
La charte est publiée dans ce chapitre du site en plusieurs parties.
Introduction
Faire face à l’offensive libérale
Contrer l’offensive libérale
Construire une alternative
1 – Sécuriser l’emploi et augmenter le niveau de vie
2 – Installer un socle de droits individuels et collectifs
3 – Réaliser l’égalité entre les hommes et les femmes
4 – Reconquérir les services publics et élargir l’appropriation sociale
5 – Refonder les politiques publiques et dégager les moyens d’une alternative
6 – Assurer un renouveau démocratique
7 – Initier un nouveau type de développement
8 – Construire une autre Europe dans un autre Monde
1936, du Pain et des Roses ; 2006 du Shit et des Roses. Comme le temps passe. La drogue est un tabou, mais aussi un totem. Toute puissante, on ne peut rien dire, rien faire, si ce n’est la subir comme la mort. La drogue c’est l’impérialisme de la mort. Depuis cent ans elle détruit partout la lutte des classes, et des peuples. Elle est l’arme blanche du capital.
La drogue, dans toutes ses versions, dures, douces, light, hard, plombe le lien social. Le journal l’Humanité, vient de rendre compte dans un témoignage poignant des ravages de la drogue parmi les travailleurs birmans : sur-exploitation, -ils sont payés directement en héroïne - prostitution, auto-extermination, sida, le cocktail est explosif.
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En tant qu’enseignant, sociologue, chercheur, je peux témoigner du fléau sans précédent dans la jeunesse et au-delà, conséquent d’une toxicomanie gérée par le lien social. Plus d’un étudiant sur deux, surtout les garçons. La prise de produits est banalisée partout : dans les lycées, collèges, à l’université, dans les cités U, les hôpitaux, les lieux de travail, dans les virages du stade vélodrome, dans les familles, sur les plages ! Le shit c’est l’opium du peuple.
De nombreux couples explosent de la drogue, le garçon propose à la fille de l’accompagner. Elle refuse. Elle ne voyait pas l’amour comme ça. Elle essaie de le convaincre, de le soigner, de l’aimer. Il ne décroche pas. Elle résiste. Il insiste, ne lâche pas ses potes, qui ne le lâchent pas, les soirées sont de plus en plus glauques, le trafic s’insinue, il l’a dans la peau. La jeune fille amoureuse, chute, renonce, se sépare. Amertume. La première rencontre avec un homme, aura été une rencontre avec le produit.
Les sœurs – à défaut des pères et des mères – supplient les frères d’arrêter, cherchent des centres de soins, cures, substitutions, rien n’y fait, de plus en plus, de plus en plus loin. Antigones des Temps Modernes elles vont dans la cité sauver – voire enterrer – les frères drogués.
D’où vient ce mal qui ravage les familles, les corps, les valeurs, l’engagement depuis trente ans ? Du manque, du manque à être, du manque d’idéalités et de désirabilités. Un programme de gauche, un programme révolutionnaire ne peut zapper la question de la drogue en son essence. Il ne peut nier, refouler, le rôle destructeur dans la lutte des classes. Pas seulement dans l’économie des narco trafiquants, mais dans l’économie psychique de chacun. Prendre le problème à bras le corps. Il a la même importance, la même gravité que le chômage et le racisme. J’en connais qui attendent fébrilement le jeudi pour se défoncer tout le w.e. D’autres qui ont pris des ‘bonbons’ à New York, décompensent, finissent en hôpital psychiatrique à Marseille.
Il faut arrêter de délirer sur le délire. Bad trip. Comment construire le communisme avec une jeunesse à moitié défoncée (drogues, alcools, médocs) ? Où sont les valeurs, les projets, les fidélités, les priorités à être autrement qu’être ailleurs. Les valeurs existent encore, transmises sur des générations, elles sont l’identité populaire, nous venons de le vivre dans les luttes du printemps. Elles sont fragiles, petit à petit la drogue les ronge.
La charte antilibérale doit lever le tabou de la drogue en proposant des mesures de prévention et de soins sans précédent. Prévention dans les écoles, dès le CM1 puis dans les collèges, lycées, en partenariat avec les associations, les psychologues, les parents d’élèves. Créer partout des centres d’écoutes et d’accueil, écouter la souffrance, conseiller, orienter, rassurer, entamer un dialogue de fond.
Pour la toxicomanie, la question n’est pas celle de la répression mais de l’élaboration. Celle de l’analyse des causes. L’écoute, et l’amour. Ça ne s’achète pas, ça s’invente.
Qui aura le courage politique d’aborder la question en son fond ? C’est peut-être ce que les jeunes espèrent inconsciemment, quelqu’un qui du côté de la Loi, pose la question de la séparation et du partage. La séparation d’avec le désir de mort. Le partage des biens communs. Cette Loi, n’est pas la loi répressive, elle est celle qui fonde l’idéal d’une justice inventive dans la cité. Cette Loi, ne peut exister que si les rapports sociaux la génère, et non la vénère.
Alors, le seul message vrai de Bob sera : Get up ! Stand up ! For your rights …
(article publié dans l’Humanité du 15 Juillet 2006)
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Courrier des lecteurs
Justesse et Pertinence (Yolande Ceresero-Lanes)
« Mère de famille avec adolescents et éducatrice spécialisée « expérimentée », je suis frappée par la justesse, la pertinence et le courage de l’article intitulé « Du shit et des Roses », paru dans la tribune libre de l’Humanité le 15 Juillet dernier.
Enfin quelqu’un qui a pris conscience de l’ampleur et de la gravité du problème qui devient un problème majeur de la société. Et, de plus, il en parle avec une grande justesse dans l’analyse. En effet, si nous ne prenons pas le problème à bras-le-corps, celui-ci va détruire les fondements même du lien social.
Chaque jour, les travailleurs sociaux, les éducateurs spécialisés et tous ceux préoccupés par l’avenir des jeunes assistent, de plus en plus impuissants, à cette vague déferlante porteuse de mort.
Merci, Monsieur le professeur Jacques Broda, d’avoir osé désigner le véritable ennemi. Il a la même importance, la même gravité, que le chômage et le racisme. »
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Bien vu, c’est la réalité depuis la disparition des idéaux qui se sont écroulés avec le mur de Berlin. Après les mensonges de "gauche", qui peut présenter une voie nouvelle ?
Une volonté de justice, de solidarité et de paix existe, et ceci dans tous les pays, à toutes les époques. Les puissants ont toujours su détourner ces besoins vitaux en guerres et luttes fratricides pour pouvoir continuer à étendre leurs profits et leur domination.
Ceux qui pourraient ou devraient éclairer la situation sont les intellectuels : Hélas, dans leur grande majorité, ils sont issus des classes dominantes ou confortablement bourgeoises, et donc peu enclins à lutter pour "LA" justice. Ils se satisfont d’un "PLUS DE" justice qui les arrange bien.
Les exploités, eux, attendent et attendrpnt encore longtemps : le crédit sur le paquet de pâtes et le chômage les ont emprisonnés.
Ce manque de perspectives qui est le terreau sur lequel prospèrent les religions et la drogue n’est pas inéluctable : nous pouvons sortir de la préhistoire, du libéralisme et de la guerre à condition que les idées puissent se partager et trouver des échos.
Pour celà, il faut réduire à néant "LA" pollution, la plus grave des pollutions, la pollution incessante des esprits par les média à la solde des puissants.
Bon courage à tous ceux qui luttent.