
La charte est publiée dans ce chapitre du site en plusieurs parties.
Introduction
Faire face à l’offensive libérale
Contrer l’offensive libérale
Construire une alternative
1 – Sécuriser l’emploi et augmenter le niveau de vie
2 – Installer un socle de droits individuels et collectifs
3 – Réaliser l’égalité entre les hommes et les femmes
4 – Reconquérir les services publics et élargir l’appropriation sociale
5 – Refonder les politiques publiques et dégager les moyens d’une alternative
6 – Assurer un renouveau démocratique
7 – Initier un nouveau type de développement
8 – Construire une autre Europe dans un autre Monde
Les confédérations syndicales appellent à une journée de mobilisation le 22 mai « pour la défense d’une retraite solidaire », tout en s’apprêtant à négocier des contreparties à l’allongement de la durée de cotisation à 41 ans. Faire de cette journée une véritable journée de défense des retraites, c’est refuser cet allongement, c’est contester le bien-fondé de la réforme. C’est-à-dire exiger le retour aux 37,5 ans de cotisation pour une retraite à taux plein.
Depuis le début de la concertation que le gouvernement a engagé pour préparer le « grand rendez-vous de 2008 » sur les retraites, les directions des grandes confédérations ne se sont opposées à l’allongement à 41 ans que de manière très confuse. Elles utilisent en particulier – et pas seulement la CFDT – l’argument du faible taux d’emploi des travailleurs âgés de plus de 55 ans. Un argument qui se situe totalement sur le terrain du gouvernement.
Aujourd’hui, on sait qu’il n’y aura pas de « grand rendez-vous » et que l’essentiel, l’allongement de la durée de cotisation à 41 ans, à raison d’un trimestre par an jusqu’en 2012, ne fera pas l’objet d’une nouvelle loi puisque le principe en est déjà acté dans la réforme Fillon de 2003 et qu’il sera mis en œuvre par décret ou à travers les budgets de 2009 de la Sécurité sociale ou de l’État. Comme le dit le tract de la CGT sur les retraites, « le président de la République annonce unilatéralement que le passage à 41 ans de cotisation n’est pas discutable. Le ministre du Travail clôt la concertation le 28 avril. C’est une fin de non-recevoir à toutes les propositions syndicales. » Mais qu’y a-t-il d’étonnant à cela ? Et qu’attendre de la part d’un gouvernement qui mène sur tous les fronts l’offensive contre les droits sociaux des travailleurs ?
Non seulement les cinq confédérations appellent à la journée du 22 mai sans affirmer, dans leur communiqué, qu’elles refusent l’allongement de la durée de cotisation à 41 ans, mais elles discutent de l’agenda social gouvernemental avec le Premier ministre, Fillon, qui va les consulter l’une après l’autre jusqu’au 13 mai. Elles répondent positivement à la proposition du gouvernement de « compléter » son projet sur l’emploi des seniors.
En somme, ne seraient en jeu que les à-côtés de l’allongement de la durée de cotisation. Dans le projet gouvernemental, les mesures sur l’emploi des seniors, destinées à inciter sous peine de sanctions financières les entreprises à employer davantage de salariés âgés de plus de 55 ans, s’accompagnent de l’abrogation de la « dispense de recherche d’emploi » pour les salariés âgés de plus de 57,5 ans, ainsi que de la possibilité de cumuler sans aucune restriction une pension de retraite et le salaire d’un emploi – y compris celui occupé auparavant. On ne peut mieux dire que l’objectif du gouvernement est de faire travailler plus et plus longtemps pour gagner moins ! Il faut ajouter à ce projet le transfert d’une partie de la cotisation chômage vers les caisses d’assurance vieillesse et la prise en charge de la majoration de pension « pour enfants » par les caisses d’allocation familiale.
Engagées de fait par leur acceptation antérieure de la réforme Fillon de 2003 et de la propagande patronale et gouvernementale sur la situation catastrophique des caisses de retraite, les directions des confédérations sont incapables de mobiliser par elles-mêmes. En outre, la CGT n’entend pas laisser isolée la CFDT, alors qu’elle a été la seule à signer avec cette dernière l’accord sur la représentativité syndicale.
Mais, comme ils l’ont fait en 2003 au moment de la réforme Fillon, ou à l’automne 2006 à l’occasion de la réforme des régimes spéciaux, les militants et les salariés eux-mêmes peuvent changer la donne en invitant à se rassembler sur des objectifs clairs : l’abrogation des décrets Balladur de 1993, de la réforme de 2003 et le retour aux 37,5 ans pour tous pour une retraite à taux plein. Et contribuer ainsi à faire du 22 mai une véritable journée de mobilisation.
Galia Trépère