
La charte est publiée dans ce chapitre du site en plusieurs parties.
Introduction
Faire face à l’offensive libérale
Contrer l’offensive libérale
Construire une alternative
1 – Sécuriser l’emploi et augmenter le niveau de vie
2 – Installer un socle de droits individuels et collectifs
3 – Réaliser l’égalité entre les hommes et les femmes
4 – Reconquérir les services publics et élargir l’appropriation sociale
5 – Refonder les politiques publiques et dégager les moyens d’une alternative
6 – Assurer un renouveau démocratique
7 – Initier un nouveau type de développement
8 – Construire une autre Europe dans un autre Monde

La gauche apparaissait dimanche comme le grand vainqueur des municipales et cantonales, avec un raz-de-marée de victoires à Toulouse, Strasbourg, Caen, Reims, Metz, Amiens ou Blois, mais la droite a réussi à sauver Marseille. Le rapport de forces gauche-droite s’est établi à 48,94% au PS et ses alliés contre 46,99% à l’UMP et ses alliés. Malgré l’appel des deux camps à une plus forte mobilisation des électeurs, le scrutin a été marqué par une abstention sensiblement identique -et record depuis 1959- (34,5% selon les instituts de sondage) à celle du premier tour. Le PS et ses alliés, qui misaient sur la reconquête de 30 des 40 villes de plus de 20.000 habitants perdues en 2001, ont repris Strasbourg, Saint-Etienne, Evreux, Quimper et Roanne. Après près de 40 ans de pouvoir de la droite, Toulouse a également basculé à gauche. Gagnés également : Dax, Mende, Valence, Thionville, Millau, Brive, Bar-le-Duc. A Marseille, après un long suspense, le maire sortant UMP Jean-Claude Gaudin l’a finalement emporté sur son concurrent socialiste, Jean-Noël Guérini, battu dans le secteur clef, 3ème, par l’ancien ministre UMP Renaud Muselier. Le ministre UMP de l’Education Xavier Darcos a échoué pour 113 voix à conserver la mairie de Périgueux. A l’inverse, son collègue "d’ouverture" Jean-Marie Bockel conserve Mulhouse pour 168 voix. Rachida Dati (Justice) a été élue à Paris VIIème tandis que Rama Yade (Droits de l’Homme) a été battue à Colombes, tout comme Christine Albanel (Culture) et Christine Lagarde (Economie) à Paris. Dans les villes de plus de 100.000 habitants, les victoires sont très nettes pour la gauche à Caen, Reims et Amiens (56% dans ces trois cas). Rouen avait été gagné dès dimanche dernier. Metz aura son premier maire de gauche depuis 1848, en raison surtout des divisions à droite. "Nous payons le prix des divisions" dans plusieurs villes, a d’ailleurs réagi le ministre du Travail Xavier Bertrand. La gauche a par ailleurs conforté ses positions en l’emportant à Lille, à Brest, Belfort, Charleville, après Lyon, Nantes, Besançon, Dijon et Limoges dès dimanche dernier. En outre, elle garde Angers où la droite avait placé ses espoirs de conquête en un jeune UMP. Le maire PS sortant, Jean-Claude Antonioni, est réélu, malgré un ballottage très délicat. La droite emporte Agen (NC), Calais (UMP), Châtellerault (NC) et Mont-de-Marsan (MoDem-UMP) et garde Le Havre, Orléans, Vannes, Moulins, Beauvais et surtout Marseille. A Paris, la victoire du maire sortant PS Bertrand Delanoë était acquise dès les résultats du premier tour. A Pau, le président du MoDem François Bayrou perd son pari pour "moins de 1%" face à la candidate socialiste Martine Lignières-Cassou. Le sort national du MoDem s’en trouve compliqué. Après un bon premier tour, le PCF a perdu plusieurs de ses bastions (Calais, Montreuil face à la sénatrice Verts Dominique Voynet, et le département de Seine-Saint-Denis) Parmi les réactions des personnalités politiques, le patron du PS, François Hollande, s’est félicité de victoires remportées "au-delà des objectifs" et a affirmé que Nicolas Sarkozy devrait "corriger la politique qu’il a conduite". L’ex-candidate à la présidentielle Ségolène Royal a appelé "à transformer le vote sanction en vote d’avenir", paraissant accélérer brusquement la course à la succession de M. Hollande. Jack Lang lui a répliqué à distance en affirmant que "nulle faction, nulle personnalité (...) au sein du Parti socialiste n’est en mesure de revendiquer" les succès de la gauche. A droite, le Premier ministre, François Fillon, a jugé "malvenu de tirer de ce scrutin des leçons nationales", avant d’estimer que la gauche avait "partiellement rétabli" sa défaite de 2001. Tous les leaders de droite se sont relayés sur les plateaux de télévision pour minimiser la défaite de la majorité et évoquer un "rééquilibrage" entre la droite et la gauche. M. Fillon a aussi confirmé que les réformes se poursuivraient sans infléchissement. "La bataille pour l’emploi et le pouvoir d’achat doit s’accentuer", a-t-il dit. Le président Nicolas Sarkozy, selon son entourage, n’a envisagé que des "ajustements" de son gouvernement avec quelques secrétariats d’Etat nouveaux. La gauche devait également remporter un succès aux cantonales. Déjà à la tête de 51 départements sur 101, elle a gagné au moins huit nouveaux départements (Somme, Deux-Sèvres, Corrèze, Indre-et-Loire, Allier, Lot-et-Garonne, Côte d’Or et Val d’Oise) et conserve la Seine-et-Marne, menacée par la droite. Cette forte poussée de la gauche devrait avoir des répercussions lors des sénatoriales de septembre. Depuis 2004, l’UMP n’a déjà plus la majorité absolue au Sénat.