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19 novembre, défense et développement des services publics, plus que jamais d’actualité
dimanche 13 novembre 2005
Interview de Bernard Defaix dans l’Humanité.

Services publics. Bernard Defaix, porte-parole des collectifs de défense et de développement des services publics, fait le point sur la manifestation du 19.

« Un enjeu central de société »

L’actualité dans les banlieues des grandes villes donne-t-elle une acuité nouvelle à la manifestation nationale que vous organisez à Paris le 19 novembre prochain pour la défense et le développement des services publics, à laquelle appellent de nombreuses forces politiques, syndicales et associatives ?

Bernard Defaix. Tout à fait. Je suis convaincu que ce qui se passe confirme la démarche de fond qui nous anime, et qui est partagée de plus en plus. À savoir que la question des services publics est centrale, intimement liée à celles des droits fondamentaux et d’un choix de société fondée sur l’égalité et la solidarité. Comme le rappelle à juste titre la CGT, la crise que nous vivons n’est pas une crise sectorielle, mais bien une crise sociale, qui révèle un mal-vivre généralisé. Les besoins sont très mal satisfaits en termes d’égalité pour tous les citoyens, du fait du libéralisme qui conduit à toujours plus de ségrégation, que ce soit dans l’éducation, dans l’accès aux transports, à la santé, etc. C’est donc la question de l’enjeu économique et social de services publics suffisamment forts pour peser sur les choix fondamentaux qui est posée. L’ensemble de la vie sociale est concerné. Dans la course de vitesse engagée avec le libéralisme pour faire valoir une alternative globale de société, l’amélioration de la vie sociale des citoyens ne peut pas éluder la question de services publics efficaces, répondant mieux aux besoins des populations, et de leur maîtrise publique. Ils sont le socle indispensable à la « qualité de vie », cette aspiration qui s’exprime dans le malaise des banlieues tout comme dans la désespérance du monde rural.

Avec la manifestation du 19 novembre qui prolonge celle de Guéret le 5 mars dernier, peut-on dire justement que le service public devient une question centrale du débat public, avec un mouvement qui ne se cantonne plus à ses seuls salariés ?

Bernard Defaix. En effet, et c’est pourquoi il est essentiel que ce besoin de bien public n’apparaisse pas comme porté par une seule force. C’est cela qui est en jeu dans les convergences qui se dégagent entre les trois composantes essentielles que sont les syndicats, les politiques et les associations. Notre fédération n’a jamais prétendu se substituer à quiconque. Nous sommes dans une démarche qui allie l’échange de vues et la recherche de démarches communes, sur le terrain et dans la vie même, pour fabriquer du tous ensemble, en faisant en sorte que chacun se sente respecté dans sa démarche. De ce point de vue, même si nous avons de nombreux partenaires syndicaux et politiques avec lesquels s’affirme une homogénéité de contenu, nous savons qu’il reste encore à gagner pour que le maximum des grandes forces qui structurent le paysage social et politique s’emparent de cette notion de bien public et que l’arc de nos partenaires, notamment syndicaux, continue de s’élargir.

Quelle sera la place dans la mobilisation du 19 des luttes en cours dans les services publics ?

Bernard Defaix. Nous voulons donner une « visibilité maximale » à tous ceux qui sont en train de se battre pour le caractère public de leur entreprise ou de leur établissement, pour non seulement qu’ils soient présents, mais qu’ils mobilisent pour cette action. Le 19 est au coeur du sujet social, comme en témoigne le calendrier chargé des journées d’action dans l’éducation et les entreprises publiques. Nous ne prétendons évidemment à aucun rôle quelconque de coordination de ces luttes. Mais nous voulons réussir le 19 pour que s’affirme dans le mouvement beaucoup plus vaste dans lequel il prend place cette question des services publics comme enjeu central de société.

Entretien réalisé par Sébastien Crépel


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