
La charte est publiée dans ce chapitre du site en plusieurs parties.
Introduction
Faire face à l’offensive libérale
Contrer l’offensive libérale
Construire une alternative
1 – Sécuriser l’emploi et augmenter le niveau de vie
2 – Installer un socle de droits individuels et collectifs
3 – Réaliser l’égalité entre les hommes et les femmes
4 – Reconquérir les services publics et élargir l’appropriation sociale
5 – Refonder les politiques publiques et dégager les moyens d’une alternative
6 – Assurer un renouveau démocratique
7 – Initier un nouveau type de développement
8 – Construire une autre Europe dans un autre Monde
"Stop Bolkestein, Non, Nein, Nee, No Nao..."
Le pari a été gagné, et bien gagné ! L’objectif des 10 000 manifestants à Strasbourg, le 11 février, pour le retrait de la directive Bolkestein a été atteint et même dépassé. Une manifestation internationale, chaleureuse, combative, placée sous le signe du retrait pur et simple de la directive. De multiples manifestatations, rassemblements, ont eu lieu dans les villes de notre pays. Berlin a vu défiler le même jour près de 50 000 manifestants, sur le même thème, à l’appel d’Attac, des syndicats, des partis de gauche, notamment le « Parti de la gauche » récemment créé – il manifestait aussi à Strasbourg – du MLPD, etc.
Le 14 février, ils étaient 50 000 à Strasbourg Une très grosse manifestation de militants venant de tous les pays de l’Union, de Norvège – avec leur bannière rouge – de Pologne, d’Italie, … et surtout d’Allemagne, de Belgique et de France, avec de gros bataillons de la CGT, mais aussi de la CFDT. La tonalité était clairement anti-Bolkestein. Après la récente manifestation des dockers, qui ont empêché l’adoption de la directive de « libéralisation » des ports, traduction anticipée de Bolkestein à ce secteur, après le succès de la manifestation de samedi, la manifestation du 14 février traduit l’opposition de plus en plus forte du mouvement ouvrier à la politique néo libérale impulsée au plan national et européen. Avec l’adoption de la directive amendée, la bataille entre dans une nouvelle phase, celle de faire monter la pression sur les autorités françaises, Chirac, Villepin, pour qu’ils demandent le retrait pur et simple de cette directive.
Communiqué
Plus que jamais, retrait pur et simple de la directive Bolkestein
Les députés du Parlement européen ont adopté le texte amendé de la directive sur la « libéralisation des services », la sinistre directive Bolkestein. Les collectifs créés pour exiger le retrait de cette directive ont collé des milliers d’affiches ; ils ont recueilli des dizaines de milliers de signatures sur les cartes postales adressées à Chirac ; ils ont organisé des dizaines de réunions d’information. Ils ont appelé avec succès à manifester le 11 février, à Strasbourg, derrière le mot d’ordre « Bolkestein, non, no, nein, nei ! ». Le 14 février, ce sont les syndicalistes de toute l’Europe qui ont massivement fait entendre leur opposition à cette directive de dumping social. Toute cette mobilisation a fait reculer les libéraux dans leur volonté de faire passer la version la plus agressive de cette directive, celle qui voulait imposer la « clause du pays d’origine ». Mais le texte concocté par les libéraux du PPE et les sociaux libéraux du PSE et adopté par le Parlement européen n’en est pas moins dangereux et il reste inacceptable. Les députés européens du PS, le groupe de la Gauche Unie et les Verts ont voté contre. Les représentants de la droite française font comme si le texte ne présentait plus la moindre menace pour l’emploi, pour les services publics, pour les travailleurs, aussi bien français que ceux des autres pays de l’UE, sous prétexte que la référence au « pays d’origine » aurait été écartée. Mais alors pourquoi cette directive, pourquoi tant de pages, pourquoi tant d’amendements et de formulations volontairement floues ?
Le texte est entièrement inspiré par les dogmes du libéralisme qui font de la « libre concurrence non faussée » le principe directeur de toutes les activités économiques, sociales, culturelles, etc. du vaste domaine des « services », qui, rappelons-le, concernent quelque 70 % des emplois, selon les rédacteurs du texte. La mise en concurrence des entreprises prestataires de service met avant tout les travailleurs en concurrence, ce qui se solde toujours par des pressions sur les salaires et les conditions de travail. La multiplication des cas récents de grandes entreprises françaises faisant appel à des sous-traitants prestataires de service pratiquant du Bolkestein avant l’heure, imposant des conditions de travail, de salaires, d’hébergement dignes du XIXème siècle, en sont une illustration manifeste. Cela est d’autant plus dangereux pour les travailleurs que cette mise en concurrence se combine avec les nouvelles mesures de flexibilisation et de précarisation du travail, comme celles qui sont contenues dans le CNE et le CPE.
Cette directive est aussi un arme de destruction massive contre les services publics, attaqués de l’intérieur et de l’extérieur, par cette généralisation de la « mise en concurrence ». En effet, les entreprises privées pourront s’attaquer à ces secteurs pour en accaparer les plus rentables du point de vue du capital, en faisant jouer la clause de la concurrence intérieure et européenne.
Elle accélère la concentration des entreprises qui, à l’exemple de la Connex, s’érigent en monopoles qui dictent leurs conditions aux collectivités territoriales. Contrairement aux affirmations toujours proclamées, jamais démontrées et invariablement infirmées par la réalité, le « consommateur », individuel ou collectif, finit toujours par être victime de cette concentration capitaliste. Soit il est privé d’un service jugé insuffisamment rentable, soit il doit le payer plus cher.
Ce texte entretient le flou sur de nombreuses questions-clés pour permettre toutes les interprétations à la Cour européenne de justice dans laquelle la pensée libérale est dominante.
Tout ceci démontre que la seule posture possible était et reste bien le rejet pur et simple de ce texte. Adopté par le Parlement européen, il peut encore être rejeté par le Conseil Européen, dans lequel les autorités françaises ont leur mot à dire. C’est dire que la plus grande pression doit maintenant s’exercer sur elles pour qu’elles demandent le retrait de cette directive. La mobilisation dans ce sens doit prendre plus d’ampleur. Notre parti y apportera sa contribution, notamment au sein des collectifs du 29 mai dans lesquels il travaille.
Paris, 18 février 2006
PARTI COMMUNISTE DES OUVRIERS DE FRANCE Courriel : enavant club-internet.fr Site : www.pcof.net