
La charte est publiée dans ce chapitre du site en plusieurs parties.
Introduction
Faire face à l’offensive libérale
Contrer l’offensive libérale
Construire une alternative
1 – Sécuriser l’emploi et augmenter le niveau de vie
2 – Installer un socle de droits individuels et collectifs
3 – Réaliser l’égalité entre les hommes et les femmes
4 – Reconquérir les services publics et élargir l’appropriation sociale
5 – Refonder les politiques publiques et dégager les moyens d’une alternative
6 – Assurer un renouveau démocratique
7 – Initier un nouveau type de développement
8 – Construire une autre Europe dans un autre Monde
Quand en 1995, à la veille de l’élection présidentielle, le candidat Jacques Chirac avait construit un étrange programme, écrit pour moitié par l’hétérodoxe Philippe Séguin, flanqué d’un conseiller encore inconnu, Henri Guaino, et pour l’autre moitié par le très libéral Alain Madelin, et qu’il avait ensuite battu la campagne, appelant un jour à réduire la fracture sociale, le lendemain à réduire les déficits publics, il s’était attiré à juste titre les moqueries des humoristes. Sur un registre dont on se souvient : imprévisible Jacques Chirac ! Il était devenu le fils spirituel de Margaret Thatcher et de Georges Marchais.
A écouter, Nicolas Sarkozy, jeudi, à Toulon, définir les priorités de sa politique économique, c’est un peu la même réflexion qui traversait à l’esprit. Car il a fait indéniablement un étrange discours, marqué de folles embardées. Avec par moments des tirades enflammées contre le capitalisme, très fortement teintées de souverainisme. Et, puis, quand il a fallu en venir aux propositions concrètes, le ton est soudainement retombé. Le propos est alors devenu terne. D’une orthodoxie à pleurer. Sans souffle. En bref, d’un classicisme désespérant.
Des effets de tribune, Nicolas Sarkozy, avec l’aide du même Henri Guaino, en a donc fait d’innombrables, pronostiquant « la fin d’un monde », celui de la finance sans contrôle ; dénonçant une « idée folle », celle de « la toute puissance des marchés » ; s’indignant de ce système avantageant « le spéculateur plutôt que l’entrepreneur » – un peu avec la même sincérité que François Mitterrand dénonçant en d’autres temps « ceux qui s’enrichissent en dormant ». Oubliant au passage qu’il a été l’une des figures déterminantes de cette génération de responsables politiques qui, dans le milieu des années 1980, a chanté les louanges, avec Edouard Balladur, des privatisations ou de la déréglementation bancaire, financière et boursière ; ou les vertus, ensuite, avec son ami Alain Minc, de « la mondialisation heureuse ». De la mondialisation accélérée et dérégulée...
Oubliant tout cela, Nicolas Sarkozy a donc promis des jours meilleurs. Pas tout à fait le grand soir, mais pas loin : « Le laisser-faire, c’est fini ! »
URL source : http://www.mediapart.fr/journal/france/250908/sarkozy-le-revolutionnaire-d-operette