
La charte est publiée dans ce chapitre du site en plusieurs parties.
Introduction
Faire face à l’offensive libérale
Contrer l’offensive libérale
Construire une alternative
1 – Sécuriser l’emploi et augmenter le niveau de vie
2 – Installer un socle de droits individuels et collectifs
3 – Réaliser l’égalité entre les hommes et les femmes
4 – Reconquérir les services publics et élargir l’appropriation sociale
5 – Refonder les politiques publiques et dégager les moyens d’une alternative
6 – Assurer un renouveau démocratique
7 – Initier un nouveau type de développement
8 – Construire une autre Europe dans un autre Monde
LE MONDE | 11.09.08 | 14h32 • Mis à jour le 11.09.08 | 14h32
Menacé par la concurrence croissante d’Olivier Besancenot, le Parti communiste prend peur et se raidit. La fête de L’Humanité, qui débute vendredi 12 septembre à La Courneuve (Seine-Saint-Denis), est censée être le "rendez-vous de la riposte" à Nicolas Sarkozy. Mais Marie-George Buffet s’interroge surtout sur les moyens de répliquer à la concurrence que lui oppose, sur ce terrain, Olivier Besancenot.
Après la débâcle électorale de Mme Buffet à l’élection présidentielle - 1,93 % -, le PCF est de moins en moins audible. Les effectifs sont à la baisse et le moral des troupes en berne. Parallèlement, le succès du Nouveau Parti anticapitaliste se confirme dans les couches populaires, comme auprès des militants syndicaux. Autant de secteurs-clés de la base militante communiste.
Le porte-parole de la Ligue communiste révolutionnaire occupe tous les esprits au PCF, au point d’apparaître en filigrane de la plupart des interventions publiques des dirigeants communistes. Lors de sa conférence de presse de rentrée, lundi 8 septembre, Mme Buffet a ainsi expliqué que si le PCF incarnait, lui aussi, "la contestation", il était "un parti qui ambitionne de participer à une majorité de gauche".
Signe du raidissement, le quotidien communiste, L’Humanité, a refusé de publier une tribune de M. Besancenot appelant le PCF à une "campagne unitaire axée sur l’augmentation des salaires, des retraites et des minima sociaux". Dans son édition de mercredi, L’Humanité a livré des extraits commentés de cet appel, en soulignant que la LCR "refuse de s’engager avec les autres partis de gauche pour une nouvelle majorité".
RÉACTIONS CRISPÉES
Le message consiste à distinguer gauche responsable et gauche de protestation. Et que le PCF peut encore être utile en "parti de la colère" qui assume son aspiration gestionnaire. Pour la cause, les dirigeants de la place du Colonel-Fabien ont repris leurs accents antigauchistes de 1968 : "Nous ne disons pas qu’il faut des manifs, nous les organisons", martèle le porte-parole, Olivier Dartigolles. "Nous, nous ne désespérons pas du changement", renchérit Michel Laurent, membre de l’exécutif.
Ce type de réactions crispées désespère les rénovateurs du parti. "La direction ne peut pas admettre qu’une autre force mette en cause son magistère sur la gauche radicale. Compte tenu de ce qu’est devenu la place du PCF, c’est une réaction dérisoire. Les élections ont tranché", soupire Roger Martelli. Une étude de l’IFOP, réalisée le 10 septembre à partir d’un cumul d’enquêtes, montre que M. Besancenot bénéficie du même niveau de popularité que Mme Buffet auprès des sympathisants communistes (respectivement 85 et 89 %).
Cette année encore, tous les partenaires du PCF seront présents à la "fête de l’Huma". Mme Buffet a donné rendez-vous à François Hollande et Cécile Duflot pour discuter de l’avenir de la gauche. La secrétaire nationale pourra souligner que la grande messe communiste attire du monde. Mais pour combien de temps encore ?
Sylvia Zappi Article paru dans l’édition du 12.09.08