
La charte est publiée dans ce chapitre du site en plusieurs parties.
Introduction
Faire face à l’offensive libérale
Contrer l’offensive libérale
Construire une alternative
1 – Sécuriser l’emploi et augmenter le niveau de vie
2 – Installer un socle de droits individuels et collectifs
3 – Réaliser l’égalité entre les hommes et les femmes
4 – Reconquérir les services publics et élargir l’appropriation sociale
5 – Refonder les politiques publiques et dégager les moyens d’une alternative
6 – Assurer un renouveau démocratique
7 – Initier un nouveau type de développement
8 – Construire une autre Europe dans un autre Monde
A toutes celles et tous ceux qui portent une part de responsabilité dans l’élection de Sarkozy : partis, forces et militant-e-s politiques, électrices et électeurs, moins de 25 ans ou plus de 60 ans, etc...
Sans illusion sur le projet politique du Parti Socialiste de Ségolène Royal, traduction française d’une gauche blairiste et moralisatrice, nous avons tout fait et avons voté pour que Nicolas Sarkozy, représentant de cette droite dure, ultra-libérale, sécuritaire, discriminatoire, belliciste, ne soit pas élu. Nous ne le regrettons pas.
Mais nous sommes en colère. En colère envers toutes celles et tous ceux qui ont une part de responsabilité dans ce dramatique résultat.
En colère envers ces presque 19 millions d’électrices et électeurs qui ont apporté leur suffrage à celui dont les ouvrages sont préfacés, en Italie, par Giancarlo Fini, néo-fasciste.
En colère envers toutes celles et tous ceux, dont nous faisons partie, qui n’ont pas réussi à convaincre ces 19 millions d’électrices et électeurs que le projet de Nicolas Sarkozy est dangereux pour nos libertés, pour nos garanties sociales, pour l’avenir écologique, pour la démocratie et pour les autres peuples du monde.
En colère envers le Parti Socialiste qui, autiste dans sa bulle militante bobo, croit que l’on peut convaincre à gauche par des politiques ou des programmes libéraux de centre-droit.
En colère envers Ségolène Royal et son équipe qui n’ont cessé depuis plus d’un an de populariser des réflexes sécuritaires et nationalistes (centres éducatifs fermés, encadrement militaire, Marseillaise et drapeaux tricolores...) qui font le lit des idées de l’extrême-droite reprises, avec le succès que l’on sait, par Nicolas Sarkozy.
En colère envers les Verts qui sont à des années-lumière, par leurs réflexes boutiquiers de sauvetage d’élu-e-s en perdition, de répondre aux enjeux de l’urgence environnementale, sociale et démocratique qui nécessitent un véritable projet d’écologie politique en rupture avec ce qui a été fait depuis toujours.
En colère envers le petit monde antilibéral qui, de la LCR au PCF, pour des logiques boutiquières d’un autre âge, n’a pas su présenter un candidat unitaire s’appuyant sur l’incroyable mobilisation citoyenne et populaire de ces dernières années (Retraites en 2003, TCE en 2005, CPE en 2006....).
En colère envers le PCF qui n’a d’autres ambitions aujourd’hui, déconnecté de toute réalité sociale, que de sauver un appareil déliquescent.
En colère envers José Bové et ses plus proches conseillers qui n’ont cessé de le ... mal-conseiller depuis plus d’un an. Pourquoi avoir avoir gommé les principaux atouts de celui qui incarne les combats d’une mouvance altermondialiste porteuse d’un projet, d’une vision globale de la société en rupture nette avec les politiques menées depuis plus de 30 ans, par la droite ou le PS ?
En colère envers la LCR qui se réfugie chaque jour un peu plus dans une bulle de verre à la posture anticapitaliste de témoignage !
En colère enfin envers nous toutes et tous. Qu’avons donc nous fait pour en arriver là, nous qui avons agi pour que le NON l’emporte le 29 mai 2005, nous qui avons essayé de porter un autre discours que sécuritaire lors de la révolte des banlieues en novembre 2005, nous qui avons lutté pour le retrait du CPE et de la loi sur l’Egalité des chances au printemps 2006 ?
Quel gâchis !
Engagé-e-s dans les combats altermondialiste, nous faisons partie de cette nouvelle génération militante qui s’est rencontrée lors des forums sociaux ou des contre-sommets – en marge des réunions du FMI, l’OMC ou du G8 –, s’est engagée dans des luttes locales, nationales et internationales et entend renouveler les formes d’engagement politique en expérimentant des modes d’action variés, sans les hiérarchiser. Nos engagements sont pluriels, nos visions du monde, nos projets, nos désirs, nos colères, nos joies, nos doutes sont multiples, parfois même divergents. Nous aspirons pourtant au rassemblement de toutes celles et tous ceux qui ne veulent pas d’un monde dominé par la logique marchande, la prédation, la violence et l’exclusion. Nous avons besoin de l’unité, tout du moins la convergence, de toutes les forces réellement attachées à faire le lien entre urgence sociale, urgence environnementale et urgence démocratique, soucieuses d’inventer des alternatives au productivisme et de sortir du carcan pesant que nous imposent des discussions entre des appareils trop rigides (PCF, LCR). Cette unité est la seule voie possible.
C’est pourquoi nous nous engageons à oeuvrer pour rendre possible la constitution de formes politiques reliant luttes sociales, échéances électorales et, plus que tout, organisation à la base. Une des conditions indispensables est un profond renouvellement des générations.
Une page se tourne. Tournons-là et inventons la suite... en s’appuyant sur les leçons de nos victoires et échecs passés.
Sophie Chapelle, Maxime Combes, France Coumian, Nicolas Haeringer.
http://front-solidaire.effraie.org/