
La charte est publiée dans ce chapitre du site en plusieurs parties.
Introduction
Faire face à l’offensive libérale
Contrer l’offensive libérale
Construire une alternative
1 – Sécuriser l’emploi et augmenter le niveau de vie
2 – Installer un socle de droits individuels et collectifs
3 – Réaliser l’égalité entre les hommes et les femmes
4 – Reconquérir les services publics et élargir l’appropriation sociale
5 – Refonder les politiques publiques et dégager les moyens d’une alternative
6 – Assurer un renouveau démocratique
7 – Initier un nouveau type de développement
8 – Construire une autre Europe dans un autre Monde
Après la réunion d’hier sous la présidence de Nicolas Sarkosy, il est question dans les médias et du côté d’un certain nombre de syndicats de recul du pouvoir, de copie revue et corrigée, de nouvelle méthode de concertation ...
Certes les choses ont bougé sur plusieurs points par rapport au texte initial :
- abandon de toute référence à la sélection au niveau master - composition des conseils d’administration jusqu’à 30 membres (avec 5 étudiants) contre 20 au départ (avec 3 étudiants) - passage à l’autonomie de TOUTES les universités sous les 5 ans contre un passage à la carte "évitant ainsi la construction d’un système à deux vitesses (déclaration UNEF) V. Pécresse maintenant cependant le principe du passage VOLONTAIRE à l’autonomie (clé de l’obtention de nouveaux moyens).
Certes ces concessions sont d’importance, mais sont-elles de nature à modifier la visée stratégique de la réforme et donc ses conséquences à terme pour les étudiants et les personnels ?
en tout cas ce n’est pas ce que pense Valérie Pécresse (ni Gérard Slama) qui déclare ce matin à France Culture répondant à la question du journaliste d’une modification de la réforme EN SUBSTANCE :
"la substance du texte c’est quoi ? C’est donner aux universités une nouvelle gouvernance totalement ressérée. On divise par 2 les membres du conseil d’administration par 2 ..." le principe de l’adhésion à l’autonomie étant la pierre angulaire de la réforme.
Et le coeur du dispositif prévu n’est effectivement pas remis en cause par les concessions actuelles !
Et ce que ne dit pas d’ailleurs Valérie Pécresse c’est que la modification de la gouvernance des universités ne consiste pas seulement en une diminition forte de la représentation des différentes composantes de l’université MAIS dans une profonde modification ET de la composition (avec une entrée en force des "personnalités extérieures" (7 sur 20 prévues dans le texte initial)) ET la modification du statut du président afin de le soustraire au contrôle de sa communauté et de le transformer en une sorte de PDG libre de ses initiatives (recrutement du personnel, responsabilité de l’immobilier ...) associée à un rôle beaucoup plus stratégique du conseil d’administration.
Sans forcer le trait on pourrait dire que l’autonomie pour l’université c’est comme le principe de la concurrence non faussée au niveau de l’Europe : une puissant outil de dérégulation destiné à laisser la voie libre aux investissements et aux initiatives privées en agissant non plus par le haut (avec les risques d’opposition frontale comme cela s’est passé à de nombreuses reprises) mais de l’intérieur.
De ce point de vue on pourrait dire que le pilotage par la Commission européenne à partir du pouvoir de contrôle et de sanction dans l’application du principe de concurrence constitue une référence pour tous les libéraux !
Et c’est bien pourquoi le texte s’attaque prioritairement à la manière dont les universités sont gérées et les décisions prises.
Rien n’est donc joué quant au fond. Tout au plus peut-on souligner une nouvelle fois l’habileté du nouveau pouvoir donnant le sentiment d’une concertation approfondie n’hésitant pas à prendre en compte les desiderata de ses partenaires SANS pour autant céder sur l’objectif central des contre-réformes !
Vigilance ! vigilance camarades !
Gilbert Rodriguez