
La charte est publiée dans ce chapitre du site en plusieurs parties.
Introduction
Faire face à l’offensive libérale
Contrer l’offensive libérale
Construire une alternative
1 – Sécuriser l’emploi et augmenter le niveau de vie
2 – Installer un socle de droits individuels et collectifs
3 – Réaliser l’égalité entre les hommes et les femmes
4 – Reconquérir les services publics et élargir l’appropriation sociale
5 – Refonder les politiques publiques et dégager les moyens d’une alternative
6 – Assurer un renouveau démocratique
7 – Initier un nouveau type de développement
8 – Construire une autre Europe dans un autre Monde
Une coalition regroupant plusieurs partis (plus ou moins petits) de gauche (SWP, WP, Sinn Féin, PC, et la tête de liste Verte aux élections européennes Patrica Mc Kenna), le syndicat régional UNITE (fusion récente entre Amicus et l’ATGWU), des ONG anti-guerre, le PANA (Peace and Neutrality Alliance, dirigé par Roger Cole, du Labour), m’avait invité pour présenter le raisonnement qui avait conduit des socialistes à voter et faire campagne pour le NON, d’une part, et les méthodes militantes du collectif national pour le NON au référendum, en France.
Rappelons que des 27 Etats membres, le peuple Irlandais sera le seul qui aura la possibilité de s’exprimer, par suffage, sur le Traité de Lisbonne. Je leur ai rappelé cette réalité et insité sur notre espoir, en tant que français, de voir, à travers leur expression démocratique, s’exprimer tous les autres peuples brutalisés par les procédures de ratification parlementaires. Ils en ont conscience.
Le Collectif irlandais (www.caeuc.org) présente des caractères nouveaux par rapport aux cadres qui ont pu structurer le débat à l’occasion des Traités antérieurs, notamment le vote NON puis OUI au Traité de Nice.
D’abord, ils ont décidé de se présenter comme un Collectif de Gauche. De toute la Gauche, et rien que la Gauche. Ceci est une nouveauté, dans la mesure où antérieurement des alliances s’étaient formées avec la droite sur la base d’un rejet pur et simple des transferts de compétences souveraines du niveau national au niveau Européen. Le Sinn Féin est un élément important de ce changement de stratégie, puisqu’il a décidé d’entrer dans ce débat avec l’objectif d’affirmer un vote NON qui soit de Gauche, de classe, massif, et pro-européen. C’est d’ailleurs le Sinn Féin qui a proposé de m’inviter au lancement de la campagne, car leur objectif est de convaincre l’électorat Labour de voter NON sur la base des deux arguments « mamelles » de notre campagne, à savoir l’absence (et l’impossibilité) de démocratie et de justice sociale qui découle du Traité de Lisbonne.
Ensuite, ils ont élaboré un document de référence avec tous les arguments pertinents, y compris les références aux articles pertinents du Traité, pour démontrer les dangers du Traité. S’ajoutent, par rapport à la campagne en France, les arguments sur la remise en cause définitive de la neutralité militaire qui est identitaire en Irlande.
Questionnée sur notre campagne, j’ai insisté sur son caractère unitaire (unité de toute la gauche, sans exclusive), sur son caractère civique (s’informer soi-même, contre TOUS les médias, y compris en finançant par des collectes constantes la publication de matériel d’information), sur son caractère politique (mise en avant de l’alternative politique et rôle particulier de la « Dream Team » Buffet, Bové, Besancenot, Mélenchon...), et sur son caractère argumenté et factuel (militer « le texte à la main », face aux généralités des adversaires).
Enfin, cette réunion, qui était la toute première, a dépassé les espoirs des organisateurs en regroupant une centaine de personnes. Le niveau du débat et de l’argumentation était élevé. Dans le fond, ça se sent que cela fait 2 ans qu’ils se préparent. Le public était friand de réponses précises sur des questions auxquelles il avait intuitivement les réponses : Les conséquences de l’arrêt CJCE Laval du 18 décembre 2007 et globalement la pérennité de la négociation collective des conditions de travail et des salaires, les effets insuffisants de la Charte « Fondamentale » (j’ai insisté sur son caractère optionnel et conditionnel, tout sauf fondamental), le caractère illusoire du « nouveau rôle des parlements nationaux », le caractère « constitutionnel » du texte, malgré la nouvelle terminologie.
Ils étaient heureux de se voir confirmer les chiffres « sortie d’urnes » qui montrent que le vote NON français fut majoritairement de gauche. Que dans cette Gauche le vote socialiste fut majoritaire, et que parmi les socialistes ils furent une majorité à voter non. J’ai expliqué la logique qui consiste à considérer chaque socialiste qui un jour a voté OUI comme quelqu’un qui peut voter NON aujourd’hui. J’ai expliqué le résultat du vote de lundi au Congrès de Versailles, le fait que la majorité de la Gauche avait voté non, contre une minorité de parlementaires de gauche qui s’était abstenue ou avait voté oui.
La presse et l’élite irlandaise cherchent à mettre en avant Le Pen, y compris avec des « Unes » de quotidiens qui inventent des déplacements fictifs du chef frontiste en Irlande. Les camarades doivent, comme nous en 2005, commencer leur argumentaire en jurant qu’ils sont pro-européens. Je leur ai dit que nous avions gagné ce droit à la critique de l’UE, et qu’ils ne devaient pas accepter ces prémices au débat, que ceux qui mettaient en péril le projet européen étaient ceux qui précisémment empêchaient la participation du peuple en vue de modifier les fondements de la construction européenne (vous connaissez l’argumentaire !!).
Je reviens assez optimiste. De mes discussions avec les militants je dégage une bonne préparation et une bonne ligne. De ma discussion avec les badauds je retire une lassitude de se faire dicter le vote sur les questions européennes. Il y a donc de l’espoir.
Je leur ai promis de continuer et amplifier la discussion avec les éléments du Labour qui pourraient basculer dans le camp du NON. J’ai aussi pris l’engagement de trouver des orateurs français sachant parler anglais pour les réunions décentralisées de la campagne. La date du référendum n’est pas encore connue, mais elle devrait être déterminée rapidement par une loi. Les camarades prévoient un vote en mai-juin. Selon le dernier sondage, le OUI est devant mais 62% des sondés n’ont pas encore déterminé leur vote.
Je me tiens à votre disposition pour plus de renseignements et pour recueillir les bonnes volontés pour mener la « Bataille d’Irlande ». Il va de soi que toutes les idées pour soutenir l’effort de nos camarades irlandais sont les bienvenues.
Fraternellement,
Raquel GARRIDO, Responsable internationale de PRS
9 février 2008