
La charte est publiée dans ce chapitre du site en plusieurs parties.
Introduction
Faire face à l’offensive libérale
Contrer l’offensive libérale
Construire une alternative
1 – Sécuriser l’emploi et augmenter le niveau de vie
2 – Installer un socle de droits individuels et collectifs
3 – Réaliser l’égalité entre les hommes et les femmes
4 – Reconquérir les services publics et élargir l’appropriation sociale
5 – Refonder les politiques publiques et dégager les moyens d’une alternative
6 – Assurer un renouveau démocratique
7 – Initier un nouveau type de développement
8 – Construire une autre Europe dans un autre Monde
C’était en 2004 ; une entreprise lettone (Laval) avait obtenu des marchés de construction en Suède. Dans ce pays, où il n’existe pas de Smic, c’est le syndicat qui négocie les salaires et les autres modalités des conventions collectives. Bien évidemment, les salaires payés par la filiale lettone de Laval étaient très inférieurs à ceux des travailleurs suédois. Le syndicat du bâtiment, suivi par celui des électriciens, a engagé une action de blocage des chantiers pour obliger l’entreprise à se plier aux règles sociales en vigueur dans le pays. Ils estimaient avec raison qu’il s’agissait d’une opération de dumping social contraire au principe de « à travail égal, salaire égal ». L’enjeu de cette bataille, c’est la possibilité pour une entreprise de s’affranchir des règles sociales en vigueur dans le pays dans lequel elle fournit un « service », à travers des salariés détachés. Quelques mois plus tard, cette question allait être relancée, au moment de la mobilisation contre le Traité constitutionnel européen et plus particulièrement autour de la directive Bolkestein, sur la « libéralisation des services ». Les dirigeants de Laval n’ont pas accepté de négocier et ont porté l’affaire devant la cour de justice européenne pour entrave à la libre prestation de service et pour contester le fait de devoir appliquer les conventions collectives suédoises, en Suède. La Cour européenne de justice, en fidèle gardienne du temple néolibéral, a donné raison aux patrons de Laval. Elle « justifie » sa décision par le fait qu’il n’existe pas, en Suède, de Smic fixé par la loi et estime qu’une entreprise étrangère n’est pas obligée d’appliquer les conventions collectives négociées par les syndicats. Quelques mois auparavant, elle avait émis un avis similaire dans l’affaire d’une compagnie finlandaise de ferries qui a fait passer un bateau sous pavillon estonien, avec des marins estoniens moins payés.
Ces deux affaires montrent que le principe de la « concurrence libre et non faussée » est un des dogmes néolibéraux que les instances européennes n’ont pas cessé d’imposer aux travailleurs de tous les pays de l’UE. C’est une machine de guerre contre les droits sociaux des travailleurs, une menace permanente contre leurs acquis. Elle permet toutes les formes de dumping social, notamment en matière salariale. Ce sont des raisons supplémentaires pour combattre le traité de Lisbonne, clone du traité constitutionnel européen rejeté en 2006.
Sarkozy vante les racines chrétiennes de la France ... et de l’Europe
Lors de sa visite au pape, Sarkozy a lourdement insisté sur les « racines chrétiennes de la France. ». Il reprend pratiquement mot pour mot les termes mêmes du traité européen « modifié », devenu depuis le traité de Lisbonne. Fait significatif, c’est une des phrases reprise telle quelle du TCE, une de ces phrases emblématiques du caractère réactionnaire des « valeurs » véhiculées par cette constitution néolibérale. Le Vatican avait mené un intense lobbying pour faire figurer cette référence dans le texte, en s’appuyant notamment sur les gouvernements polonais, espagnols… A l’évidence, il a eu gain de cause. Reprenant le discours de la droite catholique traditionaliste, Sarkozy s’est lancé dans des définitions de la laïcité : « la République laïque [qui] a sous-estimé l’importance de l’aspiration spirituelle (…) J’appelle de mes vœux l’avènement d’une laïcité positive […] qui ne considère pas que les religions sont un danger mais plutôt un atout. » Et d’enfoncer le clou, en affirmant « le besoin de la France d’avoir des catholiques convaincus qui ne craignent pas d’affirmer ce qu’ils sont et ce en quoi ils croient ». Le président en campagne permanente ne manque aucune occasion pour flatter l’électorat lepéniste et les secteurs de la droite catholique intégriste.
Parti Communiste des Ouvriers de France 21 décembre 2007