
La charte est publiée dans ce chapitre du site en plusieurs parties.
Introduction
Faire face à l’offensive libérale
Contrer l’offensive libérale
Construire une alternative
1 – Sécuriser l’emploi et augmenter le niveau de vie
2 – Installer un socle de droits individuels et collectifs
3 – Réaliser l’égalité entre les hommes et les femmes
4 – Reconquérir les services publics et élargir l’appropriation sociale
5 – Refonder les politiques publiques et dégager les moyens d’une alternative
6 – Assurer un renouveau démocratique
7 – Initier un nouveau type de développement
8 – Construire une autre Europe dans un autre Monde
Par JR.
Toutes les turpitudes du capitalisme financier s’étalent sur deux pages dans le quotidien du soir de ce week-end. Mais ce informations disparates ne sont pas mises en perspective.
Le France qui se lève tôt lit-elle le Monde ? Sans doute pas, c’est un quotidien du soir. Et c’est aussi bien. Mieux vaut qu’elle s’abstienne si elle ne veut pas que son moral baisse encore un peu plus. Petits patrons, salariés, commerçants, retraités ou chômeurs, évitez de lire le Monde daté de ce dimanche-lundi. Ses deux pages économiques risquent de vous agacer. Jugez plutôt.
Page 11, « les parachutes dorés ont de beaux jours devant eux » y compris pour la brave Pat Russo, la patronne nulle d’Alcatel Lucent qui quitte son groupe avec 6 millions d’euros malgré des pertes de 3,5 milliards en 2007 et une action dont le cours a été divisé par deux pendant la période. Au cas où les actionnaires mécontents d’autres groupes, comme Air Liquide, Danone ou Total, voudraient s’en prendre au dirigeant, il faudrait prévoir entre 2 et 6 millions d’euros pour chacun des malheureux éconduits. Voilà les petits porteurs prévenus. Pourtant, rappelle le journaliste, dès son arrivée à la présidence de la République, le brillant Sarkozy s’était hâté de prendre des mesures pour « discipliner »l’octroi de parachutes dorés avec sa loi Tepa. C’est réussi. Il est vrai que cette loi devait aussi relancer la croissance et le pouvoir d’achat. Sans doute une question de patience (voir le papier de malakine).
Continuons la lecture. En bas de page, deux articles courts : Antoine Zacharias est débouté de sa demande d’indemnisation. Viré de Vinci avec une indemnité de 12,9 millions d’euros, le malheureux réclamait un supplément de 81 millions, ce sera non. Les juges ne comprennent vraiment rien à la précarité du boulot de chef d’entreprise. L’autre brève, qui pourrait presque passer inaperçue, concerne Natexis, la banque d’affaire créé par la Caisse d’épargne et la Banque populaire. Comme elle a joué avec l’argent de votre Livret A, elle a perdu beaucoup d’argent et licencie 850 personnes. Dur métier. Passons à la page 12. Des responsables du groupe EADS devraient être entendus suite à la mis en examen de Noël Forgeard.Ce grand capitaine d’industrie aurait profité d’information privilégiées pour vendre des stock-options et fait une plus-value de plus de 4 millions d’euros, avant que la société n’annonce des retards de livraison de ses avions. Plus bas, on découvre que la Société Générale n’en a pas fini avec l’affaire Kerviel. La commission bancaire risque de lui infliger 5 millions d’euros d’amende pour ne pas suffisamment avoir surveillé les gamins qui jouent au casino avec l’argent de ses clients dans ses salles de marché.
Cerise sur le gâteau, le dernier article de la page évoque un scandale en Allemagne. Deutsche Telekom est au coeur d’une affaire d’écoutes téléphoniques de dirigeants et de journalistes. Seraient impliqué d’anciens espions de la Stasi travaillant pour des boîtes de sécurité. Des caméras auraient été placés dans les locaux du Handelsblatt, le journal économique allemand. Heureusement, dès que le lecteur écoeuré par cette photo de week-end du monde de l’entreprise et de l’économie, passe à la page suivante, celle qui concerne les « Marchés » (pas Rungis, les bourses européennes), il découvrent qu’heureusement « Les opérateur saluent les bonnes nouvelles », et que l’Europe a de la chance d’avoir un euro fort. Les financiers et les entreprises ne vivent pas de le même monde, on l’aura compris une fois de plus.
Pendant ce temps, au pays de la France qui se lève tôt et se console avec sa valeur travail, on assouplit les contrats de travail, on baisse les indemnités de retraite et on enterre les 35 heures. Dans ces conditions, il n’est pas étonnant que Christine Lagarde commence à « craindre que, sous la pression populaire, le règlement, la loi et les directives européennes n’interviennent »). Bruxelles aux secours des salariés et petits actionnaires ? Le CAC40 doit trembler...
Dimanche 01 Juin 2008 - 11:56 JR