionnaire et altermondialiste du Chiapas, au Mexique].&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Au cours d'un r&#233;cent entretien, vous citiez Coluche : &quot;La moiti&#233; des hommes politiques sont des bons &#224; rien ; l'autre moiti&#233; sont pr&#234;ts &#224; tout.&quot; Est-ce ce que vous pensez vraiment ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Oui, je le pense. Si Coluche avait &#233;t&#233; de ce monde, je n'aurais jamais &#233;t&#233; candidat &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle. J'aurais vot&#233; pour lui.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Vous adorez le football. Quel est votre joueur pr&#233;f&#233;r&#233; ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je suis un fan de Franck Rib&#233;ry.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Votre dernier coup de coeur culturel ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le film La Chambre des morts, d'Alfred Lot, tir&#233; d'un polar de Franck Thilliez. Le meilleur policier que j'aie vu depuis Ne le dis &#224; personne, de Guillaume Canet.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Olivier Besancenot
1974 Naissance &#224; Levallois-Perret (Hauts-de-Seine).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;1991 Adh&#233;sion &#224; la LCR.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;1997 Facteur &#224; Levallois-Perret, puis, en 2000, &#224; Neuilly-sur-Seine, &#224; temps partiel (70 %).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;1999 Attach&#233; parlementaire d'Alain Krivine au Parlement europ&#233;en.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;2002 4,25 % &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;2007 4,08 % &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;2008 Des sondages le consacrent &quot;meilleur opposant &#224; Nicolas Sarkozy&quot;. L'Express r&#233;v&#232;le qu'il a &#233;t&#233; surveill&#233; par une officine priv&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



	<item>
		<title>Italie : le retour du fascisme ?</title>
		<link>http://www.collectifdu29mai.org/Italie-le-retour-du-fascisme.html</link>
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		<dc:date>2008-11-26T10:04:50Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		

<category domain="http://www.collectifdu29mai.org/-Documentation-.html">Documentation</category>


		<description>Hallucinante d&#233;claration de l'ancien pr&#233;sident de la r&#233;publique &lt;br /&gt;http://www.plumedepresse.com/spip.php ?article1012 &lt;br /&gt;Berlusconi, pour l'Education, frappe encore plus fort que Sarkozy : la loi Gelmini, du nom de la ministre Mariastella Gelmini, pr&#233;voit d'ici 2012 la suppression d'au moins87 000 postes d'enseignants et 44 500 postes administratifs dans les &#233;tablissements scolaires publics et la fermeture de nombreux &#233;tablissements de petite taille, cons&#233;quence de restrictions budg&#233;taires d'un montant (...)


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&lt;a href="http://www.collectifdu29mai.org/-Documentation-.html" rel="directory"&gt;Documentation&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Hallucinante d&#233;claration de l'ancien pr&#233;sident de la r&#233;publique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;http://www.plumedepresse.com/spip.php ?article1012&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Berlusconi, pour l'Education, frappe encore plus fort que Sarkozy : la loi Gelmini, du nom de la ministre Mariastella Gelmini, pr&#233;voit d'ici 2012 la suppression d'au moins87 000 postes d'enseignants et 44 500 postes administratifs dans les
&#233;tablissements scolaires publics et la fermeture de nombreux
&#233;tablissements de petite taille, cons&#233;quence de restrictions budg&#233;taires
d'un montant de 8 milliards d'euros. Se profile &#233;galement la privatisation
rampante des universit&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;R&#233;sultat ? &quot;Des statistiques du minist&#232;re de l'Int&#233;rieur ont r&#233;v&#233;l&#233; que
depuis le d&#233;but du mois d'octobre il y avait eu jusqu'&#224; 300 manifestations
avec 150 &#233;tablissements scolaires et 20 d&#233;partements universitaires
occup&#233;s par les &#233;tudiants, r&#233;sume World Socialist Web Site. Le 27 octobre,
quelque 10 000 &#233;tudiants ont occup&#233; l'Universit&#233; La Sapienza de Rome avant
d'aller bloquer plusieurs art&#232;res principales de la ville et la gare
ferroviaire centrale Roma Termini. Les protestations se sont poursuivies
et les &#233;tudiants sont finalement all&#233;s encercler le b&#226;timent du S&#233;nat dans
la ville. Le 29 octobre, le gouvernement a vot&#233; en faveur de la Loi 133
par 162 voix pour et 134 contre. Le S&#233;nat a &#233;t&#233; contraint de lever la
s&#233;ance lorsque des milliers d'&#233;tudiants ont assi&#233;g&#233; le b&#226;timent. (...) Le
30 octobre, on a estim&#233; &#224; un million le nombre d'enseignants, d'&#233;tudiants
et de lyc&#233;ens qui ont manifest&#233; &#224; Rome suite &#224; la ratification de la
r&#233;forme Gelmini. (...) La manifestation faisait partie d'une journ&#233;e de
gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale des enseignants. Durant la journ&#233;e, 90 pour cent des
&#233;tablissements scolaires sont rest&#233;s ferm&#233;s dans tout le pays.&quot;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est dans ce contexte qu'intervient l'hallucinante interview accord&#233;e &#224;
trois journaux par Francesco Cossiga, ex-pr&#233;sident de la R&#233;publique
italienne et s&#233;nateur &#224; vie, en ligne en fran&#231;ais sur le site du
traducteur Marco Guadagni :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cossiga - Maroni [actuel ministre de l'Int&#233;rieur] devrait faire ce que je
fis quand j'&#233;tais ministre de l'Int&#233;rieur.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Journaliste - C'est-&#224;-dire ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;[...]&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cossiga - D'abord, laisser tomber les &#233;tudiants des lyc&#233;es. Il suffit de
penser &#224; ce qu'il se passerait si un gamin &#233;tait tu&#233; ou gravement
bless&#233;...&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Journaliste - Et les universitaires ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cossiga - Les laisser faire. Retirer les forces de police des rues et des
universit&#233;s, infiltrer le mouvement avec des agents provocateurs qui
soient pr&#234;ts &#224; tout, et laisser pendant une dizaine de jours les
manifestants d&#233;truire les magasins, mettre le feu aux voitures et les
villes &#224; feu et &#224; sang.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Journaliste - Et apr&#232;s &#231;a ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cossiga - Apr&#232;s, forts du consensus populaire, le son des sir&#232;nes des
ambulances devrait surmonter celui des voitures de police et des
carabiniers.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Journaliste - Dans quel sens ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cossiga - Dans le sens que les forces de l'ordre ne devraient pas avoir
piti&#233; et les envoyer tous &#224; l'h&#244;pital. Non pas les arr&#234;ter parce qu'apr&#232;s
les magistrats les remettraient en libert&#233;, mais les taper, et taper aussi
les professeurs qui les encouragent.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Journaliste - Les professeurs aussi ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cossiga - Les professeurs surtout.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Journaliste - Pr&#233;sident, il s'agit d'un paradoxe, n'est-ce pas ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cossiga - Je ne parle pas des professeurs &#226;g&#233;s, bien s&#251;r, mais des petites
ma&#238;tresses [maestre ragazzine], oui. Vous vous rendez compte de la gravit&#233;
de ce qui est en train de se passer ? Il y a des professeurs qui
endoctrinent les enfants et qui les font descendre dans la rue : c'est une attitude criminelle !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On note que l' &quot;attitude criminelle&quot; ne consiste pas &#224; envoyer tous les
manifestants &#224; l'h&#244;pital mais &#224; encourager les manifestations ! Et l'on
fr&#233;mit en se souvenant de la r&#233;pression d'une f&#233;rocit&#233; inou&#239;e qui avait
frapp&#233; les manifestants contre le G8 de G&#234;nes en juillet 2001, comme le
rappelle le billet de notre amie C&#233;leste, Vergogna. Avec la
criminalisation de l'opposition au gouvernement qui est en train de
s'instaurer chez nous - voir la tr&#232;s louche affaire des saboteurs
d'ultra-gauche -, les temps ne sont pas loin d'&#234;tre m&#251;rs pour autoriser le
d&#233;cha&#238;nement de la violence d'&#201;tat. Et l'on ne pourra pr&#233;tendre qu'on ne
l'avait pas vu venir.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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