
La charte est publiée dans ce chapitre du site en plusieurs parties.
Introduction
Faire face à l’offensive libérale
Contrer l’offensive libérale
Construire une alternative
1 – Sécuriser l’emploi et augmenter le niveau de vie
2 – Installer un socle de droits individuels et collectifs
3 – Réaliser l’égalité entre les hommes et les femmes
4 – Reconquérir les services publics et élargir l’appropriation sociale
5 – Refonder les politiques publiques et dégager les moyens d’une alternative
6 – Assurer un renouveau démocratique
7 – Initier un nouveau type de développement
8 – Construire une autre Europe dans un autre Monde
LE MONDE | 14.05.08 | 14h31 • Mis à jour le 14.05.08 | 14h31 Londres, correspondant
Les affiches du oui au traité de Lisbonne sont désormais omniprésentes dans le centre de Dublin. A l’évidence, ses partisans se sont enfin mobilisés à l’approche du référendum dont la date a officiellement été fixée, mardi 13 mai, pour le 12 juin. L’Irlande est le seul pays de l’Union européenne à tenir une telle consultation, maintenant le suspense sur un processus de ratification qui s’est jusqu’à présent déroulé sans grande surprise dans les 26 autres pays de l’UE, qui ont tous opté pour la voie parlementaire.
Les sondages, qui montrent que le oui ne parvient pas à décoller malgré tout ce que les Irlandais doivent à l’Europe pour leur réussite économique, viennent rappeler fâcheusement l’échec en 2001 du référendum sur le traité de Nice. Publié le 11 mai par le Sunday Business Post, le dernier sondage crédite le oui de 38 %, contre 28 % de non. Parmi le millier de sondés, 34 % ne se prononcent pas, selon cette enquête réalisée par l’institut Red C entre le 3 et le 7 mai.
"Dites oui à l’ouverture, oui à la nouvelle Europe et oui à la fin du totalitarisme et n’écoutez pas ceux qui affirment que nous allons être submergés" : lançant la campagne référendaire lundi, le nouveau premier ministre, Brian Cowen, a dépêché les députés de sa formation, le Fianna Fail, sur le terrain. Menaçant de sanctions réfractaires et rebelles potentiels, le nouveau taoiseach (premier ministre en gaélique) a fait monter en première ligne deux figures très populaires de la majorité, le vice-premier ministre Mary Coughlan et le nouveau ministre des affaires étrangères, Michael Martin.
Responsable de la diplomatie irlandaise en 2001 lors du traité de Nice, M. Cowen a gardé un souvenir amer de la victoire surprise du non. Le texte avait été adopté un an plus tard lors d’un nouveau vote. Il est indéniable que la démission, le 7 mai, de son prédécesseur, Bertie Ahern, éclaboussé par un scandale financier, a permis aux proeuropéens de reprendre l’avantage. Toutes les forces vives de cette nation de 3 millions d’âmes sont favorables au traité : les partis de droite comme de gauche, sauf les nationalistes du Sinn Fein, le patronat, les actifs, surtout les jeunes. Les personnalités européennes, à l’instar du ministre français de l’agriculture, Michel Barnier, se sont succédé à Dublin pour apporter leur soutien au "peuple du oui".
LA MISÈRE DES SERVICES PUBLICS
Comment expliquer dans ces conditions le nombre d’indécis ? Le camp du non s’appuie pêle-mêle sur les revenus modestes et les laissés-pour-compte du "Tigre celtique", les neutralistes, l’extrême gauche ainsi qu’une poignée d’entrepreneurs tenants du tout-libéralisme. Ceux qui, pour une raison ou une autre, attribuent à la construction européenne l’origine de leurs problèmes se concentrent dans les régions pauvres de la frontière avec l’Ulster, le centre et l’ouest. Ce courant populaire, voire populiste, pointe en particulier du doigt la "clause de solidarité" prévue par le traité en cas d’attaque terroriste.
Les experts redoutent l’effet de la crise financière. La chute de la croissance, de l’immobilier - moteur du miracle irlandais avec les industries de pointe et les finances - et le resserrement des conditions de crédit frappent la classe moyenne. Ils s’ajoutent à la misère des services publics, qui, malgré les investissements massifs dans la santé et les transports, peut alimenter un vote protestataire contre un Fianna Fail au pouvoir depuis 1997.
Les arrière-pensées des uns et des autres pénalisent aussi le camp du oui. La centrale syndicale SITPU refuse de donner des consignes de vote, arguant des difficiles négociations salariales à venir. Et la confédération paysanne, qui oublie que la politique agricole commune a nourri pendant trente ans ses adhérents, a lié son soutien à la protection des exportations de boeuf irlandais dans les négociations en cours au sein de l’Organisation mondiale du commerce.
Marc Roche
Les ratifications
PROCESSUS. 13 pays ont à ce stade ratifié le traité de Lisbonne par la voie parlementaire. Seule l’Irlande est tenue par sa Constitution à un référendum. Aucun autre pays n’a opté pour cette voie.
NOUVEAUX ADHÉRENTS À L’UE. Le 12 mai, le dernier pays à ratifier a été la Slovénie. Avec elle, neuf des douze nouveaux adhérents à l’Union européenne - entrés en 2005 et en 2007 - ont adopté le nouveau traité. L’Estonie, la République de Chypre et la République tchèque ne l’ont pas encore fait.
"ANCIENS" ETATS MEMBRES. Parmi les quinze "anciens" pays membres, le mouvement a été plus lent. A ce jour, seuls l’Autriche, le Danemark, la France (14 février) et le Portugal, le 9 mai, ont procédé à cette ratification.
Au Royaume-Uni, les Lords épluchent le texte
Au Royaume-Uni, la ratification parlementaire du traité de Lisbonne poursuit tranquillement son chemin. L’examen en cours des différentes dispositions du texte par la Chambre des Lords devrait être achevé le 22 mai. L’opposition conservatrice doit déposer un amendement réclamant la tenue d’un référendum qui devrait être rejeté à une majorité confortable. L’absence de majorité travailliste à la deuxième chambre devrait être compensée par l’appoint des libéraux-démocrates (centristes), de pairs indépendants et de bon nombre de conservateurs de la vieille génération, hostiles à la plate-forme eurosceptique de leur parti.
Aux communes, le 11 mars, le texte avait été adopté avec une majorité plus large que prévu. Après une nouvelle navette entre les deux chambres, le texte, s’il est adopté par les Lords en l’état, devrait recevoir l’assentiment royal - et final - à la mi-juillet. En cas de modification, il faudrait en revanche de nouvelles négociations. Outre-Manche, l’Acte unique européen et le traité de Maastricht ont été adoptés par voie parlementaire. – (Corresp.)
Article paru dans l’édition du 15.05.08