
La charte est publiée dans ce chapitre du site en plusieurs parties.
Introduction
Faire face à l’offensive libérale
Contrer l’offensive libérale
Construire une alternative
1 – Sécuriser l’emploi et augmenter le niveau de vie
2 – Installer un socle de droits individuels et collectifs
3 – Réaliser l’égalité entre les hommes et les femmes
4 – Reconquérir les services publics et élargir l’appropriation sociale
5 – Refonder les politiques publiques et dégager les moyens d’une alternative
6 – Assurer un renouveau démocratique
7 – Initier un nouveau type de développement
8 – Construire une autre Europe dans un autre Monde
LE MONDE | 12.03.08 | 14h04 • Mis à jour le 12.03.08 | 14h04
Avec ses 72 élus dès le premier tour, plus 110 listes dépassant 5 % des voix dont 29 plus de 10 %, la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) a réalisé des résultats inespérés. "Le meilleur score de son histoire", a claironné Olivier Besancenot, son porte-parole. Alors qu’elle n’avait que des scores marginaux lors des élections locales précédentes, l’organisation trotskiste fait une percée notable. Elle distance Lutte ouvrière et marque un début d’implantation dans les institutions locales.
Le succès de son leader, qui avait enregistré 4,08 % lors de l’élection présidentielle, sa popularité le plaçant sur les talons des ténors du PS, et son omniprésence lors des conflits sociaux, ont visiblement payé. Mais de façon inégale selon la sociologie des villes et les configurations politiques locales.
C’est dans les villes moyennes, en périphérie des métropoles régionales, que les listes de la LCR connaissent un vrai succès. Des scores étonnants sont atteints en Gironde, où des villes de la ceinture de Bordeaux comme Cenon, Cestas, Lormont ou Pessac, ont vu les listes de la Ligue osciller entre 6 % et 10 %.
Même phénomène en Seine-Maritime, dans la banlieue de Rouen, à Sotteville-lès-Rouen, Canteleu, Saint-Etienne-du-Rouvray. Ou encore, en Loire-Atlantique, dans l’agglomération nantaise, à Rezé ou à Saint-Herblain.
Ce succès conforte certaines implantations traditionnelles de la LCR ou de l’extrême gauche comme la Seine-Maritime, mais aussi Clermont-Ferrand, Sarlat (Dordogne) ou Agen. Mais le succès a également touché des villes "toutes neuves" où l’organisation n’existait pas ou dispose de peu de militants, explique Pierre-François Grond, membre du bureau politique, soulignant qu’Olivier Besancenot s’est rendu dans pratiquement toutes ces communes pour dénoncer une fermeture d’usine ou des licenciements.
"MALAISE SOCIAL"
Ces centres urbains avaient déjà vu émerger l’électorat d’Olivier Besancenot. "Dans ces villes moyennes, on retrouve des électeurs jeunes qui ont du mal à se projeter géographiquement, socialement et identitairement. Ce sont aussi des villes où le malaise social des catégories populaires est fort", souligne Stéphane Rozès, directeur de l’institut CSA-Opinions.
Il semble cependant que le contexte politique local ait aussi beaucoup joué sur cette percée électorale municipale. C’est en effet dans les communes ancrées à gauche, où la LCR était seule concurrente d’une liste d’union de la gauche, qu’elle a fait un tabac : 7% en moyenne, a calculé l’IFOP. C’est le cas de Quimperlé (Finistère), Lormont (Gironde), Rezé (Loire-Atlantique), Clermont-Ferrand…
"Dans ces situations où il y a peu de risque de droite, la LCR rafle tout l’électorat d’extrême gauche", remarque le directeur de l’IFOP, Jérôme Fourquet. "Cela permet un vote plaisir, souligne aussi Vincent Tiberj, chercheur du Cevipof. On assiste à un retour du vote d’influence de 2002."
Sylvia Zappi