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mardi 19 août 2008






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Brèves
Plus que durant la 2ème guerre mondiale...
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Sarkozy attaque la laïcité, pétitionnons !
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LE POUVOIR D’ACHAT EN BERNE
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Banlieues : déclaration - tract du Collectif National du 29 mai
lundi 14 novembre 2005

DECLARATION

Collectif National du 29 mai

Chirac, Villepin, Sarkozy… ne réglent pas les problèmes, ils les amplifient !

Pour échapper à un contrôle policier, deux jeunes de Clichy sous Bois sont morts et un troisième a été grièvement blessé après s’être réfugié dans un transformateur électrique. On ne sait toujours pas les circonstances exactes qui ont conduit à ce drame. Nous voulons que toute la lumière soit faîte sur ces évènements et que les responsabilités soient établies. A côté de l’enquête judiciaire, nous demandons que soit mise en place une commission d’enquête parlementaire, que la parole soit donnée à la population, que ceux qui ont été témoins des évènements soient entendus.

Des violences qui révèlent une crise sociale profonde

Depuis, chaque nuit, des jeunes des banlieues pauvres, d’abord en Seine Saint Denis et maintenant sur tout le territoire, expriment leur révolte par des violences qui s’attaquent aveuglément aux représentations publiques comme aux maigres biens des salariés et des chômeurs. Ces violences aveugles qui ne font qu’aggraver la situation des plus pauvres, sont un révélateur de la crise sociale dans laquelle sont plongés des pans entiers des populations et des territoires depuis plus de deux décennies : chômage, précarité, exclusion, discriminations, racisme, vexations, etc. C’est l’expression d’une rage et d’un désespoir face à une société qui ne leur fait aucune place et ne leur offre aucune perspective. C’est aussi une réaction au cynisme politique qui s’est exprimé au travers des propos provocateurs et populistes du Ministre de l’intérieur, stigmatisant des populations entières et ne prônant que la répression pour toute politique.

Les responsabilités du gouvernement

Le gouvernement actuel et celui qui l’a précédé portent une lourde responsabilité dans l’aggravation de la situation. En refusant d’entendre les souffrances des populations et des jeunes, en étendant la précarité sociale, en organisant le recul des services publics, en réduisant les subventions aux associations, en supprimant la police de proximité, en contraignant des milliers d’habitants à déménager pour cause de démolitions, ils ont délibérément déstabilisé les fragiles liens sociaux qui demeuraient. Leur attitude méprisante à l’égard des populations des banlieues frappe aussi les lycéens en grève traînés en justice, les salariés en lutte réprimés par la force, les chômeurs radiés de l’indemnisation. Leur politique organise partout l’insécurité sociale.

Le gouvernement a franchi une nouvelle étape, d’une extrême gravité, en réactivant une loi d’exception datant de la guerre d’Algérie, délivrant ainsi un message désastreux. Cette décision témoigne d’une volonté politique d’escalade sécuritaire pour masquer l’impuissance politique à apporter des solutions de fond. Les banlieues n’ont pas besoin d’état d’exception ; elles ont besoin, désespérément, de justice, de respect et d’égalité.

Le retour au calme est nécessaire et urgent.

L’affaiblissement des solidarités, le recul des services publics, la pauvreté tendent à dresser les victimes les unes contre les autres. Les violences aveugles divisent celles et ceux qui auraient besoin d’agir ensemble pour changer la vie. Les forces réactionnaires et d’extrême droite rivalisent dans la surenchère répressive. Les désordres provoqués sont invoqués par la droite pour se présenter — à des fins électoralistes — comme le meilleur rempart du « maintien de l’ordre ». La prorogation de l’état d’urgence confirme cette stratégie gouvernementale ; alors que c’est l’urgence sociale qu’il faut décréter.

Reconstruire l’espoir.

Les politiques libérales n’ont pas résolu les problèmes posés, elles les ont aggravés, comme les vingt dernières années le démontrent. Elles ont favorisé l’accumulation inouïe des richesses par un petit nombre au prix du recul de la situation du plus grand nombre et d’un creusement des inégalités. Partir de ce constat est nécessaire pour tracer d’autres orientations.

Les problèmes multiples auxquels le peuple de notre pays est confronté appellent des réponses d’ampleur. Nous avons des propositions d’actions qui doivent être menées dans différentes directions et qui changeraient vraiment la donne : politique de l’emploi, amélioration du pouvoir d’achat, solidarité sociale, éducation et formation, développement des services publics, réhabilitation et revalorisation des quartiers populaires, lutte contre les discriminations et le racisme, droits démocratiques et citoyens.

Cela suppose que nous nous réunissions toujours plus nombreux pour une politique qui rompe véritablement avec les politiques libérales qui aggravent les inégalités sociales et territoriales et qui détruisent les solidarités conquises. C’est l’objectif des collectifs du 29 mai qui réunissent des forces diverses partageant cette volonté.

Paris, le 14/11/05


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