
La charte est publiée dans ce chapitre du site en plusieurs parties.
Introduction
Faire face à l’offensive libérale
Contrer l’offensive libérale
Construire une alternative
1 – Sécuriser l’emploi et augmenter le niveau de vie
2 – Installer un socle de droits individuels et collectifs
3 – Réaliser l’égalité entre les hommes et les femmes
4 – Reconquérir les services publics et élargir l’appropriation sociale
5 – Refonder les politiques publiques et dégager les moyens d’une alternative
6 – Assurer un renouveau démocratique
7 – Initier un nouveau type de développement
8 – Construire une autre Europe dans un autre Monde
Mercredi 14 février 2007 Coco, boulot, dodo.
Lu dans « Libération » ce mercredi l’interpellation de José Bové par un ex-ajusteur communiste, Maurice, à qui il dit que le Parti Communiste « n’a pas trahi les ouvriers ». Mon pauvre Maurice, il faut vraiment être un dévot de la religion communiste pour ne pas voir que, pendant presque un siècle, ce parti a fonctionné comme l’Eglise avec son inquisition, ses bûchers, ses orthodoxes célébrés, ses hétérodoxes persécutés, condamnés, emprisonnés et que, dans cette logique totalitaire, la classe ouvrière a été le cadet de ses soucis ! Les Communistes auraient pu profiter de subventions de la CIA et des Etats-Unis tant leur rôle contre-révolutionnaire est avéré dans le XX° siècle… Le PCF n’a pas trahi les ouvriers, cher Maurice, lorsque Molotov le communiste et Ribbentrop le national-socialiste signent le pacte Germano-soviétique le 23 août 1939 et conviennent d’un partage de l’Europe à l’amiable avec viol de la Pologne et cadeau des pays Baltes aux marxistes-léninistes. Ce pacte auquel consent le parti communiste français permet à Hitler de ne pas s’éparpiller sur deux fronts, donc d’être extrêmement performant quand il envahit la France. Pendant qu’Hitler vaque à ses petites affaires mondiales, Staline lui livre les antifascistes présents sur le sol Allemand et Autrichien, dont Margaret Buber-Neuman. Il faudra l’attaque de l’URSS par le III° Reich en juin 1941 pour que les communistes russes deviennent anti-nazis… Le PCF n’a pas trahi les ouvriers, cher Maurice, quand, de conserve avec Maurice Thorez et Jacques Duclos, il négocie avec Otto Abetz en 1940 l’autorisation pour « L’humanité » de reparaître sous régime d’occupation nazie et que, pour ce faire, certains de ses émissaires jouent de la corde antisémite commune avec les nationaux-socialistes pour obtenir ce droit à revenir dans les kiosques… La haine raciale du Juif chez les nazis effectue un trajet commun, sur le principe des compagnons de route, avec la haine marxiste des Juifs confiscateurs du grand Capital… Le PCF n’a pas trahi les ouvriers, cher Maurice, quand, pendant quarante deux ans , il a soutenu un régime sanguinaire, tyrannique, dictatorial, colonial, impérialiste, inhumain, carcéral, disciplinaire, y compris pour la classe ouvrière, sous prétexte que les ouvriers, entre goulag et Kolyma, ne dormaient pas sous les ponts , de fait, ils s’entassaient dans des appartements communautaires, disposaient d’études supérieures gratuites pour leurs enfants , certes, supérieures sur le principe , mais inférieures dans les faits par leurs contenus doctrinaires… Le PCF n’a pas trahi les ouvriers, cher Maurice, quand il a rompu en 1989 avec sa soviétophilie, si longtemps utile pour remplir les caisses du parti et financer les salaires des permanents qui constituaient la bureaucratie du parti place du Colonel Fabien, au moment très tardif de la chute du mur de Berlin, c’est à dire quand on ne pouvait plus tresser de couronnes de laurier au soviet suprême et à ses momies. Que n’a-t-il, ce parti qui n’a jamais trahi les ouvriers, soutenu Gorbatchev quand ce grand homme aspirait à la Perestroïka et à la Glasnost, cet homme vilipendé par tous, y compris les communistes français, pour avoir voulu brader l’URSS quand il souhaitait la conserver à gauche, et ne pas la vendre aux libéraux, ce qui pourtant fut fait, avec Eltsine, et un peu grâce au parti frère français … Le PCF n’a pas trahi les ouvriers, cher Maurice, quand il a accepté, en Mai 68, d’envoyer un obscur syndicaliste de la CGT qui deviendra célèbre, Henri Krasucki, rencontrer un autre obscur envoyé par Pompidou qui, lui aussi, deviendra célèbre et avouera plus tard être allé à cette réunion secrète dans une sous pente avec un revolver sous sa veste, Jacques Chirac, pour négocier le principe des accords de Grenelle qui, de fait, arrêtaient la grève, éloignaient la perspective révolutionnaire, et justifiaient la fameuse reprise du travail ( ah ! le fameux « il faut savoir arrêter une grève « !) sous prétexte d’une augmentation de salaire dont le pouvoir et les syndicats savaient qu’elle serait bien vite absorbée par l’augmentation du coût de la vie dans les mois suivants… Le PCF n’a pas trahi les ouvriers, cher Maurice, quand il a vendu son âme pour une assiette de lentilles, plusieurs fois depuis Mai 81, en acceptant des strapontins de ministres dans des gouvernements qui, se disant de gauche, menaient une politique de droite, dont certains nationalisaient plus que le gouvernement Balladur. Un pied revendicatif dans l’usine, un autre dans les palais dorés des ministères, une parole à gauche, une pratique de collaboration avec le libéralisme, des banderoles entre Nation et République, des cocktails chics à Matignon et des électeurs, pas dupes, qui quittent le parti et s’en vont, pour certains, vers le Front National… Le PCF n’a pas trahi les ouvriers, cher Maurice, en prétendant pendant des mois aspirer à une candidature unique de la gauche antilibérale, certes, bien sûr, évidemment, mais pourvu qu’elle se fasse sous le nom de Marie Georges Buffet, et sous le logo du Parti Communiste Français, non sans avoir sollicité les militants en amont pour noyauter, vieilles habitudes, les comités antilibéraux partout où c’était possible afin de laisser croire à une réelle et naturelle présence de leur première secrétaire artificiellement plébiscitée. Le PCF n’a pas trahi les ouvriers, cher Maurice, lors des négociations avec le Parti Socialiste pour conserver après les présidentielles les prébendes électorales – des municipales aux législatives, en passant par les sénatoriales et autres consultations cantonales, départementales et régionales- obtenues avec la complicité d’un PS qui assure, par le choix de ses candidats et ses alliances, la réélection des permanents du Parti, des salariés de la bureaucratie, pourvu que la parole de gauche pendant la campagne n’empêche pas ensuite une pratique gouvernementale commune. Mon cher Maurice, je crains que votre dévotion au Parti – comme d’autres dévots sacrifient à Bernadette Soubirous- vous empêche de faire de l’histoire, notamment celle de votre Eglise , car vous auriez vu que le Parti Communiste Français, qui a commencé par revendiquer et s’approprier tous les fusillés et la plupart des résistants français alors qu’il collaborait avec le régime nazi, puis continué à se dire révolutionnaire pendant qu’il participait au gouvernement d’un Lionel Jospin qui affirmait que son projet présidentiel ne serait pas socialiste, ce Parti, donc, a fourni en couleuvres pendant un demi siècles la classe ouvrière qui mendie aujourd’hui, et pour cause, un peu des miettes du festin de Jean-Marie Le Pen… Le score de ce dernier, le PCF est en un peu responsable, malheureusement.
Je ne suis pas une "fine lame" de l’histoire politique . Cependant ,dans les collectifs antilberaux il est vrai que l’attitude de certains membres ou sympathisants proches (pas tous précisons le ) a été en dessous de tout. Cependant,je pense qu’il faut se donner la force de faire le distingo entre CERTAINS militants et LE PARTI ; de ne pas tomber dans un manichéisme brutal. Sur le long chemin de la demarche unitaire nombreux sont ceux qui sont tombés dans le piège du repli identitaire . Le plus navrant c’est que ce soit une partie de la direction du pcf qui ait organisé cette manoeuvre. Les citoyens qui attendaient une autre pratique de la politique s’en souviendront longtemps. Par conséquent,la confiance sera difficile voire impossible a regagner pour le PCF,parce que dans son passage "alternative unitaire" ce parti ,là, a trahi c’est sûr. Il a joué jusqu’au bout la logique rétrograde de l’appareil qui nous faisait tant horreur. Le Pcf est aujourd’hui un parti mourant executant son baroud’ d’honneur (si honneur il y a )mais les militants réellement unitaires du Pcf ,eux ,doivent garder leur place parmi nous. Sachons les considérer avec le respect qu’ils méritent.
Sébastien,DUNKERQUE.
L’histoire est faite de contradictions et celle du PCF en particulier n’y échappe pas. Mais ce qu’un auteur engagé dans un débat retient de cette histoire afin de le valoriser est une porte ouverte sur les sentiments qui l’animent. De ce point de vue la litanie anticommuniste de Michel Onfray ne manque pas d’effrayer. Non pas que les questions évoquées ne doivent faire débat ...mais parce que le regard partiel qu’il porte sur l’histoire du PCF est celui de ses pires ennemis. Et cela transpire la haine ... Alors, pour n’aborder qu’un aspect ... mais peut-être le plus odieux ... écoutons Marie-Claude Vaillant-Couturier :
" … parmi les otages fusillés au Mont-Valérien les 22 et 30 mai, les 11 août et 21 septembre 1942 nombreux étaient mes camarades de combat. Nous avions été arrêtés dans la même affaire par le service des Renseignements généraux dépendant de Pétain et livrés à la Sipo.SD (Services de sécurité et police de sûreté) dont Lischka était, entre autres, chef du service responsable pour les camps d’internement et l’exécution des otages pour toute la France.
Les noms figurant sur les listes d’otages publiées sont pour moi des hommes que je revois vivants.
Je revois les yeux si bleus de Politzer, le fin visage de Jacques Decour. J’entends la voix de Politzer nous disant par les canalisations de la prison de la Santé, quelques jours avant d’être fusillé, qu’il avait maintenant son livre sur des problèmes philosophiques entièrement en tête et que s’il avait du papier et un crayon il pourrait l’écrire d’un seul trait. Le 22 juin, j’ai pensé qu’avec sa vie c’était un morceau de notre patrimoine culturel que les nazis nous arrachaient
J’entends le vibrant adieu de Dalidet, si plein de vie et de courage, passant devant ma porte le 30 mai.
Pour ceux qui ont été emmenés les 11 août et 21 septembre de Romainville où nous avions été transférés, nous n’avons su que quelque temps après qu’ils avaient été fusillés. Toutes les femmes ont été déportées à Auschwitz, presque toutes y sont mortes comme Danièle Casanova.
Impossible de lire sans en être bouleversé les cyniques recommandations consignées lors d’une réunion des responsables des exécutions, sous la présidence du Sturmbahnführer S.S. Laube.
Le paragraphe 5 recommande « de trouver pour les futures mesures de représailles des cordes, poteaux, cercueils et de la sciure de bois en suffisance ». Le paragraphe 6 indique : « Il est d’usage d’offrir aux membres des pelotons d’exécution des rafraîchissements pendant les pauses entre les différentes exécutions. On recommande de tenir à leur disposition des cigarettes ou de l’eau-de-vie pour les remettre de leur ébranlement subi ».
Laube est témoin au procès contre Lischka, Hagen et Heinrichsohn.
Mais, en plus de l’émotion qu’ils suscitent, les documents réunis par Maître Klarsfeld (Le Livre des otages - Les éditeurs français réunis - 1979) sont d’une exceptionnelle importance par ce qu’ils démontrent.
Les autorités hitlériennes considéraient les communistes comme leurs ennemis irréductibles – la grande majorité des otages sont des communistes y compris quand ils sont désignés uniquement comme Juifs – c’est frappant dans le cas des otages fusillés le 15 décembre 1941 – ce n’est pas nous qui faisons cette distinction raciste entre des résistants.
Von Stülpnagel reconnaît que la répression n’a pas fait diminuer l’activité des communistes, au contraire elle s’est constamment amplifiée.
Le but des responsables nazis en désignant comme otages essentiellement des communistes et des Juifs était de les isoler de l’ensemble du pays.
Laube reconnaît dans une note du 7 janvier 1943 qu’ une partie très importante de la population de la France a une attitude négative à l’égard de l’Allemagne ». Il n’a pas été possible de dissocier les communistes de la Résistance, au contraire, celle-ci n’a fait que s’élargir et s’unir.
Une autre remarque que permet la publication des listes d’otages, quand y est mentionnée l’activité de chacun, c’est que nombre d’entre eux ont été arrêtés par la police de Pétain pour une activité résistante antérieure au 21 juin 1941. C’est le cas notamment parmi les fusillés du 15 décembre 1941 de Gabriel Péri arrêté le 18 mai 1941.
Berthier Julien est condamné le 12.11.40 pour distribution de tracts, Schipke Herman est arrêté le 4 octobre 1940 pour avoir collé des papillons communistes. Zajdorf Alje condamné le 8 mai1941 pour distribution de tracts. Arrêtés pour le même motif les jeunes communistes Martin Roland le 20 octobre 1940 et Huart Gaston le le 4 mars 1941 seront fusillés le 7 mars 42. C’est une réponse à ceux qui prétendent que nous n’avons commencé la résistance qu’après l’invasion de l’URSS.
La résistance armée était impossible sans soutien populaire. La propagande par tracts et journaux clandestins avait pour tâche de créer les conditions psychologiques de la lutte. Il est vrai que l’agression contre un pays aussi vaste et puissant que l’URSS apparaissait comme devant rendre l’Allemagne hitlérienne plus vulnérable. Cela créait les conditions pour passer de la propagande à l’action directe. Pour les communistes, il y avait aussi le sentiment de solidarité avec la victime de l’agression, le premier pays qui avait aboli le capitalisme ... "
On le voit, Marie-Claude Vaillant-Couturier n’élude pas certaines questions ... mais elle ne se trompe pas sur l’essentiel, sur ce qu’il faut retenir, d’abord et avant tout, d’une histoire dont le PCF n’a pas à avoir honte ... même s’il convient d’en examiner certaines zones d’ombre. Ce que l’on choisit de retenir n’est jamais innocent. JPL - Manosque