
La charte est publiée dans ce chapitre du site en plusieurs parties.
Introduction
Faire face à l’offensive libérale
Contrer l’offensive libérale
Construire une alternative
1 – Sécuriser l’emploi et augmenter le niveau de vie
2 – Installer un socle de droits individuels et collectifs
3 – Réaliser l’égalité entre les hommes et les femmes
4 – Reconquérir les services publics et élargir l’appropriation sociale
5 – Refonder les politiques publiques et dégager les moyens d’une alternative
6 – Assurer un renouveau démocratique
7 – Initier un nouveau type de développement
8 – Construire une autre Europe dans un autre Monde
LIBERATION.FR : mercredi 30 avril 2008
Le président tunisien Ben Ali peut commencer une collection de bons points. Ce mercredi, Nicolas Sarkozy a une nouvelle fois salué les progrès accomplis par la Tunisie en matière de liberté et de tolérance. Si le président français a convenu que « tout n’est pas parfait en Tunisie », c’était seulement pour ajouter : « Tout n’est pas parfait en France non plus ». Et de demander, au risque de faire rougir son hôte tunisien : « Quel pays peut s’enorgueillir d’avoir autant avancé en un demi-siècle sur la voie du progrès, sur la voie de la tolérance, et sur la voie de la raison ? » Pour ceux qui en doutaient encore, l’éloge de « l’espace des libertés » qui « progresse » en Tunisie n’était donc pas un dérapage. Pas plus que la proposition d’unir l’« intelligence » et les « formations » françaises à une « main-d’œuvre [tunisienne] qui ne demande qu’à être formée » faite mardi devant des patrons des deux pays à Tunis. La tête et les jambes à la sauce Sarkozy en somme.
Souci de clarté
Pour Nicolas Sarkozy, l’idée est de concurrencer l’Asie en créant « un pôle gagnant-gagnant ». Quelques minutes plus tard, le Président martèle : « Ensemble, avec votre main-d’œuvre, avec nos écoles, nos universités, avec ce que nous échangerons, nous pouvons créer un modèle qui triomphera dans le monde entier. » Mais attention, Sarkozy ne voudrait pas que l’on pense que l’échange est inégalitaire : « Gérons ensemble les flux migratoires pour que vous, Tunisiens, soyez assurés qu’on ne pille pas vos élites. Et que nous, nous puissions accueillir ceux à qui nous pouvons donner un travail et un logement. »
Par souci de clarté sans doute, le chef de l’Etat a tenu à dénoncer une vision dépassée des relations bilatérales : « Il y a un rivage où l’on invite, il y a un rivage où l’on est invité si on est bien élevé. C’est une négation de ce qu’est le monde aujourd’hui. Il n’y a pas les pays en première division et les pays en seconde division. Il y a des pays qui sont égaux en droit et en devoir. »
« La France essaie de comprendre des réalités »
Et au sujet des droits, toujours audacieux et briseur de tabous, Sarkozy n’a pas hésité à évoquer ceux... de l’homme : « La France sera entendue des autres sur toutes les questions, y compris les plus sensibles, y compris les droits de l’homme, si, elle-même, fait des efforts. » Faut-il comprendre qu’elle n’en fait pas et qu’il est lui donc impossible d’aborder le sujet hors de ses frontières ?
De toute façon, Sarkozy répète son nouveau credo : la France ne donne pas de leçons, « la France essaie de comprendre des réalités ». La France ne pointe pas les problèmes, elle indique que « sur tel point ou sur tel autre, nous pensons que le bon chemin, c’est celui-ci ».
Mais le modeste président français s’est révélé plus assuré sur un autre sujet : « La France est le premier partenaire économique de la Tunisie. (...) Nous sommes là pour vous dire que nous sommes prêts à nous battre pour la conserver et pour la conforter. » Ouf.