
La charte est publiée dans ce chapitre du site en plusieurs parties.
Introduction
Faire face à l’offensive libérale
Contrer l’offensive libérale
Construire une alternative
1 – Sécuriser l’emploi et augmenter le niveau de vie
2 – Installer un socle de droits individuels et collectifs
3 – Réaliser l’égalité entre les hommes et les femmes
4 – Reconquérir les services publics et élargir l’appropriation sociale
5 – Refonder les politiques publiques et dégager les moyens d’une alternative
6 – Assurer un renouveau démocratique
7 – Initier un nouveau type de développement
8 – Construire une autre Europe dans un autre Monde
Les voix de Jean-Pierre Bacri, Jamel Debbouze, Alain Chabat, Mathieu Kassovitz ou Lilian Thuram seront-elles assez puissantes pour que les voix des jeunes se fassent entendre lors des prochaines échéances électorales ? Ces derniers répondront-ils à leur appel ? Iront-ils s’inscrire sur les listes électorales ? Il est plausible que le message passe cette fois-ci. Non pas seulement parce que des artistes et des personnalités mettent tout le poids de leur notoriété au service du civisme. Mais aussi sans doute parce qu’une certaine prise de conscience sur l’importance du vote commence à prendre corps parmi les jeunes des cités populaires après trois semaines de violences urbaines. Çà et là fleurissent de nouvelles associations ou groupes qui réfléchissent aux suites à donner aux événements de cet automne. Les conseils locaux des jeunes, comme ceux de Blanc-Mesnil et de Stains, en Seine-Saint-Denis, connaissent une affluence inhabituelle. Autant de signes d’un éveil à la citoyenneté.
Une dynamique est engagée
L’initiative, parrainée par des chanteurs, des acteurs et un footballeur, participe de cette dynamique. « Nous voulions qu’un acte citoyen relaie toutes les énergies déployées pendant les révoltes sociales », raconte Jean-Claude Tchicaya, adjoint au maire de Bagneux (92), cofondateur - avec Olivier Besancenot, porte-parole de la LCR, la journaliste Leïla Dexmier et le rappeur Joey Starr - du collectif Devoirs de mémoires, à l’origine de la campagne sur la votation. Leur texte incite « jeunes et moins jeunes de la patrie » à s’occuper de la politique. « Ensemble, écrivent les auteurs, choisissons de construire l’avenir. S’inscrire, c’est nécessaire, surtout maintenant. Nous ne voulons pas revivre le 21 avril 2002. » La crainte d’un mauvais remake semble fondée si l’on en croit un sondage, publié dans le Monde du 15 décembre, qui tend à montrer que les idées d’extrême droite s’installent dans la société. Un Français sur quatre (24 %) se dit en accord avec les positions de Le Pen sur la sécurité, sur l’immigration ou sur la situation dans les banlieues. Une raison de plus pour que les personnes directement pointées du doigt par Le Pen, et quelques autres, s’expriment haut et fort. Le texte signé par Lilian Thuram et ses acolytes les incite à aller s’inscrire sur les listes électorales le 20 décembre prochain. Un jour symbolique où, collectivement, chacun est appelé à se diriger vers sa mairie. Une démarche que quatre parrains, Jamel Debbouze, Guillaume Depardieu, Mohamed Dia et Joey Starr, et une vingtaine de jeunes de dix-huit ans effectueront ce jour-là, main dans la main, à l’hôtel de ville de Clichy-sous-Bois (93), commune où les violences ont débuté après la mort de Zyed et Bouna.
L’action est d’autant plus saluée qu’elle tente de briser la fatalité de l’abstention record qui affecte les cités dites « sensibles ». « Son taux avoisinait les 70 % au premier tour de l’élection présidentielle de 2002. Si on calcule l’abstention par rapport à la population en âge de voter, et non par rapport aux inscrits sur les listes, le taux grimperait à 80 % », explique Jean-Marc Montel, secrétaire général de l’association Civisme et démocratie (Cidem), fondée par la Ligue des droits de l’homme et la Ligue de l’enseignement. L’association mène chaque année, depuis cinq ans, une campagne d’incitation au vote. Jean-Marc Montel se dit persuadé que si cette population se mettait à voter à 80 %, « mécaniquement, la place de ces quartiers dans l’intégralité des programmes gouvernementaux et dans ceux des partis politiques changerait. Ces jeunes n’ont pas de poids électoral, donc on ne s’en occupe pas. S’ils veulent avoir un poids en politique, il faut qu’ils aillent voter ». Paradoxalement, note Jean-Marc Montel, « les 15-24 ans, selon nos enquêtes, sont une génération particulièrement politisée, très intéressée par les questions de société, tels que l’exclusion, l’injustice ou les rapports Nord-Sud. Mais cette génération n’est pas attirée par les formes traditionnelles de militantisme ».
Voir le site : http://collectifddm.free.fr/agenda.htm Mina Kaci
Large extrait de l’article paru dans l’Humanité.