
La charte est publiée dans ce chapitre du site en plusieurs parties.
Introduction
Faire face à l’offensive libérale
Contrer l’offensive libérale
Construire une alternative
1 – Sécuriser l’emploi et augmenter le niveau de vie
2 – Installer un socle de droits individuels et collectifs
3 – Réaliser l’égalité entre les hommes et les femmes
4 – Reconquérir les services publics et élargir l’appropriation sociale
5 – Refonder les politiques publiques et dégager les moyens d’une alternative
6 – Assurer un renouveau démocratique
7 – Initier un nouveau type de développement
8 – Construire une autre Europe dans un autre Monde
Patronat . Devant l’assemblée générale de son organisation, Laurence Parisot dresse un bilan positif du gouvernement Villepin et invite les patrons à influencer davantage la politique.
Arc-et-Senans (Doubs),
envoyé spécial.
« Votre conseil exécutif est au boulot. » La présidente du MEDEF, Laurence Parisot, a signifié, hier au cours de l’assemblée générale de son mouvement, que la transformation du MEDEF en « parti des patrons », entamée par son prédécesseur, Ernest-Antoine Seillière, est bien avancée, pour ne pas dire achevée. En deux cents jours de présidence, la - patronne des patrons a fait évoluer l’organisation du MEDEF pour que, par son intervention toujours plus importante dans le débat public, elle contribue « à façonner le nouveau modèle français » dont, selon elle, la France à besoin.
L’organisation patronale a, ces derniers mois, redéfini le champ d’attribution de ses commissions. Elle en a créé de nouvelles, telle « la commission fiscalité ». Cette évolution interne vise dans tous les domaines économiques, sociaux ou sociétaux à ce « que soient élaborées des propositions favorables à l’esprit d’entreprise et aux entreprises ». Cette réorganisation a également pour but de rendre toujours plus pertinente l’intervention politique du MEDEF. Ainsi, « la création de la commission Europe » s’est avérée nécessaire parce que « le vote du 29 mai a fait réellement bouger les lignes ». Et Laurence Parisot de revendiquer que le - MEDEF s’érige en « porte-parole de l’agenda de Lisbonne ». Le rôle des organisations locales du MEDEF, « les MEDEF territoriaux », a également évolué. Leur mise en réseau, la création de « l’Académie MEDEF », de « l’École des présidents et celle des territoires » visent à faire d’eux « des relais », « des amplificateurs » des idées et des points de vue du « parti des patrons ». Cette réorganisation a produit de premiers résultats, affirme en substance la présidente du MEDEF. Laurence Parisot met ainsi à l’actif de ce « lobbying parlementaire et politique » des « succès » dans le projet de loi de finances de l’État comme de la Sécurité sociale. Et de citer « l’aménagement de l’ISF » ou - encore le maintien des allégements de cotisations sociales ».
La présidente du MEDEF juge, de la même manière, que les propositions en matière d’emploi rendues publiques lundi par le premier ministre constituent « un ensemble de dispositifs qui peuvent avoir des effets positifs ». « C’est à la hauteur de la rigidité (du marché du travail - NDLR) que nous constatons », s’enthousiasme Laurence Parisot. La patronne des patrons ne boude plus l’extension aux moins de vingt-six ans du CNE. Cette mesure ne va-t-elle pas dans le sens de son extension à l’ensemble des entreprises ? Seule ombre au tableau, l’idée avancée par le président de République d’asseoir les cotisations sociales sur la valeur ajoutée des entreprises. Laurence Parisot préférerait l’instauration d’une TVA sociale ou une hausse de la CSG.
un nouveau vocabulaire pour
un même projet
« Je balaierai l’illisibilité de notre modèle économique », a promis Laurence Parisot aux adhérents du MEDEF, fixant « la feuille de route » de son organisation. Une « feuille de route » dont la mise en oeuvre passe par les échéances électorales de 2007. À cette occasion, le MEDEF entend regrouper et publier ses propositions dans « un livre blanc ». « Illisibilité », « nouveau modèle français »... un nouveau vocabulaire pour un projet qui l’est moins. « Le nouveau modèle français » que Laurence Parisot entend façonner ressemble à s’y méprendre à la « refondation sociale » d’Ernest-Antoine Seillière. Pour Laurence Parisot, « l’illisibilité de notre modèle économique », ce sont les survivances de « l’État providence » que la politique libérale de la majorité UMP et UDF n’a pas encore balayé. Dans le collimateur de la patronne des patrons, le SMIC, les 35 heures et plus généralement l’intervention de l’État dans les domaines économiques et sociaux. « Nous demandons que la décision économique que constitue la fixation du SMIC sorte du champ politique », explique-t-elle. En matière du temps de travail, la présidente du MEDEF revendique de nouveaux allégements sur les heures supplémentaires, mais propose aussi que « la durée du temps de travail ne soit plus décidée par le législateur mais par des accords de branche ou d’entreprise ». Laurence Parisot réclame plus généralement « qu’un droit à la négociation soit inscrit dans notre Constitution et que l’autorité normative des partenaires sociaux soit affirmée ». Pour la présidente du MEDEF, la loi doit s’effacer devant le contrat. Manière de pousser encore un peu plus loin la conversion forcée de la société française au libéralisme.
Pierre-Henri Lab