
La charte est publiée dans ce chapitre du site en plusieurs parties.
Introduction
Faire face à l’offensive libérale
Contrer l’offensive libérale
Construire une alternative
1 – Sécuriser l’emploi et augmenter le niveau de vie
2 – Installer un socle de droits individuels et collectifs
3 – Réaliser l’égalité entre les hommes et les femmes
4 – Reconquérir les services publics et élargir l’appropriation sociale
5 – Refonder les politiques publiques et dégager les moyens d’une alternative
6 – Assurer un renouveau démocratique
7 – Initier un nouveau type de développement
8 – Construire une autre Europe dans un autre Monde
Par Martine Orange Mediapart.fr
Les plans de sauvetage gouvernementaux pour aider le système bancaire international n’auront apporté qu’un soulagement passager. Depuis trois jours, les marchés ont renoué avec « le mode de gestion panique », selon l’expression d’un trader. Tokyo a fini la séance de vendredi sur une chute de 9,46%. Paris après avoir enregistré une baisse de 10% a terminé à 3,54%. A mi-séance, Wall Street était en chute de 3,89%.
La récession désormais s’installe dans les marchés. Dès l’été, tous les observateurs économiques s’attendaient à un très mauvais troisième trimestre. Tous les indicateurs montraient une nette dégradation de l’activité économique. Mais personne ne s’attendait à ce que la crise soit si rapide, si forte.
Le credit crunch (assèchement de la distribution de crédit) est devenu plus qu’une menace. C’est une réalité. Dès le deuxième trimestre, les crédits bancaires sur les marchés internationaux avaient diminué de 3% , ce qui représente 1.100 milliards de dollars (870 milliards d’euros) de prêts en moins, selon les chiffres publiés par la Banque des règlements internationaux. Jamais une telle chute n’avait été enregistrée jusqu’alors. Et c’était avant la crise financière de septembre.
Au troisième trimestre, la chute risque d’être encore plus brutale : la paralysie du marché interbancaire ayant entraîné un gel quasiment complet du crédit. Toute l’activité économique en accuse le contrecoup.
Pas un pays, pas un secteur n’est épargné. Le Japon a fait état cette semaine d’une chute de 90% de ses excédents commerciaux au troisième trimestre, en raison du ralentissement économique et de l’appréciation du yen. En 2008, la croissance chinoise sera inférieure à 10%, a reconnu le gouvernement. L’immobilier ou des secteurs fortement exportateurs dans le textile, les chaussures ou les jouets enregistrent déjà des milliers de faillites.
De leur côté, les grands groupes internationaux présentent des prévisions plus alarmistes les unes que les autres. Microsoft, valeur refuge s’il en est, a déjà prévenu que ses résultats risquaient de connaître une croissance très faible, voire de stagner dans les prochains mois. Le leader japonais de l’électronique, Sony, s’attend à une baisse de 57% de son résultat annuel d’exploitation. Après HP, Xerox annonce la suppression de 3.000 postes. Le numéro un mondial de la sidérurgie, ArcelorMittal, ou le géant minier Rio Tinto ont tous les deux engagé des plans de réduction de 10% à 20% de leur production.
Une industrie automobile sous le choc
Mais c’est dans l’automobile que la chute est la plus spectaculaire. Les constructeurs américains – GM, Ford , Chrysler – qui soutenaient leurs ventes depuis des années avec des crédits à taux zéro et des promotions défiant toute concurrence, voient le sol se dérober sous leurs pieds. Ils s’attendent à une chute de leurs ventes de 20 à 25% au quatrième trimestre. Prévisions optimistes selon certains.
En Europe, le marché, qui a reculé de 10,7% au troisième trimestre, pourrait accuser une nouvelle chute de 17% au quatrième. Les marchés émergents – Brésil, Chine, Russie –, qui apparaissaient il y a peu encore comme de nouveaux eldorados pour les constructeurs automobiles, freinent comme les autres. En Russie, les prévisions parlent d’une baisse de 20% des ventes dans les prochains mois.
Même en remontant très loin dans le passé, les constructeurs automobiles ne se souviennent pas d’avoir connu de tels effondrements. Les constructeurs américains parlent de milliers de licenciements et ont déjà appelé l’Etat à l’aide. Washington est disposé à leur accorder 25 milliards de dollars de prêts aidés.
En Europe, un fonds d’aide européen a été évoqué mais sans plus. Pour l’instant, les groupes en sont aux mesures de sauvegarde. BMW a annoncé une réduction de 25.000 véhicules cette année. Renault, qui avait déjà prévu 6.000 suppressions d’emploi à l’été, a décidé vendredi de diminuer de 20% sa production européenne au quatrième trimestre.
Des dispositifs de chômage technique vont être appliqués dans la quasi-totalité de ses usines. Les sites du Mans, Flins, Cléon, Douai devraient fermer entre une et deux semaines, dès les vacances de la Toussaint. A Sandouville, usine très menacée, il n’y aura plus qu’une équipe sur deux jusqu’à la fin de l’année. Chez PSA, les usines de Mulhouse et Sochaux connaîtront cinq à six jours de chômage technique de plus.
L’effet de ces réductions de production va être amplifié dans la sous-traitance automobile. Avant même ces dernières décisions, les fournisseurs des grands constructeurs parlaient d’une baisse de 10 % à 30% de leurs commandes depuis l’été.
Certains en profitent pour accélérer leurs projets de délocalisation, redessiner leur carte industrielle à leur convenance. La PME Molex (voir le blog de Frédéric Bourgade) a décidé de transférer toutes ses activités du Tarn en Slovaquie, estimant que le site n’était plus compétitif. C’est cette même décision qu’a prise Dim. A partir de 2009, toute sa production de lingerie sera réalisée en Roumanie. Il ne fabriquera plus en France que des collants. De tels cas risquent de se multiplier dans les mois à venir.
URL source : http://www.mediapart.fr/journal/economie/241008/la-degradation-economique-surprend-par-sa-rapidite-et-son-ampleur Liens : [1] http://www.mediapart.fr/club/blog/martine-orange [2] http://www.bis.org/ [3] http://www.mediapart.fr/club/blog/bourgade/241008/l-automobile-pique-sa-crise [4] http://www.mediapart.fr/files/md007_5.gif