
La charte est publiée dans ce chapitre du site en plusieurs parties.
Introduction
Faire face à l’offensive libérale
Contrer l’offensive libérale
Construire une alternative
1 – Sécuriser l’emploi et augmenter le niveau de vie
2 – Installer un socle de droits individuels et collectifs
3 – Réaliser l’égalité entre les hommes et les femmes
4 – Reconquérir les services publics et élargir l’appropriation sociale
5 – Refonder les politiques publiques et dégager les moyens d’une alternative
6 – Assurer un renouveau démocratique
7 – Initier un nouveau type de développement
8 – Construire une autre Europe dans un autre Monde
Leur réunion est toujours un événement hypermédiatisé. Ils en ont déjà tenu 33 au total depuis 1975. La ville qui les reçoit est barricadée, encerclée, transformée en bunker, fouillée de fond en comble, avec des moyens humains, matériels et électroniques sans commune mesure, pour la sécurité des quelques personnes censées être les grands de ce monde.
Eux, ce sont les pays du G8, les plus puissants du monde, qui contrôlent, décident et régentent de la vie de plus de 6 milliards d’hommes sur cette planète. Ils symbolisent le triomphe du libéralisme, qui demeure pour eux, la seule et unique voie pour assurer le développement des nations.
On les appelle aussi sous le vocable impropre de « Communauté internationale », alors que ce terme signifie tout simplement l’ensemble de toutes les nations de la planète, dans leur diversité et différence, concourant aux mêmes objectifs et en particulier à l’amélioration du bien-être social et matériel de l’humanité tout entière.
De 7 pays à leur création en 1975, ils sont au nombre de 8 présentement, composés des pays les plus industrialisés du monde, à savoir : l’Allemagne, le Canada, les Etats- Unis, la France, la Grande-Bretagne, l’Italie, le Japon et la Russie auxquels on associe depuis l’Union Européenne. Les sommets annuels qu’ils organisent portent maintenant, en plus des questions économiques, sur tous les sujets importants du moment, comme l’environnement, le terrorisme, l’immigration clandestine etc.
Ils affichent avec arrogance et insolence leur suprématie économique, financière, militaire et culturelle face au Tiers-Monde, et traitent ce dernier avec condescendance comme le font généralement les riches vis-à-vis des pauvres. Ils justifient leur attitude par le fait que les pays du Tiers-Monde leur sont redevables de tout et se contentent de leur montrer générosité et bienfaisance par le biais de l’aide publique au développement (APD) et à travers leurs nombreuses organisations humanitaires et caritatives qui pullulent dans les pays du Sud.
Toutefois, cette arrogance est battue en brèche par les mouvements sociaux et associatifs, les organisations de la société civile et les institutions sociales à travers le monde qui, au nom de l’impératif démocratique, se battent à chacune des réunions annuelles du G8 pour démontrer aux yeux de l’opinion tant nationale qu’internationale qu’il existe d’autres alternatives dans les rapports Nord-Sud et qu’un autre ordre, plus juste, est encore possible. Même si cette démocratie est perçue par le néo-libéralisme comme un frein, un obstacle à son expansion.
C’est vrai et cela ne fait l’ombre d’aucun doute qu’ils sont puissants, riches et fiers de l’être. Mais quand on leur oppose que leur contribution au développement est en dessous de 0,5% de leur PNB, contre 0,7 fixé, ils rétorquent sans ambages que c’en est déjà beaucoup trop et vous rappellent froidement, qu’après les « bienfaits » de la colonisation, l’Occident a encore mis à votre disposition une multitude d’organismes (BM, FMI, BAD) pour venir en « aide » au Tiers-Monde afin de le sortir de ce sous-développement qui semble devenir permanent et récurrent.
Mais l’Occident riche et prospère feint d’ignorer qu’il existe des pays qui ont déjà réussi à porter leur APD à 0,7% depuis les années 70 ! Quels sont ces pays ? Il s’agit bien évidemment des pays Nordiques.
Qu’est-ce qui fait, diantre, que ces pays Scandinaves aient franchi ce seuil bien avant les autres ? Nul doute qu’une des raisons majeures serait la longue tradition social- démocrate connue par ces pays, depuis pratiquement la IIème Internationale tenue à Paris en 1889, qui ont eu à être dirigés pendant plus d’un demi-siècle par des gouvernements sociaux- démocrates, dont le plus célèbre fut celui d’Olof Palme en Suède.
La condescendance des riches ne va pas sans développement disproportionné du secteur de l’armement pour lequel les G8 ont dépensé en 2006, 1.204 milliards de dollars us pour la fabrication d’armes. Les Etats-Unis à eux seuls ont dépensé 528,7 milliards, la perfide Albion 59,2 et la France 53,1. Les chiffres parlent d’eux-mêmes et ils sont effarants, mieux démentiels, comparativement à la broutille affectée à l’ APD qui n’atteint même pas 0,5%.
Déjà, l’Aide privée au Développement, provenant dans leur quasi-totalité des fondations américaines ont atteint en 2006, 32,4 milliards de dollars et la part des financements internationaux se serait élevée aux alentours de 4 milliards de dollars. Un pays comme la France qui consacre 53, 1’milliards de dollars à l’armement n’affecte qu’une obole de 4,3 milliards de dollars à l’APD, soit 8% de dépenses consacrées à l’armement. Gageons que dans un futur proche, l’Aide privée va prendre le pas sur l’Aide publique et même la concurrencer.
Face à cette situation et dans la stupéfiante pauvreté de pensée où s’englue les débats en Afrique, l’on est ébahi de voir encore certains gouvernants et intellectuels croire à la générosité et à la bienfaisance des pays riches, plus de quarante ans après les indépendances africaines, malgré les échecs manifestes des politiques menées par les Institutions abusivement appelées de Bretton Woods.
Ces politiques - pourtant dénoncées déjà à l’époque parce que jugées anti-sociales et suicidaires - qui avaient pour « mot d’ordre » le démantèlement du secteur public et le saccage des pans entiers des secteurs sociaux, ont entraîné la montée en flèche de la pauvreté (plus de 70% de la population) et l’apparition d’une nouvelle forme de l’Etat, à savoir l’Etat déguenillé.
Et paradoxalement, c’est avec pareil Etat, c’est-à-dire de pacotille, qu’on voudrait nous faire croire maintenant combattre la pauvreté par des théories et thèses qui reflètent le point de vue du modèle dominant à savoir, celui du G8, relayées et instillées en cela par les Organismes qui ont été à la base de la déconfiture de tout un continent...
MAYIFILUA N’DONGO
ONG " DEDQ " et "CEFOTED"