
La charte est publiée dans ce chapitre du site en plusieurs parties.
Introduction
Faire face à l’offensive libérale
Contrer l’offensive libérale
Construire une alternative
1 – Sécuriser l’emploi et augmenter le niveau de vie
2 – Installer un socle de droits individuels et collectifs
3 – Réaliser l’égalité entre les hommes et les femmes
4 – Reconquérir les services publics et élargir l’appropriation sociale
5 – Refonder les politiques publiques et dégager les moyens d’une alternative
6 – Assurer un renouveau démocratique
7 – Initier un nouveau type de développement
8 – Construire une autre Europe dans un autre Monde
L’ancien premier ministre s’est attardé sur le « métier de pacificateur » qui nécessite de « découvrir l’autre » et il a, pour la première fois, reconnu un « secret » à propos du dénouement de la prise d’otage de la grotte d’Ouvéa, le 5 mai 1988 (le gouvernement Chirac, non sans l’assentiment de François Mitterrand, déclenche l’opération « Victor » pour libérer les gendarmes retenus par des activistes kanaks dans la grotte) : « Des blessés kanaks ont été achevés à coups de bottes par des militaires français dont un officier. Il fallait prévoir que cela finisse par se savoir et que ceux-là aussi soient garantis par l’amnistie », affirme ainsi Michel Rocard.
Or, explique-t-il, les Kanaks considéraient leurs hommes comme des résistants et il ne pouvait y avoir d’accord sans amnistie. Les Caldoches refusaient une telle grâce, qui ne visaient que les Kanaks à leurs yeux. En faisant comprendre que l’oubli couvrirait aussi les crimes de l’armée français à Ouvéa, Michel Rocard rendait le pardon acceptable aux yeux des Caldoches et pouvait ainsi véritablement lancer le processus de paix.
Cette confession radiophonique prend le contre-pied des silences et dénégations de Bernard Pons et du général Jacques Vidal évoqués par Mediapart à propos de Grotte d’Ouvéa. Autopsie d’un massacre, un documentaire d’Élizabeth Drévillon qu’a diffusé France 2 le 8 mai dernier. Même si dans un autre documentaire diffusé le 5 mai sur France O, Retour sur Ouvéa (réalisé par Mehdi Lallaoui), le capitaine du GIGN, Philippe Legorjus reconnaissait des « actes contraires à l’honneur », sans plus de précision.
Quelques semaines après les faits, Edwy Plenel et Alain Rollat avaient levé le lièvre des exactions de l’armée française dans Mourir à Ouvéa, le tournant calédonien (Ed. La Découverte-Le Monde, 1988). Vingt ans après, Michel Rocard ose rompre la loi du silence.
Et cela advient au cours d’une émission fleuve, qui continuera d’irriguer jusqu’à vendredi les matinées de France Culture, entre 9h06 et 12h30.