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vendredi 28 novembre 2008





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Conférence de presse du 21 septembre 2005
Après le 29 mai, on continue !
Déclaration du “ Collectif national du 29 mai ”
mercredi 21 septembre 2005

Le rejet du projet de Constitution antisociale et antidémocratique a constitué un événement politique majeur pour l’Europe entière. Il témoigne du refus croissant des politiques néo-libérales qui sévissent depuis plus de vingt ans. La victoire du Non a soulevé un espoir à la mesure du formidable engagement citoyen qui a permis la victoire. Ce vote des citoyens doit être respecté.

Toutes celles et tous ceux — organisations politiques, syndicales associatives, mouvements sociaux, citoyennes et citoyens — qui ont contribué à cette victoire ont la responsabilité de proposer des perspectives ambitieuses. Le Collectif national pour un Non de gauche pour une autre Europe, issu de l’Appel des 200, désormais élargi à de nouvelles composantes, a décidé de s’appeler “ Collectif National du 29 mai ” pour poursuivre l’action.

Dès le lendemain du 29 mai, décideurs et commentateurs ont entrepris le dénigrement du vote des électrices et des électeurs. Depuis, les pouvoirs en place ne tiennent aucun compte du message envoyé. En France, désavouée plusieurs fois par les urnes la droite ne dispose plus de légitimité populaire. Le gouvernement Villepin-Sarkozy n’en poursuit pas moins et aggrave le programme de démantèlement social de son prédécesseur en s’attaquant aux droits des chômeurs et au Code du travail, en poursuivant les privatisations, en expulsant des mal-logés, en s’en prenant aux immigrés et aux sans papiers, en abaissant l’impôt des plus favorisés, en aggravant l’austérité, en durcissant la politique répressive. En Europe, les projets libéraux se poursuivent également : directive “ services ” (Bolkestein), directive “temps de travail ”, règlement “ transports urbains ”, etc. Au niveau international, un nouveau cycle de libéralisation se prépare dans la perspective de la Conférence ministérielle de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) à Hong-Kong.

Ces politiques libérales sont toujours rejetées par nos concitoyens comme en attestent tous les sondages d’opinions parus depuis le 29 mai. Durant l’été, des luttes sont venus illustrer les logiques que nous avions dénoncées : ouvriers polonais des chantiers navals de Saint-Nazaire ou saisonniers marocains du Sud Est victimes avant l’heure de la philosophie “ Bolkestein ” ; mais aussi salariés de Nestlé arrachant des perspectives de redémarrage de leur entreprise. Des drames ont mis en lumière l’incurie de la politique du logement social. Le projet de fermeture de lignes “ inter-régionales SNCF a rappelé la détérioration du service public ; etc.

C’est parce que nous n’acceptons pas que soit bafouée la volonté populaire, fondement de notre démocratie, que nous appelons à amplifier la mobilisation contre les politiques libérales européennes et nationales. Une autre Europe est possible, d’autres politiques sont possibles ; c’est notre conviction. C’est aussi celle des centaines de collectifs unitaires qui ont décidé, lors des rencontres nationales de Nanterre le 25 juin, de poursuivre leur action. Cette conviction va s’investir aussi bien dans les mobilisations de résistance concrète que dans les réflexions pour proposer des alternatives, tant au plan national qu’au plan européen.

Maints collectifs unitaires ont organisé ou préparent des “ Forums pour une Alternative Antilibérale ” pour débattre et élaborer des propositions :
- pour construire une autre Europe,
- pour assurer la justice sociale et l’égalité entre les hommes et les femmes,
- pour promouvoir les services publics, pour renouveler la démocratie,
- pour garantir le respect de la diversité culturelle et la laïcité,
- pour établir de nouveaux rapports avec la nature,
- pour fonder des rapports d’égalité avec les pays du Sud,
- pour favoriser une politique de paix dans le monde. La construction de perspectives politiques traverse toutes ces réflexions. Ces forums s’adressent à toutes celles et tous ceux qui veulent combattre les politiques libérales et qui sont en recherche d’alternatives. Nous appelons à leur développement.

Après la réunion nationale des collectifs des 3-4 décembre, des Assises nationales pour l’Alternative se tiendront en Mars 2006, pour rassembler les contributions des forums décentralisés et contribuer au débat du Forum Social Européen (FSE) d’Athènes en avril 2006, qui visera à l’établissement d’une “ stratégie d’Athènes ” à opposer à la “ stratégie de Lisbonne ”.

La mobilisation unitaire, dans le cadre des collectifs, a été un vecteur essentiel qui a permis la victoire du 29 mai 2005. Nous avons l’intention de continuer à nous placer dans cette dynamique. Parce qu’il y a eu le 29 mai, nous allons nous mobiliser avec plus de forces contre les politiques libérales européennes et nationales, pour bâtir collectivement les alternatives qui reconstruiront l’espoir.


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