
La charte est publiée dans ce chapitre du site en plusieurs parties.
Introduction
Faire face à l’offensive libérale
Contrer l’offensive libérale
Construire une alternative
1 – Sécuriser l’emploi et augmenter le niveau de vie
2 – Installer un socle de droits individuels et collectifs
3 – Réaliser l’égalité entre les hommes et les femmes
4 – Reconquérir les services publics et élargir l’appropriation sociale
5 – Refonder les politiques publiques et dégager les moyens d’une alternative
6 – Assurer un renouveau démocratique
7 – Initier un nouveau type de développement
8 – Construire une autre Europe dans un autre Monde
Par Jean-Robert Velveth sur Mediapart.fr
On n’entend plus que ce mot là : « nationalisations ». En France, Belgique, Grande-Bretagne, Allemagne, nous dit-on, on nationalise les banques à l’imitation de l’administration Bush aux États-Unis. Ce mot, « nationalisation », sorti par la porte du vocabulaire politique d’une gauche devenue sociale-libérale depuis sa fameuse parenthèse – jamais refermée – de 1983 revient ainsi par la fenêtre lexicale de la droite néo-libérale.
Mais comme il se doit, c’est au prix d’un pervertissement complet de son sens. « Si les nationalisations ont trop souvent pris la forme de simples étatisations, leur vocation dans les politiques de gauche étaient de restituer à la collectivité nationale les moyens matériels, industriels ou financiers de la production et de l’organisation économique. Il s’agissait d’orienter l’économie dans un sens qui lui permette d’échapper à l’emprise du capital. La nationalisation, autrement dit, était un moyen de socialiser, de collectiviser certains secteurs de l’économie, pour déterminer de nouvelles logiques de production et de distribution. De substituer à celle du profit, celle de l’intérêt public. De mettre en cause la domination privée de l’économie, le pouvoir de l’argent, le règne d’une jungle où les puissants se nourrissent aux dépens des petits. Les nationalisations devaient ainsi concerner des secteurs sains, puissants, riches de l’économie, pour que cette richesse, cette puissance, cette santé économique cesse d’être orientée dans l’intérêt des boursicoteurs de tout poil, et puisse servir de levier à d’audacieuses politiques sociales et démocratiques, dans l’intérêt du plus grand nombre. » (Laurent Lévy)
Il ne s’agit pas ici d’embellir le principe des nationalisations, ni de surestimer le potentiel qu’elles pouvaient représenter. La vérité est d’ailleurs qu’un tel programme n’a jamais été vraiment réalisé, faute d’un courage politique suffisant, faute par le gouvernement de la gauche, de 1981 à 1983, ni n’avoir voulu s’appuyer sur un mouvement populaire ni sur une démocratisation radicale des secteurs économiques ainsi nationalisés.
Mais cela n’autorise pas y à assimiler la tentative de sauvetage d’un système financier prédateur par le renflouement sur le dos des contribuables – et donc au préjudice de toute politique sociale – des caisses des spéculateurs. Les opérations en cours n’ont donc rien à voir avec ce que l’on pourrait appeler des nationalisations : non seulement, il n’est pas question de remettre à la collectivité les pôles les plus forts de l’économie, mais bien au contraire, on demande à la collectivité de mettre la main au portefeuille pour sauver un système bancaire et financier exsangue de sa logique même de son fonctionnement ; de lui donner, en somme, les moyens pour reprendre, comme si rien n’avait été, son règne sans partage sur le monde et sur la vie des plus modestes.
Loin de donner à un secteur socialisé les moyens d’en finir avec « l’horreur économique » , il s’agit de donner au capital les moyens de la poursuivre.
Ce n’est pas à la nationalisation des banques ou d’institutions financières que l’on assiste, mais à la privatisation des fonds publics.
Avec la garantie de « nos gouvernants » et l’accord des tenants du social-libéralisme qui, d’ailleurs, dirigent…OMC et FMI !
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