
La charte est publiée dans ce chapitre du site en plusieurs parties.
Introduction
Faire face à l’offensive libérale
Contrer l’offensive libérale
Construire une alternative
1 – Sécuriser l’emploi et augmenter le niveau de vie
2 – Installer un socle de droits individuels et collectifs
3 – Réaliser l’égalité entre les hommes et les femmes
4 – Reconquérir les services publics et élargir l’appropriation sociale
5 – Refonder les politiques publiques et dégager les moyens d’une alternative
6 – Assurer un renouveau démocratique
7 – Initier un nouveau type de développement
8 – Construire une autre Europe dans un autre Monde
Collectif du 29 mai . 280 délégués des collectifs locaux issus du « non » au référendum se sont réunis ce week-end à Paris.
« Non »..., et ensuite ? Six mois après la première réunion des collectifs du « non » à la constitution européenne, la question reste. Le collectif du 29 mai, issu de l’Appel des 200, réunissait ce week-end à Paris 280 représentants de collectifs locaux pour dresser le bilan des mobilisations depuis le référendum et « poursuivre l’action pour une alternative antilibérale ». Un exercice qui se heurte, après l’exceptionnelle dynamique du référendum, à différents obstacles.
Besoin
d’une meilleure coopération
Première difficulté : les limites organisationnelles. Si de nombreux collectifs restent actifs et s’engagent pour la défense des services publics, ou contre l’adoption de la directive Bolkestein, force est de constater que l’élan du référendum est retombé. « La dynamique de la campagne ne s’est pas arrêtée, comme certains l’ont annoncé, nuance Alain Krivine, représentant de la Ligue communiste révolutionnaire au Collectif du 29 mai. Le réseau unitaire est plus faible, tenu parfois à bout de bras par des militants, mais il continue à exister. » Un réseau qui aspire à une meilleure coordination, à s’élargir et à acquérir « une plus grande lisibilité auprès de la population ».
Autre difficulté : transformer la campagne unitaire contre la constitution en dynamique pour élaborer des alternatives nationales et européennes. Les participants à l’atelier sur les « enjeux européens » sont, par exemple, tombés d’accord sur la nécessité d’une refondation démocratique et sur la critique du monopole d’initiative législative détenu par la Commission européenne. Mais les réponses à apporter divergent. Faut-il renforcer le pouvoir du Parlement européen ? du Conseil ? des parlements nationaux ?
« Il est impossible de trancher toutes les analyses et toutes les décisions », remarque Claude Debons, l’un des fondateurs du Collectif du 29 mai, en présentant la déclaration issue de ces rencontres, une « feuille de route, plutôt qu’une résolution ou un programme politique ». Le texte revient sur « les nombreuses luttes qui se développent depuis la rentrée », mais qui « buttent sur l’offensive patronale et gouvernementale ». « Ces luttes seront d’autant plus efficaces qu’elles pourront s’appuyer sur des propositions alternatives en rupture avec les politiques libérales et leur accompagnement social libéral. Les collectifs unitaires peuvent y contribuer. »
Assises pour
une alternative antilibérale
Les collectifs souhaitent devenir des creusets d’où pourraient émerger des propositions, voire un programme antilibéral. Mais leur participation à un processus électoral ou partidaire est source de controverses. Par exemple, il n’est pas question, pour des syndicats ou des associations comme ATTAC, de prendre part à un débat de type électoral. En filigrane de ce débat pointe la question de la gauche, dans un contexte où la droite est plus agressive que jamais. Entre les tenants de candidatures unitaires « antilibérales » et ceux qui souhaitent « faire bouger les lignes dans toute la gauche », de l’extrême gauche au PS, une palette d’opinions s’exprime. Les collectifs devraient donc s’en tenir à un rôle de propositions et d’interpellation des candidats. « La dynamique de construction de contenus et d’un processus populaire aura forcément une incidence sur ces échéances », résume Claude Debons. Une dynamique que le collectif du 29 mai espère susciter avec une campagne contre la directive Bolkestein, l’élaboration d’une « charte pour une autre Europe » et le lancement d’un appel européen. Prochain rendez-vous au printemps 2006, pour des Assises nationales pour une alternative antilibérale.
Rosa Moussaoui