
La charte est publiée dans ce chapitre du site en plusieurs parties.
Introduction
Faire face à l’offensive libérale
Contrer l’offensive libérale
Construire une alternative
1 – Sécuriser l’emploi et augmenter le niveau de vie
2 – Installer un socle de droits individuels et collectifs
3 – Réaliser l’égalité entre les hommes et les femmes
4 – Reconquérir les services publics et élargir l’appropriation sociale
5 – Refonder les politiques publiques et dégager les moyens d’une alternative
6 – Assurer un renouveau démocratique
7 – Initier un nouveau type de développement
8 – Construire une autre Europe dans un autre Monde
Lettre de José Bové aux collectifs
Montredon, le 23 novembre 2006
Chers ami(e)s, cher(e)s camarades,
Il y a six mois, j’ai fait savoir que j’étais disponible pour incarner, sur le bulletin de vote de l’élection présidentielle, notre rassemblement unitaire de la gauche anti-libérale.
J’ai immédiatement précisé que, pour créer les conditions d’une dynamique populaire et électorale autour d’une stratégie et d’un programme communs, il convenait de mener une campagne collective rassemblant, sur une même tribune, toutes les forces qui avaient contribué au succès du « non de gauche », le 29 mai 2005, de la Lcr aux socialistes anti-libéraux.. Et j’ai ajouté aussitôt que ma démarche n’était pas personnelle mais que, pour garantir l’unité la plus large possible, il ne pouvait être question de se ranger derrière le porte-parole de telle ou telle composante de notre rassemblement.
Comme d’autres, en tant que syndicaliste et acteur du mouvement social anti-libéral, je pense pouvoir servir d’accélérateur à une dynamique de rassemblement qui a un objectif plus ambitieux que de faire un simple score de témoignage.
Six mois plus tard, force est de constater que les forces de la division l’ont provisoirement emporté sur les forces de l’unité.
Le Parti communiste veut imposer Marie-George Buffet comme candidate et ne lésine pas sur les moyens pour parvenir à ses fins. Il a multiplié la création de collectifs qui ne représentent, localement, que la sensibilité communiste. Il mène campagne de manière autonome, en parallèle de quelques grands meetings unitaires. Il se livre à des pratiques d’un autre âge en refusant, par exemple, de valider le procès-verbal d’une réunion de notre collectif national au cours de laquelle l’écrasante majorité des participants a fait savoir que Marie-George Buffet ne pouvait pas incarner, sur le bulletin de vote, la richesse de notre rassemblement.
La Lcr, de son côté, vient de confirmer son engagement dans une campagne autonome avec Olivier Besancenot comme candidat. Elle multiplie les arguments pour justifier un prétendu désaccord de fond sur notre orientation commune. Elle pratique l’unité à la carte, un pied dedans, un pied dehors, sans rechercher les voies et les moyens d’une campagne réellement unitaire. Elle préfère se mesurer électoralement au Parti communiste plutôt que de répondre, de manière collective, à l’espérance née de notre succès commun victorieux dans le combat contre le projet libéral de Constitution européenne.
Le Parti communiste et la Lcr ont pris la responsabilité de casser la dynamique unitaire et, par voie de conséquence, de renoncer à répondre aux attentes des couches populaires les plus frappées par les dégâts de la mondialisation libérale.
Je le regrette profondément. Acteur du mouvement social et du combat altermondialiste depuis de longues années, je considère qu’il est temps de traduire nos mobilisations dans l’espace politique et électoral. Notre responsabilité fondamentale reste en effet de ramener dans la camp de la gauche les millions d’électeurs et d’électrices qui, déboussolés par vingt-cinq ans d’alternance sans changement fondamental de leurs conditions d’existence, ont progressivement choisi de déserté les urnes ou de disperser leurs voix jusqu’à l’extrême droite. Le 21 avril 2002, la gauche a perdu parce qu’elle n’avait pas su répondre aux attentes des citoyens et citoyennes les plus touchés par la précarisation sociale généralisée.
Toutes celles et ceux qui souffrent socialement n’attendent pourtant qu’une seule chose : une perspective crédible de changement qui ne se résume pas à quelques aménagements du système économique. Sans remise en cause radicale des logiques économiques libérales qui, des décisions de l’Omc jusque dans la vie quotidienne, conduisent à la marchandisation des services publics, au dumping social, à la croissance vertigineuse des inégalités, il n’y a d’autre issue que le renoncement à changer vraiment la vie. Entre la simple alternance et la véritable alternative anti-libérale, il existe un fossé qui nous sépare d’une gauche plus encline à gérer le pouvoir qu’à engager la transformation sociale.
Pour donner sens à ce combat pour une alternative anti-libérale, il nous faut impérativement créer les conditions d’une dynamique populaire et électorale. C’est mal parti.
Les difficultés pour rassembler des courants, des sensibilités, des personnalités engagés dans notre combat commun sont compréhensibles. L’unité est un combat. Mais force est de constater que le processus engagé débouche aujourd’hui sur une impasse. La multiplication des candidatures aboutit à brouiller plutôt qu’à clarifier notre perspective, prêtant le flanc à des critiques ironiques de la part de celles et de ceux qui ont parié depuis longtemps sur notre échec. En s’enfermant dans la méthode dite du « double consensus », le collectif national a pris le risque de donner une image plus groupusculaire que populaire de notre rassemblement. Il a beaucoup trop tardé à dire ouvertement que la candidature de Marie-George Buffet était incompatible avec une logique unitaire.
J’ai proposé, sans succès, que nous mobilisions toutes celles et tous ceux qui se reconnaissent dans notre démarche pour choisir le candidat ou la candidate la mieux à même de porter notre message dans le cadre d’une campagne collective. Il ne s’agissait nullement de désigner des vainqueurs ou des vaincus mais de faire participer activement les citoyens et les citoyennes à la dynamique unitaire. C’était, aussi, une manière de construire un rapport de forces populaire. La résistance à cette proposition qui prend pourtant d’autant plus de sens que le parti socialiste a su désigner, à sa manière, sa propre candidate témoigne d’une incompréhension des attentes citoyennes en matière de participation active aux choix politiques.
Cher(e)s ami(e)s, cher(e)s camarades,
Pour l’heure, et sous réserve d’événements qui changeraient profondément la situation actuelle, j’ai donc décidé de retirer ma proposition d’incarner notre rassemblement sur le bulletin de vote de l’élection présidentielle.
Je n’entends pas, en effet, continuer de servir d’alibi unitaire à d’autres desseins, partidaires ou personnels. Je n’entends pas non plus semer des illusions auprès des amis et des camarades qui viennent, toujours très nombreux, soutenir la démarche de rassemblement dans les meetings. Je n’entends pas m’engager pour autre chose qu’une démarche unitaire et populaire visant à modifier durablement, à l’occasion de l’élection présidentielle, la donne électorale à gauche.
Je poursuivrai naturellement le combat avec vous toutes et tous, sur les bases stratégiques et programmatiques qui sont les nôtres. La création des collectifs unitaires est le signe d’une volonté de construire une espace politique nouveau, après la victoire des collectifs du « non », il y a dix-huit mois. Nous trouverons ensemble, j’en suis sûr, les voies les plus adéquates pour participer activement aux prochaines échéances électorales législatives, municipales et cantonales, à l’occasion desquelles nous espérons bien porter haut et fort le message de la gauche anti-libérale.
Fraternellement, José
En 1998, pour faire face a la dictature de Pinochet au Chili, tous les partis politiques de gauche se sont unis dans une concertation, pour que les votes du referandum qui permetais au chiliens de dire oui ou non a Pinochet, ne se perdent pas. Les chiliens ont réusit(depuis ils se sont égares malheureusement !) et Pinochet n’avais plus le choix. Les gens sont parfois bien naïf, il leur est simple de juger un dictateur meurtrier, mais face a une dictature economique et represive, ils se croiyent a l’abri. Quand j’avais 17 ans, mon père m’interdisait de regarder par la fenêtre de peur que je me prenne une bale perdu, aujourd’hui j’ai peur pour mes enfants, même si les fenêtres sont fermés, car la corruption et l’inhumanité est dans mon foyer, chaque fois que je ne peut pas leur acheter du lait ou des fruits(sans parler des fruits bio accesibles que au riches), et pourtant je vis en Europe. Ce peuple European qui m’a si bien accueilli, je le sent dans une détresse sans pareil, encore plus aigri que mon peuple pendant la dictature, car l’évidence donne la force, et l’union la matérialise. Je ne voit pas d’issu sans une concertation, non pas politique mais "peuplitique". Toi, le paysan, je crois en toi, que tu sois Bolivien comme Morales au Français comme Bové. S’il m’ai interdit de voter dans ton pays, je t’adresse au monis mes paroles pour te soutenir de tout coeur.
Magdalena.
Moi naïf, je croyais que ce rassemblement collectif combattait ceci :
"« Les pays sous-peuplés d’Afrique sont largement sous-pollués. La qualité de l’air y est d’un niveau inutilement élevé par rapport à Los Angeles ou Mexico. Il faut encourager une migration plus importante des industries polluantes vers les pays moins avancés. Une certaine dose de pollution devrait exister dans les pays où les salaires sont les plus bas. Je pense que la logique économique qui veut que des masses de déchets toxiques soient déversées là où les salaires sont les plus faibles est imparable. [...] L’inquiétude [à propos des agents toxiques] sera de toute évidence beaucoup plus élevée dans un pays où les gens vivent assez longtemps pour attraper le cancer que dans un pays où la mortalité infantile est de 200 pour 1 000 à cinq ans ». Tu crois rêver et pourtant c’est bien cela qui à été écris noir sur blanc dans une note interne à la Banque mondiale datée du 13 décembre 1991, par Lawrence Summers, économiste en chef et vice-président de la Banque mondiale à l’époque, par la suite secrétaire d’Etat au Trésor de Bill Clinton, président de l’université de Harvard jusqu’en juin 2006.
En fait, contrairement au rassemblement pour le projet de constitution européenne, il y a cette fois ci un objectif différent. LE POUVOIR. Et là, sur le coup, y en a qui confondent collectif et unitaire.
J’en viendrais presque à rejoindre les anars qui combattent le pouvoir, car en l’occurrence pour être unitaires c’est bien là en fait que cela va se jouer.
Si j’accepte ce jeu du pouvoir, c’est parce que les règles du jeu aujourd’hui sont comme ça. C’est donc dans le but de redéfinir cette notion de pouvoir pour les peuples et non pas pour des intérêts carriéristes de groupes et encore moins personnels.
Enfin, comme c’est barré, je crois qu’au printemps 2007 j’aurais plus de week-end de libre que prévu pour m’occuper des champs transgéniques.
Je pense que José a raison sur le fond en ce qui concerne le choix du candidat(e) : le meilleur(e) pour représenter le collectif devrait être en dehors de ses composantes politiques fortes comme le PC ou la LCR. Les personnalités fortement marquées par leur " palmarès" se trouvent à mon sens " hors jeu". Pour autant, sur la forme, chacun à le droit d’ être candidat. Le Collectif , lui, a le devoir de choisir le meilleur (e), le plus représentatif(ve),le plus rassembleur( euse). Je félicite donc José pour son retrait de la candidature, car lui aussi fait partie des personnalités trop marquées. Un exemple à suivre. Pour la campagne, par contre,le Collectif a besoin de tous les porte-paroles influents, de toutes ses composantes.
Jacques Terracher, membre du Collectif de Neuville de Poitou .