
La charte est publiée dans ce chapitre du site en plusieurs parties.
Introduction
Faire face à l’offensive libérale
Contrer l’offensive libérale
Construire une alternative
1 – Sécuriser l’emploi et augmenter le niveau de vie
2 – Installer un socle de droits individuels et collectifs
3 – Réaliser l’égalité entre les hommes et les femmes
4 – Reconquérir les services publics et élargir l’appropriation sociale
5 – Refonder les politiques publiques et dégager les moyens d’une alternative
6 – Assurer un renouveau démocratique
7 – Initier un nouveau type de développement
8 – Construire une autre Europe dans un autre Monde
23 juin 2008
Dans un communiqué de l’AFP, le député Frédéric Lefebvre met en cause la présence de manifestants, dont des militants du RESF, devant le centre de rétention de Vincennes au moment où le feu prenait dans cette prison administrative pour étrangers. Il condamne l’action de collectifs comme RESF qui se livrent à « des provocations (…) au risque de mettre en danger des étrangers retenus ». Et voilà Monsieur Lefebvre, héritier du siège de député des Hauts-de-Seine de M. Sarkozy, institué meilleur défenseur des étrangers retenus !
Le discours serait d’un comique vulgaire s’il ne visait à masquer une réalité dramatique : le sort réservé aux sans papiers par la politique du gouvernement que soutient M. Lefebvre qui les condamne à la terreur tant qu’ils sont libres, au désespoir complet quand ils sont internés et en attente de leur bannissement.
Un exemple pour parler clair : avant-hier, samedi a été expulsé vers la Côte d’Ivoire le père d’un enfant français âgé de 11 ans, déjà orphelin de sa mère. On en reparlera. Mais quand les centres de rétention sont pleins d’hommes et de femmes qui vivent de tels drames, certains moins lourds, d’autres pires encore, comment ne pas comprendre leurs gestes de désespoir, le plus souvent d’ailleurs retournés contre eux-mêmes, auto-mutilations ou tentatives de suicide. Ces désespérés n’ont assurément pas besoin de la présence de quelques militants pour être poussés à bout.
Au-delà de sa sottise, la réaction du parlementaire par héritage manifeste un regret : celui que les persécutions infligées aux sans papiers ne restent pas confinées dans le secret des commissariats, des préfectures et des centres de rétention. L’action de militants du RESF qui sont en réalité des enseignants, des parents d’élèves, de simples citoyens qui ne veulent pas laisser faire n’importe quoi, est effectivement un obstacle à la politique de brute voulue par M. Lefebvre et consorts. Il est inquiétant qu’un député se fasse le partisan de l’opacité sur les conditions des étrangers dont il se prétend le défenseur.
Ajoutons, pour en terminer, que son appel aux poursuites judiciaire contre le RESF reflète une volonté répressive. La police recherche, paraît-il, les « coupables » d’incendie volontaire. L’UMP qui n’hésite pas à ratisser large en matière de poursuites judiciaires quand il ne s’agit pas de ses membres, voudrait y inclure le réseau. C’est le coup classique du pyromane qui crie au feu et dénonce des innocents. Les responsables de l’incendie de Vincennes sont ceux que sert M. Lefebvre avec tant de reconnaissance : MM. Hortefeux et Sarkozy. Se défausser de ses responsabilités sur autrui ne sert à rien. A moins qu’il ne veuille refaire, à la nano échelle d’un Lefebvre, le coup de l’incendie du Reichstag ?
lundi 23 juin 2008.