
La charte est publiée dans ce chapitre du site en plusieurs parties.
Introduction
Faire face à l’offensive libérale
Contrer l’offensive libérale
Construire une alternative
1 – Sécuriser l’emploi et augmenter le niveau de vie
2 – Installer un socle de droits individuels et collectifs
3 – Réaliser l’égalité entre les hommes et les femmes
4 – Reconquérir les services publics et élargir l’appropriation sociale
5 – Refonder les politiques publiques et dégager les moyens d’une alternative
6 – Assurer un renouveau démocratique
7 – Initier un nouveau type de développement
8 – Construire une autre Europe dans un autre Monde
Gauche antilibérale : amertume et déception Amertume et déception dans les rangs de la gauche antilibérale
LEMONDE.FR | 09.12.06 | 23h11 •
Quel gâchis !" Les mots de Gaël, militant d’un collectif antilibéral à Toulouse, suffisent à résumer l’ambiance. Samedi 9 décembre, dans un gymnase de l’Ile Saint-Denis, un millier de militants des collectifs antilibéraux se sont retrouvés pour se mettre d’accord sur un candidat pour l’élection présidentielle de 2007. Des trois candidats en lice, c’est la communiste Marie George-Buffet qui arrive en tête des scrutins organisés dans les collectifs. Devant l’élue parisienne, Clémentine Autain, et le cofondateur de la Fondation Copernic, Yves Salesse.
Mais pour choisir le candidat, c’est la règle du double consensus qui a été retenue : les collectifs et les organisations politiques qui les composent doient parvenir à se mettre d’accord sur un nom. Et dans les allés du Centre Sportif de l’Ile des Vannes, la solution semble difficile à trouver. Au banc des accusés : "le Parti communiste, il a retrouvé ses vieilles pratiques", dénonce un militant lyonnais, "ils ont bourré les urnes, à leur manière". Plusieurs militants racontent comment, le jour du vote, ils ont vu arriver en nombre dans leurs collectifs des adhérents du PCF qui n’y avaient, auparavant, jamais mis les pieds. "Dans un collectif en Haute-Garonne qui compte d’habitude 30 personnes, ils sont arrivés à 25 de plus. Pas difficile de faire basculer le rapport de force en faveur de Buffet", raconte Gaël. Dans les Bouches-du Rhône, dans le Jura, dans la Loire, à Paris, les mêmes histoires se répètent et se racontent, de délégation en délégation. La salle est d’ailleurs à l’image de cette fracture : une moitié de délégués sont opposés à la candidature Buffet, l’autre moitié y tient farouchement.
Résultat : les militants des collectifs et des autres forces politiques (minorité de la LCR, gauche des Verts, Alternatifs, etc.) menacent de ne pas participer à la campagne de Mme Buffet... et de laisser le PCF mener une campagne qui n’aurait d’unitaire que le nom.
"ÇA VA ÉCLATER, SI ÇA CONTINUE"
Dans certains collectifs la situation est plus nuancée. "Dans mon collectif", raconte un militant du 19eme arrondissement, " les cadres du Parti ont fait venir plein de vieux adhérents pour voter Buffet mais ils ont dû affronter les autres militants du PC, qui défendent la candidature unitaire depuis toujours". Car au sein du PCF, les mêmes tensions se font sentir. "Ce n’est pas juste ce qu’on fait les camarades, confie un secrétaire de section anonyme, il aurait fallu jouer le jeu unitaire jusqu’au bout, pas passer en force. Dans ces conditions, on sera nombreux à ne pas faire la campagne de Marie-George, tant pis". "En interne, ça va éclater, si ça continue" confirme une militante du Rhône. A la tribune, un communiste des quartiers nord de Marseille interpelle la secrétaire générale du PCF : "Marie-George, j’apprécie ton discours, mais quelle est ta solution pour sortir la tête haute ?"
Les militants communistes fidèles à la ligne de la direction parlent de "mauvais procès" : "ils refusent simplement de soutenir Marie-George, c’est injuste. Si quelqu’un d’autre était arrivé premier, nous, on l’aurait soutenu ", explique un jeune communiste de Rennes. A l’extérieur, devant un verre de café, les militants tentent de convaincre : "de toute façon Marie-George est la plus rassembleuse ", insiste Cyril, de Clermont-Ferrand. Olivier, membre de la LCR dans la même ville, ironise : "Tu plaisantes ? Si Buffet a été désigné c’est parce qu’on a vu pousser des collectifs du jour au lendemain, avec seulement des communistes, pour soutenir sa candidature". Et de citer en exemple un collectif d’un village des Bouches-du-Rhône, créé fin octobre, et dont la seule réunion a consisté à faire voter les adhérents communistes locaux pour soutenir la candidature de la secrétaire générale de leur Parti.
"NI OLIVIER, NI MARIE-GEORGE"
Dans les collectifs, si l’amertume est grande vis-à-vis de la direction du Parti communiste, l’autre parti de la gauche radicale, la LCR, n’est pas épargné. "Si Olivier Besancenot était là, on n’aurait pas tous ces ennuis", se plaint un militant lyonnais, "ça obligerait le PCF à faire des concessions". "En faisant cavalier seul, la direction de la ’Ligue’ fait un mauvais calcul" estime un minoritaire du parti trotskiste,"elle nous empêche de faire jeu égal avec le PC, empêche de faire émerger une vraie candidature unitaire, et jette les communistes dans les bras du PS pour un accord pour les législatives". En marge de la réunion, un représentant de la majorité de la LCR, observe froidement la réunion. "La situation actuelle conforte la direction, qui estime qu’il ne faut jamais faire confiance au PCF", enrage un militant du Xe arrondissement parisien. "Mais ils ne se rendent pas compte qu’une moitié de l’organisation ne fera pas la campagne de Besancenot, de toute façon !".
Les militants "non-encartés" sont les plus déçus. "Pour le première fois de ma vie, malgré son orientation sectaire, je voterais Arlette Laguiller pour donner une leçon à Besancenot et Buffet pour avoir cassé cette dynamique formidable" lance Olivier, enseignant à Saint-Etienne. "Si l’aventure s’arrête là, je ne vote ni Olivier, ni Marie-George, je préfère m’abstenir", estime également Gaël. "On peut faire plus de 50 % au référendum contre la constitution européenne, et aux présidentielles il y aurait 5 % à se partage entre Buffet et Besancenot ? On passe à côté de quelque chose, c’est grave, les appareils des partis ne se rendent pas compte.", s’enflamme Jean, qui a voté pour Yves Salesse dans son collectif girondin. "On a l’impression d’être pris pour des guignols, on n’est pas venus pour faire la campagne d’un parti, quel qu’il soit", témoigne Pierre, de Rouen. Marion et Fabien, de Lyon, "n’y croient plus vraiment", après toutes ces tergiversations. Et comme beaucoup d’autres, il ne savent pas quoi faire si la démarche unitaire se termine par un flop. En l’absence d’accord, certains tentent d’imaginer une campagne commune pour les législatives, mais sans trop y croire : l’échec annoncé d’une candidature unitaire pourrait créer une fracture durable... et difficile à oublier.
Nabil Wakim
Bonjour à tous,
En lisant les courriels, en écoutant les déclarations, j’ai comme l’impression que déjà chacun a fait son petit chemin. Déjà, ils savent. Chacun y va de son analyse, et surtout chacun cherche des excuses, tous cherchent une issue personnelle politique : du libertaire, au communiste en passant par toutes les tendances de ce rassemblement. Mais tous apparemment ont oublié la dynamique unitaire qui doit porter LE CANDIDAT. On y peut rien la 5ème est polarisée sur cette élection et est quantitative plus que qualitative.
La richesse de ce rassemblement est une mosaïque qui a largement profité de l’appareil du PC, personne n’en doute et ne le remet en cause. C’est l’histoire qui fait ça. Mais c’est aussi la charge historique du PCF de continuer notre histoire ensemble et pas tout seul, aujourd’hui.
Hier soir, j’ai participé à un débat sur ce fameux we du 9 et 10 déc. : pas fameux entendons-nous. Mais, je vous rappelle qu’on fait de la politique, qu’on n’est pas comme au PS ou à l’UMP dans un débat de salon où les dés sont déjà jetés. Alors les empoignades, les coups de gueule, ça ne me gêne pas. Une seule chose encombre mon esprit : la mauvaise foi et cette façon un peu facile de désigner les fauteurs de trouble, d’opposer les genres, etc Je vous rappelle aussi que nous ne sommes pas un parti politique. Nous sommes des militants du PCF, des alters, de la LCR unitaire, des associations de luttes pour les droits, des syndicalistes, des individus, et j’en oublie plein d’autres qui cherchons à donner une autre réponse au libéralisme et au pratique politique quotidienne.
Je vais reprendre une petite image que j’ai travaillée cette nuit dans mes insomnies. Hier, un copain communiste dénonçait un autre copain lui aussi communiste (pas même tendance) sur la validité du vote qui remontait des collectifs et ce consensus avorté. Fort injustement, il avançait le fait que les mathématiciens rigolaient sur le mode du classement que certains collectifs ont mis en place pour désigner les candidats. Nous sommes un mouvement mosaïque. On cherche à faire de la politique autrement, en tout cas, on essaie. Et pour ça, on cherche un autre modèle quand à la manière de s’organiser. Je vous rappelle au risque d’être un peu chiant que je fais de la politique pour les autres qui ont moins que moi (et qui ne le savent pas forcément). Faire de la politique, c’est aussi donner du rêve à ceux qui en rêvent. Ne pas aboutir sur ce we, ce sont les oublier.
Non les mathématiciens ne rigolent pas (certains jaunes probablement mais ils sont libéraux). Ce rassemblement est comme un système matriciel linéaire qu’il faut résoudre. La résolution de ce système, ce sont les échéances électorales à venir : présidentielle, législative, communale mais aussi syndicale etc. Les paramètres de ce système, c’est tout simplement le programme qui a été élaboré par toutes les tendances de ce rassemblement. Les inconnues, ce sont les électeurs et toutes les forces qui vont nous mettre des battons dans les roues. Pour résoudre un tel système, il faut désigner un pivot (dit de GAUSS). C’est ce pivot qui nous permettra par des combinaisons de maintenir le cap pour TOUTES LES ELECTIONS. Mais ce pivot se prend souvent en marge du cœur de la matrice. Ce pivot n’est qu’un déclencheur pour le reste et surtout l’avenir. Il se trouve que MGB ne fait pas ce pivot. Le choix de ce pivot doit faire ce fameux consensus. Dans ce sens, le classement des candidats avaient un sens. Un pivot qualifié mais on l’est tous. Tous les copains et copines y ont laissé une part d’eux-mêmes dance cette lutte. Alors revenons à nos fondamentaux, l’unitaire. La seule qualité supplémentaire à mes yeux qu’il faut ajouter à l’engagement et la disponibilité est la persuasion que nos idées sont les plus appropriées pour tous ceux qui nous regarde. On doit être sûr que 98% du mouvement fasse campagne. Bien sûr, le consensus, c’est la phase la plus difficile à accepter par des copains et copines encartés mais le seul qui soit acceptable par toutes les forces représentées. Evitons de parler de minorité ou de majorité mais parlons de rassemblement unitaire. Nous sommes dans un moment difficile et alors…
Les résultats du PC au présidentielles se concrétisent essentiellement avec des voies du PC cristallisées par l’appareil et atteignent aujourd’hui 3 à 3,5%, ce n’est pas la panacée. Par contre le PC est bien mieux représenté dans d’autres élections et conseils et à ce reflète plus leur ancrage local. D’autres n’ont aucun ancrage local sinon que leur activisme militant. Par contre leur image dépasse largement le cadre de leur militant. Qui va croire que les élus PCF vont lâchés leurs sièges dans le cadre d’élections plus local au profit d’une candidature unitaire : à mon avis personne. Par contre maintenir la dynamique unitaire peut ouvrir d’autres perspectives électorales et donner une force nouvelle unitaire à la gauche du PS avec un réel poids politique.
Soyons un peu lucide. Je crois que le mieux est que MGB se retire. Ce n’est pas être anti-communiste comme certain le répète à corps et à cris (de toute façon on est tous d’ascendance communiste au moins sur les idées), c’est simplement du bon sens : on construit ou on détruit, c’est à choisir. Son retrait permettrait de maintenir la dynamique unitaire pour la présidentielle et de l’élargir (retrait de besancenot) et surtout de construire. C’est de cela dont on a besoin. Car si elle maintient sa candidature c’est l’éclatement assuré, peut-être pas pour l’immédiat et la présidentielle mais pour les autres échéances électorales. Je le répète, nous ne sommes pas un parti politique et à ce titre nous n’avons aucun engagement morale avec un appareil politique. Le poids de ce mouvement ne se mesure pas simplement dans un bon score à une élection présidentielle (si tant est qu’on arrive à 10%) mais à notre capacité d’infléchir les politiques actuelles en participant unitairement aux autres élections plus modestes, moins prestigieuses mais au combien plus importantes et efficaces. C’est ce qu’on défend depuis le début ou alors j’ai rien compris !
Pour moi, il n’y a pas d’impasse. Il faut juste se regarder dans une glace tous les matins et convertir la lutte dans un combat responsable.
Christophe, un militant qui rêve de concret