
La charte est publiée dans ce chapitre du site en plusieurs parties.
Introduction
Faire face à l’offensive libérale
Contrer l’offensive libérale
Construire une alternative
1 – Sécuriser l’emploi et augmenter le niveau de vie
2 – Installer un socle de droits individuels et collectifs
3 – Réaliser l’égalité entre les hommes et les femmes
4 – Reconquérir les services publics et élargir l’appropriation sociale
5 – Refonder les politiques publiques et dégager les moyens d’une alternative
6 – Assurer un renouveau démocratique
7 – Initier un nouveau type de développement
8 – Construire une autre Europe dans un autre Monde

L’évacuation de la Sorbonne la nuit dernière a été justifiée comme étant un impérieux sauvetage du patrimoine national. En effet, depuis plusieurs jours De Robien, notre spirituel ministre de l’Education vendait aux médias les déstructions qu’organisaient les sauvageons au sein de la prestigieuse université. "Quand on voit des jeunes, des étudiants ou des gens qui se prétendent étudiants, qui commencent à détruire le patrimoine national accumulé là depuis des siècles et des siècles, qui déchirent des livres anciens, cassent le matériel, abîment le bâtiment, je crois que c’est une bonne chose que la Sorbonne soit évacuée" (Sur France Info, relayé par toutes les radios et télés).
Pour abattre son chien, on dit qu’il a la rage n’est-ce pas ?
Sauf que voilà, les journalistes invités en grande pompe par notre sémillant ministre pour vérifier les dégats sont d’un autre avis. Ainsi, dans un tout récent article publié par la Tribune.fr (source AP) on peut lire sous la plume d’un journaliste sur place : "Les dégâts constatés étaient cependant limités. Les slogans anti-CPE tels que "chômeurs précaires exploités" étaient souvent écrits à la craie ou sur des feuilles scotchées aux murs. Aucune fresque n’a été endommagée." Dans la cour pavée de la Sorbonne ont été brûlés des tracts de l’UNI -un syndicat étudiant de droite, favorable au CPE et opposé à l’occupation. Le hall était l’endroit le plus sale : près de tables et de chaises renversées gisaient des canettes et des bouteilles de verre brisées. Dans l’amphithéâtre Descartes, où s’étaient tenues les assemblées générales, des boîtes de pâté côtoyaient des paquets de bonbons vides. Les amphithéâtres voisins, Guizot et Richelieu, étaient impeccables. En revanche, des distributeurs automatiques de nourriture ont été cassés, ainsi que quelques carreaux, et le local de l’UNI a été mis sens dessus dessous. En gros, c’était sale, les vilains cochons mais où sont les livres anciens abimés et toutes les monstruosités évoquées par notre écoeurant ministre ?
Le reste des dégats évoqués ne sont que ceux qui sortent de la bouche de notre menteur de ministre et du recteur de Paris. Recteur qui, semble-t-il, s’est vu offrir (par téléphone depuis les Antilles, sans doute) une prérogative en matière de police. En effet, on apprend, toujours dans la Tribune.fr (source AP) que c’est Quenet qui a "demandé l’intervention des forces de l’ordre".
La diabolisation du mouvement étudiant était une chose prévisible. De Robien traitait déjà l’UNEF de menteuse quant à son décompte des universités en grève. Sauf que pour cette fois, il semblerait que la manipulation ait été relevée par une partie de la presse.
Lacrymos, matraquages et interpellations : la répression policière au service des divagations d’un ministre dépassé par les évènements. La suite du mouvement promet.
Communiqué de la Ligue communiste révolutionnaire.
Dans la nuit de vendredi à samedi, la police a violemment évacué la Sorbonne faisant plusieurs blessés sérieux dans les rangs des manifestants. D’autres ont été arrêtés. Le gouvernement veut faire passer ses réformes libérales à coups de matraques. Après les lycéens en 2005, ce sont les étudiants qui font les frais d’une escalade de la répression policière que la LCR condamne. La jeunesse a besoin du soutien de l’ensemble des forces de gauche. C’est pourquoi, Olivier Besancenot, au nom de la LCR, a proposé à toutes les forces de gauche, de tenir une réunion dans les plus brefs délais pour riposter sans tarder dans l’unité contre ce gouvernement de matraqueur des étudiants et de massacreur du Code du travail. Le 11 mars 2006.
M. de Robien tente de disqualifier le légitime mouvement de contestation du CPE par les étudiants et toute la jeunesse de notre pays", commente le PCF dans un communiqué. "Il ose les traiter de casseurs quand ils défendent leur avenir".
Le ministre a notamment accusé les occupants de la Sorbonne, évacués samedi avant l’aube, d’avoir endommagé des livres anciens. Quelques vitres ont été brisées dans l’université parisienne, des chaises et des tables ont été renversées pour ériger des barricades.
"M. de Robien ferait mieux d’entendre ce qu’ils disent, de retirer le CPE et d’engager enfin des discussions avec les jeunes comme avec les partenaires sociaux pour lutter contre la précarité dans le travail", suggère le PCF.