
La charte est publiée dans ce chapitre du site en plusieurs parties.
Introduction
Faire face à l’offensive libérale
Contrer l’offensive libérale
Construire une alternative
1 – Sécuriser l’emploi et augmenter le niveau de vie
2 – Installer un socle de droits individuels et collectifs
3 – Réaliser l’égalité entre les hommes et les femmes
4 – Reconquérir les services publics et élargir l’appropriation sociale
5 – Refonder les politiques publiques et dégager les moyens d’une alternative
6 – Assurer un renouveau démocratique
7 – Initier un nouveau type de développement
8 – Construire une autre Europe dans un autre Monde
Nous ne voulons pas d’une agriculture industrielle, productiviste, dévoreuse d’énergie et de ressources, qui détruit la santé et l’environnement, qui utilise engrais et pesticides à outrance ou qui prône les OGM. Dans notre pays, l’agriculture est dominée par les grandes firmes multinationales, des monopoles agro-alimentaires qui dictent leur loi et imposent leur diktats tant aux paysans qu’aux consommateurs, et ce au-delà des frontières, favorisées par les décisions de l’OMC, et souvent à leur origine. Leur politique de pression par les contrôles tatillons selon des normes industrielles et leur politique foncière provoquent la ruine des petits paysans. Leur politique économique conduit à la mort des petits et moyens paysans et à une agriculture destructrice de l’environnement, sans compter la gabegie des transports de productions et d’ingrédients, gaspillant le pétrole, les ressources et favorisant l’effet de serre.
Nous voulons une agriculture qui garantisse un droit à une alimentation saine et variée pour tous, sur place et dans notre pays. Nous voulons une agriculture qui assure la qualité, la diversité et des productions adaptées localement. Nous voulons enrayer la désertification des campagnes dues au productivisme à outrance. Nous voulons stopper l’exode qui vide les régions défavorisées, la prolifération des zones industrielles en zone rurale à tout-va, et l’achat par des spéculateurs ou des individus fortunés d’exploitations agricoles à l’abandon. Nous ne voulons pas que la vie culturelle de ces campagnes abandonnées se vide de la culture et des traditions paysannes, et de l’animation propre au milieu rural. Nous ne voulons pas que les paysages soient enlaidis et uniformisés, ou laissés à l’abandon par certains propriétaires. Nous voulons que les agriculteurs et les acheteurs soient solidaires, pour que les uns puissent vivre décemment de leur travail et s’assurer des ventes régulières, et que les autres puissent obtenir des prix raisonnables et transparents. Nous voulons que soient respectés les sols, les ressources en eau, les paysages, conscients de la responsabilité que nous portons face à nos petits-enfants.
Pour cela, l’Etat et l’Europe doivent cesser de subventionner la culture industrielle et les grands monopoles agro-alimentaires. Les subventions doivent aller à la production d’aliments sains, qui respectent l’équilibre écologique et les espaces naturels de la planète.
Il est urgent de garantir un prix minimum pour tous les produits agricoles, non fixé par les bourses : • qui tienne compte du travail effectué, pour permettre à la paysannerie de vivre décemment du fruit de son labeur. • qui garantisse un prix abordable aux consommateurs
Pour cela, il faut :
• réduire les marges énormes des distributeurs (le kg de patates est payé 4 à 6 centimes d’euro aux paysans est revendu 15 fois plus cher et davantage dans les grandes surfaces) • réduire la valeur ajoutée des distributeurs et transformateurs, par la limitation du marketing et des emballages inutiles. • favoriser le commerce égalitaire et transparent (équitable veut trop souvent dire juteux pour certains intérêts) entre les paysans producteurs et les acheteurs. • permettre, dans ce contexte, aux petits producteurs de vendre leur production aux supermarchés en petites quantités. • supprimer la TVA (taxe à la valeur ajoutée) sur les produits alimentaires récoltés : fruits, légumes , patates, etc. à la vente aux acheteurs. • organiser les ventes de telle façon que les acheteurs soient solidaires entre eux et avec le producteur, pour limiter la précarité et le manque de moyens. • Fixer des quotas agricoles qualitatifs : Ces quotas devront être fixés en amont, au moment de semences, ou de la mise en place des cheptels. Cela permettra également une production qui limite pesticides et engrais au minimum. Cela limitera l’élevage intensif, et les batteries d’animaux qui ne voient jamais la lumière du jour. • Favoriser une production saisonnière : cultiver les fruits et légumes en respectant les saisons. Cela permet de limiter la culture intensive exclusivement en serre, de fruits et légumes sans saveur et sans goût (fraises ou tomates en hiver !). Les serres sont aussi de grandes consommatrices d’énergie et d’eau. Une production saisonnière, adaptée aux sols, proche du consommateur, permet de lutter pour le maintien des cultures de qualité, et de supprimer des transports coûteux et polluants. • Favoriser les associations agriculteurs-acheteurs, sous toutes les formes, pour un échange et une compréhension entre ceux qui produisent et ceux qui s’engagent à acheter les produits. Ces associations permettent en plus de sérieuses économies de déplacement. Certains acheteurs, connaissant bien la ferme, pourraient vendre des produits au marché pour permettre au paysan de se libérer du temps. • Favoriser les marchés locaux, et en exclure les Centrales d’ Achats de la Distribution. • Favoriser tous les Labels de Qualité avec une certification authentique donc indépendante de tous intérêts, ainsi que les Appellations d’ Origine Contrôlée garanties, qui comporteraient à nouveau des critères qualitatifs, gustatifs, nutritionnels, et de procédés. • Reconnaître l’agriculture et l’élevage des régions de montagne, avec un Label spécifique, permettant à ces agriculteurs et ces éleveurs de vivre correctement • Répartir équitablement les volumes de production, pour permettre à tous de vivre de l’agriculture et d’aider des jeunes à se mettre à leur compte. • Faire intervenir tous les services de l’Etat et des Régions (SAFER, etc...) pour éviter la transformation de terres agricoles en monocultures productivistes, en zones industrielles, commerciales, de loisirs, en terrains militaires. • Encadrer les services vétérinaires et environnementaux, pour que leur mission soit redéfinie en termes d’assistance et de conseil, et non de répression orientée et d’arbitraire. • Stopper les politiques de remembrement, mettre en place des haies et des bandes enherbées, mieux répartir les parcelles pour éviter les champs gigantesques, améliorer la gestion de l’eau, ralentir le vent, créer des micro-climats favorables aux hommes et aux cultures, créer un maillage continu d’environnement naturel. • Organiser la solidarité entre les générations, et les paysans, pour que les terres soient gérées collectivement et en concertation.