
La charte est publiée dans ce chapitre du site en plusieurs parties.
Introduction
Faire face à l’offensive libérale
Contrer l’offensive libérale
Construire une alternative
1 – Sécuriser l’emploi et augmenter le niveau de vie
2 – Installer un socle de droits individuels et collectifs
3 – Réaliser l’égalité entre les hommes et les femmes
4 – Reconquérir les services publics et élargir l’appropriation sociale
5 – Refonder les politiques publiques et dégager les moyens d’une alternative
6 – Assurer un renouveau démocratique
7 – Initier un nouveau type de développement
8 – Construire une autre Europe dans un autre Monde
Sur France Inter, la chronique de Bernard Maris, journaliste et écrivain.
Pendant que les entreprises du CAC frôlent les 100 milliards de profits, le ministre du travail cherche à combattre le stress... Vous connaissez la vieille théorie de Marx : le capital n’est que du travail accumulé, du travail « cristallisé » disait-il, un peu comme le miel est le travail cristallisé des abeilles... Reconnaissons que les entreprises du CAC 40 sont heureuses, elles affichent 97 milliards d’euros de profits, mais de quoi sont faits ces profits ? De génie patronal ? De talent de manager ? De flair stratégique ? De courage de condottiere, ou de sueur et de stress ? Et bien pour Total, de rien de tout ça. Les profits sont largement faits de rente. Total est assis sur des puits de pétrole, comme des Bédouins dans le désert, et comme eux il profite de l’explosion de la demande pétrolière tirée par la Chine. Autrement dit, les profits de Total ne peuvent qu’aller en s’accroissant avec la rareté du pétrole, quel que soit le talent ou l’incompétence du patron Christophe de Margerie. Bien sûr, il y a du stress dans Total, mais moins qu’ailleurs, et sans doute moins que sur le périphérique ou le malheureux automobiliste consomme le produit vendu par Total dans des bouchons, en se rongeant les sangs parce qu’il va être en retard à son travail. Quiconque s’efforce de pénétrer dans Paris vers 9 heures du matin peut mesurer les vapeurs de tristesse, de stress, de rage, de méchanceté qui s’évaporent au-dessus des automobiles.
On ne déteste plus son patron, mais soi-même Les salariés français sont stressés, parce qu’ils ne travaillent à la fois ni trop, ni pas assez. La loi sur les 35 heures a fait flamber la productivité des cadres et des employés, et créé des conditions de travail terribles. Pas question de feignasser une seconde ! Aux ordres ! Le doigt sur la couture du pantalon. On redécouvre une banalité de base, à savoir que l’entreprise est un lieu où l’autorité ne se discute pas. On y obéit et on y produit. Certes, direz-vous, ce n’est plus le travail à la chaîne ! Que nenni. L’ouvrier de Taylor avait un ennemi, le patron. L’ouvrier ou le cadre d’aujourd’hui a deux ennemis : l’autre cadre, et surtout lui-même. Alors que la production reposait autrefois sur les petits chefs, la maîtrise, elle, repose aujourd’hui sur l’auto-contrôle, l’auto-exploitation, un marathon infini pour fournir tout seul comme un grand de la bonne sueur nerveuse à son entreprise. Au contrôle de la hiérarchie, s’ajoute, comme si ça ne suffisait pas, l’auto-contrôle, et l’offre perpétuelle de son labeur. Ce n’est plus le patron que l’on déteste, ça c’était le bon vieux temps, mais soi-même... Ce qui peut conduire aux pires extrémités.
La phrase du jour : Il y a aujourd’hui deux phrases du jour : « Trop de travail tue le travail » et « Ce n’est plus la fin du travail, mais le travail sans fin ! » Retrouvez « L’autre économie » de Bernard Maris, en direct sur France Inter, du lundi au vendredi à 6h49.
Samedi 15 Mars 2008 - 00:01 Bernard Maris